EUGENIE GRANDET : Etre une femme libérée

Il n’y a plus beaucoup de grands classiques de la littérature qui n’est pas bénéficié de leur adaptation cinématographique, voire de multiples adaptations. Bizarrement, Eugénie Grandet d’Honoré de Balzac n’en avait jamais bénéficié… par le cinéma français. Il existe en effet une adaptation américaine de 1921, une adaptation italienne de 1946 et une adaptation…soviétique de 1960. En 2021, le septième art hexagonal lui donne enfin vie à une époque, où cette œuvre profondément féministe, prend une nouvelle résonance.

D’après ce que j’ai pu lire, cette version d’Eugénie Grandet prend quelques libertés avec le roman, dont il est d’ailleurs « librement » adapté d’après le générique. J’aurais bien du mal à en juger n’ayant pas moi même lu l’œuvre originale. Mais qu’importe, le film donne une impression assez étonnante de classicisme et de modernité. Sur la forme, les dialogues excessivement littéraires sonnent parfois faux et contraint le spectateur à lancer un regard assez froid sur les événements. Mais d’un autre côté, son cœur est touché par la volonté d’émancipation de la jeune fille qui bravera son père par amour. Ces deux extrêmes font naître une certaine frustration car le spectateur est loin de l’enthousiasme qu’il aimerait ressentir.

Copyright Highsea Production-Tribus P. Films-2020

Les dialogues sont bien le point faible d’Eugénie Grandet. En effet, il parviennent à rendre Olivier Gourmet peu convaincant, ce qui semblait purement et simplement impossible. Heureusement, Joséphine Japy et Valérie Bonneton illuminent le film, chacune à leur manière. Elles apportent ce supplément d’émotion qui fait basculer le film du bon côté de la réussite. La réalisation de Marc Dugain est très classique, mais confirme, après l’Echange des Princesses, qu’il se montre particulièrement à l’aise avec les films en costume. Celui est nettement moins réussi que le précédent, mais permet tout de même d’apprécier l’audace et la puissance de ce récit… qui mérite certainement encore plus d’être lu.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique : Réalisation : Marc Dugain
Scénario : Marc Dugain
Décors : Séverine Baehrel
Costumes : Isabelle Boiton
Photographie : Gilles Porte
Musique : Jeremy Hababou
Montage : Catherine Schwartz
Production : Patrick André, Paul-Dominique Vacharasinthu
Durée : 105 minutes

Casting :
Joséphine Japy : Eugénie Grandet
Olivier Gourmet : Félix Grandet
Valérie Bonneton : Madame Grandet
César Domboy : Charles Grandet
Nathalie Bécue : Nanon
Anne-Marie Philipe : Mme des Grassins
Pierre-Olivier Scotto : Monsieur des Grassins
Bruno Raffaelli : Cruchot, père
Jean Chevalier : Bonfons Cruchot, fils
Alexandre Laval : Adolphe des Grassins
Philippe du Janerand : Abbé Cruchot
François Marthouret : François Grandet
Olivier Massart : l’acheteur belge
Michel Bompoil : l’adjudicateur
Didier Sauvegrain : le banquier

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