Si le cinéma argentin s’est peu à peu fait une place de choix sur nos écrans, le cinéma brésilien reste encore relativement confidentiel, surtout au regard de la taille et de la puissance culturelle du pays. Quelques productions parviennent tout de même à se faire une place, sans forcément faire beaucoup de bruit. La Vie Comme Elle Vient est passé largement inaperçu dans une période de sorties cinématographiques assez dense, il est vrai. C’est dommage car il s’agit d’un beau film sur la famille, les joies et le peines auxquelles elle peut donner naissance. Un thème universel et intemporel, traité ici avec finesse et talent.
La Vie Comme Elle Vient nous dresse le portrait d’une famille, pour ne pas dire une tribu pour utiliser un terme plus dans l’air du temps. Il dresse surtout le portrait de la mère, pierre angulaire de ce film. On partage ses sentiments et ses états d’âme. Le personnage est assez attachant pour que l’on prenne plaisir à suivre ce film qui relate finalement des événements relativement anodins, mais avec assez de densité pour que l’on ne s’ennuie jamais. On en ressort ni bouleversé, ni débordant d’enthousiasme, mais par contre satisfait d’avoir passé un joli moment, tout en ayant rendu un petit hommage à toutes les mères qui portent leur famille à bout de bras.
Le film doit beaucoup à Karine Teles, son actrice principale. Tout d’abord évidemment par son talent de comédienne, qui donne vie à son personnage avec beaucoup de conviction. Mais aussi parce qu’elle a cosigné le scénario, directement inspiré de sa relation avec… Gustavo Pizzi, réalisateur et autre co-scénariste. Bref, un film très personnel. Mais on est très heureux que cet ancien couple ait décidé de partager son expérience au travers de la Vie Comme Elle Vient. Un film qui ne marquera pas l’histoire du cinéma, mais qui en vaut bien d’autres ayant connu un destin plus enviable sur nos écrans.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Gustavo Pizzi
Scénario : Gustavo Pizza et Karine Teles
Photographie : Pedro Faerstein
Montage : Livia Serpa
Décors : Dina Salem Levy
Costumes : Diana Leste
Son : Roberto Espinoza
Casting :
Karine Teles : Irene
Otávio Müller : Klaus
Adriana Esteves : Sônia
Konstantinos Sarris : Fernando
César Troncoso : Alan
Arthur Teles Pizzi : Fabiano
Francisco Teles Pizzi : Matheus
Vicente Demori : Thiago
Un biopic, comme toute histoire vraie en fait, doit faire face à un dilemme. Raconter les choses de manière hyper réaliste ou romancer pour rendre les événements plus passionnants. Je ne suis pas un spécialiste de la vie de Ruth Bader Ginsburg, mais il est évident que Mimi Leder a opté pour la deuxième option. Une Femme d’Exception est trop marquée par une efficacité narrative très hollywoodienne pour être d’une valeur documentaire totale. Cependant, certaines causes à certains moments de l’histoire valent bien un petit moment d’enthousiasme, même un rien artificiel. Et ce film sert à merveille la cause qu’il défend.
Une Femme d’Exception se démarque aussi par un duo d’exception. On a plaisir à retrouver Felicity Jones qui a définitivement prouvé qu’elle ne resterait pas uniquement l’actrice principale de Rogue One. Elle incarne un personnage historique avec talent, sans chercher à tout prix l’imitation, ce qui est appréciable, tant cela est devenu un passage obligé du genre. A ses côtés Armie Hammer confirme sa polyvalence, après sa magnifique performance dans Call My By Your Name. Ils contribuent donc largement à rendre le film brillant, à défaut d’être totalement étincelant. En tout cas, il donnera bien du baume au cœur de tous ceux qui luttent pour des petites ou de grandes causes. Et cela fait du bien
L’amour… oui bon je sais, j’abuse. Mais que voulez-vous, il est partout sur les écrans en cette fin/début d’année. Bon en fait, je crois qu’il y est toujours présent. Parmi les figures imposées de la romance, on trouve le triangle. Et dans tous les pays, au Japon comme ailleurs. La preuve avec Asako I & II, nouveau film de Ryusuke Hamaguchi, que l’on avait découvert avec le quintuple Senses. On y retrouve la même sensibilité et la même élégance. Mais on y apprécie une narration plus vive. Ce qui donne envie de crier « vive l’amour ! »
Asako I & II repose également sur la qualité de son interprétation. Erika Karata donne beaucoup de charme à son personnage, malgré un jeu peut-être un peu statique. La vraie performance marquante vient de Masahiro Higashide qui interprète deux rôles. Deux personnages très différents qu’il incarne de manière aussi convaincante l’un que l’autre. Le tout devant la caméra subtile de Ryusuke Hamaguchi qui nous offre de très belles images d’un Japon vivant et non de carte postale. Un très beau film qui permet donc de commencer cette année cinématographique 2019 en beauté.
J’ai beaucoup parlé ces derniers temps sur ce site de l’amour, comme constituant le plus grand fournisseur d’histoires de l’histoire de l’humanité. Mais les truands, voyous et autres gangsters forment une autre source éternelle et inépuisable d’inspiration. Avec pour grand avantage de pouvoir puiser dans les histoires vraies pour en avoir à raconter qu’ils valent bien un film. C’est le cas à nouveau avec Undercover (merci la traduction à trente centimes d’euros du titre original). Un film à la facture extrêmement classique, même si le scénario n’est pas dénué d’une certaine originalité.
Aller voir Undercover au cinéma, c’est aussi avoir le plaisir toujours renouvelé de voir Matthew McConaughey sur grand écran, ce qui n’est pas un plaisir à négliger. Il faut bien avouer qu’il n’a pas son pareil pour interpréter les rôles de « ploucs » sympathiques, mais plouc. Il peut s’en donner à cœur joie ici, même si cela ne restera pas comme son rôle le plus marquant. Cependant, la vraie star de ce film reste le jeune Richie Merritt à la moustache d’adolescent prépubère qui semble plus vraie que nature ! Si ce rôle n’est pas le plus difficile de l’histoire du septième art, au moins pourra-t-il se vanter de débuts plutôt réussis. Le film l’est globalement, ravira les amateurs du genre et pourra séduire ceux qui aime bien un film de gangster de temps en temps.
Il se passe beaucoup de choses dans l’esprit d’un enfant de trois ans. Pourtant, rarement ce foisonnement donne naissance à une œuvre artistique reconnue (donc je ne parle pas ici des dessins d’enfants), et encore moins cinématographique. Sûrement parce que ce sont des adultes qui réalisent ses œuvre et qu’il est difficile de se souvenir de ce qui se passait exactement dans notre tête à ce moment là de notre vie. Beaucoup de récits donnent le point de vue d’une enfant, peu celui d’un petit enfant. Miraï, ma Petite Sœur tente ce pari, pour un résultat inégal, mais qui a au moins le mérite de sortir de l’ordinaire.
Graphiquement, Miraï, ma Petite Soeur est très réussi. Il est d’un premier abord d’une facture totalement classique pour un film d’animation japonais. Puis, au détour d’une séquence, il nous propose quelque chose de différent. Cette originalité est assez rare pour être soulignée. Espérons que cela incite d’autres artistes nippons à casser certains codes dans lesquels ils sont totalement enfermés. En attendant, les personnages gardent leurs grands yeux pour nous offrir un beau film, qui vaut le détour, mais peut-être pas le voyage.
Oh encore une histoire d’amour ! Ca suffit à la fin ! Non mais franchement, cela fait des siècles que l’on raconte toujours la même chose, on va bien finir par se lasser. Et bien, non. C’est sans doute là le plus beau miracle provoqué par ce sentiment. Un nouvelle preuve avec Monsieur, une production franco-indienne qui nous raconte une histoire éternelle, mais nous plonge aussi au cœur d’une société en pleine mutation et où tradition et modernité s’affrontent comme nul part ailleurs. Tout cela suffit à donner un très beau film, marqué par un dénouement remarquable.
Une histoire d’amour se termine généralement dans le drame ou le happy end. Monsieur propose un dénouement qui n’est ni l’un, ni l’autre. Ou plutôt est ce que le spectateur en fera. Ce n’est pas si fréquent que même les bons films s’achèvent ainsi par une fin réellement marquante, alors il est important de le souligner. Il faut enfin, et même avant tout en fait, souligner la magnifique prestation de Tillotama Shome, qui porte littéralement le film sur ses frêles épaules et son incomparable sourire. Je peux vous assurer que son compagnon à l’écran n’est pas le seul à finir le film profondément amoureux. Et ça fait du bien parfois d’être amoureux !
Si DC est passé maître dans l’art de cultiver le navet, la franchise Transformers fait aussi partie des agriculteurs cinématographiques les plus émérites. La saga principale touchant le fond depuis longtemps, s’acharnant même à creuser toujours plus loin, on pouvait s’attendre au pire en voyant débarquer le premier spin-off de la saga. Bumblebee constitue certes un des personnages les plus sympathiques de la série. Mais delà à en faire un film à part entière… Mais il faut parfois se méfier des certitudes trop vite acquises, puisqu’au final ce long métrage est plutôt réussi et constitue un des meilleurs divertissements familial de cette fin d’année.
La présence de Travis Knight derrière la caméra n’y est sûrement pas pour rien. Venu du monde le l’animation, où il nous avait offert le sympathique Kubo et l’Armure Magique, il fait preuve de qualité artistique dont Michael Bay devrait bien s’inspirer. Rien de délirant, mais juste ce qu’il faut pour passer un bon moment, sans avoir l’impression de s’abrutir et sans en ressortir avec un début de migraine. Une petite mention au passage pour Hailee Steinfield, que l’on avait découvert dans True Grit des frères Coen, un rôle qui lui avait valu une nomination aux Oscars. Tout cela concourt à la bonne surprise que constitue ce film. Pas la surprise du siècle, mais bonne tout de même.
Au niveau interprétation, je retiendrai de cette année la performance du jeune Victor Polster dans Girl et Saorise Ronan pour son rôle dans Ladybird. La jeunesse au pouvoir donc et beaucoup de promesses pour l’avenir donc. Quant à la meilleur scène, je citerai la scène de danse hallucinée de Climax de Gaspard Noé, film que j’ai pourtant noté 03/20, ma pire notre de l’année, tant la suite est à vomir.
Quand on a rien, ou du moins pas grand chose à raconter, la moindre des choses est de faire court. C’est la moindre des courtoisies mais trop de réalisateurs l’oublient régulièrement. Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à Louis Garrel de manquer d’éducation. En ne durant qu’une heure et quart, l’Homme Fidèle ressemble plus à un épisode de série qu’à un long métrage. Tant mieux car il n’y avait pas matière à faire plus long. Les mauvaises langues diront même qu’il y avait matière à ne rien faire du tout. Et il peut m’arriver d’être mauvaise langue.
Par contre, je formulerai un reproche nettement plus objectif à Louis Garrel. Il se dirige avec une complaisance coupable. Il est vraiment regrettable qu’un acteur aussi jeune soit déjà réduit aux mêmes mimiques et aux éternels mêmes personnages. Mais qu’il s’y réduise lui-même marque un manque d’ambition, pour ne pas dire une paresse, artistique indigne d’un tel talent. Espérons qu’il trouve ailleurs l’occasion d’être poussé dans ses derniers retranchements. Par contre, on saluera la performance de Lily-rose Depp, dont le visage est un parfait mélange de ses deux parents, livre une performance lumineuse. Pas assez pour donner un réel intérêt à l’Homme Fidèle, mais on s’en contentera.
Comme je l’ai dit hier ici même, il faut bien distinguer le gros navet, souvent prétentieux, avec la série B, pleine de défauts, mais parfois tout de même sympathique. En effet, si Aquaman représente l’archétype de la première catégorie, Unfriended : Dark Web fait incontestablement partie de la seconde. En effet, si on peut énoncer de nombreuses critiques à son encontre, il ne nous permet pas moins de passer un bon moment et surtout parvient à faire passer quelques frissons dans le dos du spectateur.
Unfriended : Dark Web est typique des films de genre basés sur une bonne idée (ou du moins qui sort un peu de l’ordinaire) mais sans grand moyen par ailleurs. Le grand mérite du film est de faire un choix de réalisation qui ne nécessite pas de base un budget faramineux. Un choix qui est l’élément d’originalité du film et qui n’apparaît donc pas comme un prétexte grossier et évite tout effet « cheap ». Par contre, le manque de moyen artistique est plus flagrant. Il est clair que Stephen Susco n’est pas Stanley Kubrick et qu’aucune des acteurs de la distribution ne sera jamais nominé aux Oscars (même s’il faut toujours être prudent avec ce genre d’affirmation). Cela finit de donner à ce film son aspect série B. Mais c’est un aspect qui a son charme parfois et ce dernier n’est pas inopérant ici.
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