LA VIE COMME ELLE VIENT : Tout sur la mère

laviecommeellevientafficheSi le cinéma argentin s’est peu à peu fait une place de choix sur nos écrans, le cinéma brésilien reste encore relativement confidentiel, surtout au regard de la taille et de la puissance culturelle du pays. Quelques productions parviennent tout de même à se faire une place, sans forcément faire beaucoup de bruit. La Vie Comme Elle Vient est passé largement inaperçu dans une période de sorties cinématographiques assez dense, il est vrai. C’est dommage car il s’agit d’un beau film sur la famille, les joies et le peines auxquelles elle peut donner naissance. Un thème universel et intemporel, traité ici avec finesse et talent.

La Vie Comme Elle Vient nous dresse le portrait d’une famille, pour ne pas dire une tribu pour utiliser un terme plus dans l’air du temps. Il dresse surtout le portrait de la mère, pierre angulaire de ce film. On partage ses sentiments et ses états d’âme. Le personnage est assez attachant pour que l’on prenne plaisir à suivre ce film qui relate finalement des événements relativement anodins, mais avec assez de densité pour que l’on ne s’ennuie jamais. On en ressort ni bouleversé, ni débordant d’enthousiasme, mais par contre satisfait d’avoir passé un joli moment, tout en ayant rendu un petit hommage à toutes les mères qui portent leur famille à bout de bras.

laviecommeellevientLe film doit beaucoup à Karine Teles, son actrice principale. Tout d’abord évidemment par son talent de comédienne, qui donne vie à son personnage avec beaucoup de conviction. Mais aussi parce qu’elle a cosigné le scénario, directement inspiré de sa relation avec… Gustavo Pizzi, réalisateur et autre co-scénariste. Bref, un film très personnel. Mais on est très heureux que cet ancien couple ait décidé de partager son expérience au travers de la Vie Comme Elle Vient. Un film qui ne marquera pas l’histoire du cinéma, mais qui en vaut bien d’autres ayant connu un destin plus enviable sur nos écrans.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Gustavo Pizzi
Scénario : Gustavo Pizza et Karine Teles
Photographie : Pedro Faerstein
Montage : Livia Serpa
Décors : Dina Salem Levy
Costumes : Diana Leste
Son : Roberto Espinoza

Casting :
Karine Teles : Irene
Otávio Müller : Klaus
Adriana Esteves : Sônia
Konstantinos Sarris : Fernando
César Troncoso : Alan
Arthur Teles Pizzi : Fabiano
Francisco Teles Pizzi : Matheus
Vicente Demori : Thiago

UNE FEMME D’EXCEPTION : Juste cause

unefemmedexceptionafficheUn biopic, comme toute histoire vraie en fait, doit faire face à un dilemme. Raconter les choses de manière hyper réaliste ou romancer pour rendre les événements plus passionnants. Je ne suis pas un spécialiste de la vie de Ruth Bader Ginsburg, mais il est évident que Mimi Leder a opté pour la deuxième option. Une Femme d’Exception est trop marquée par une efficacité narrative très hollywoodienne pour être d’une valeur documentaire totale. Cependant, certaines causes à certains moments de l’histoire valent bien un petit moment d’enthousiasme, même un rien artificiel. Et ce film sert à merveille la cause qu’il défend.

Une Femme d’Exception n’est donc pas qu’un film de personnage. Il ne se contente pas de brosser un portrait, de rappeler un parcours. C’est aussi une film de procès comme seul le cinéma américain sait nous en offrir. C’est aussi prenant que le meilleur des polars ! Cette mécanique parfaitement huilée maintient le spectateur dans un état d’attention maximum, le fait rentrer au cœur de l’histoire et nous attache irrémédiablement aux personnages. Du coup, le fond historico-politique passe tout seul. Ce dernier ne doit pas être du coup minimiser, car ce film nous plonge aussi au cœur d’un combat qu’il est difficile de ne pas partager devant un spectacle aussi réussi. Et un combat plus que jamais d’actualité.

unefemmedexceptionUne Femme d’Exception se démarque aussi par un duo d’exception. On a plaisir à retrouver Felicity Jones qui a définitivement prouvé qu’elle ne resterait pas uniquement l’actrice principale de Rogue One. Elle incarne un personnage historique avec talent, sans chercher à tout prix l’imitation, ce qui est appréciable, tant cela est devenu un passage obligé du genre. A ses côtés Armie Hammer confirme sa polyvalence, après sa magnifique performance dans Call My By Your Name. Ils contribuent donc largement à rendre le film brillant, à défaut d’être totalement étincelant. En tout cas, il donnera bien du baume au cœur de tous ceux qui luttent pour des petites ou de grandes causes. Et cela fait du bien

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Mimi Leder
Scénario : Daniel Stiepleman
Photographie : Michael Grady
Montage : Michelle Tesoro
Musique : Mychael Danna et Kesha
Décors : Nelson Coates
Costumes : Isis Mussenden
Producteur : Jonathan King et Robert W. Cort
Producteur délégué : Karen Loop, Daniel Stiepleman, Jeff Skoll, Betsy Danbury, Erin F. Larsen et Carlen Palau
Durée : 120 minutes

Casting :
Felicity Jones : Ruth Bader Ginsburg
Armie Hammer : Martin Ginsburg
Justin Theroux : Mel Wulf
Kathy Bates : Dorothy Kenyon
Sam Waterston : Erwin Griswold
Stephen Root : Professeur Brown
Jack Reynor : Jim Bozarth
Cailee Spaeny : Jane Ginsburg
Gary Werntz : le juge Doyle
John Ralston : Tom Malle

ASAKO I & II : Joli départ

asakoafficheL’amour… oui bon je sais, j’abuse. Mais que voulez-vous, il est partout sur les écrans en cette fin/début d’année. Bon en fait, je crois qu’il y est toujours présent. Parmi les figures imposées de la romance, on trouve le triangle. Et dans tous les pays, au Japon comme ailleurs. La preuve avec Asako I & II, nouveau film de Ryusuke Hamaguchi, que l’on avait découvert avec le quintuple Senses. On y retrouve la même sensibilité et la même élégance. Mais on y apprécie une narration plus vive. Ce qui donne envie de crier « vive l’amour ! »

Asako I & II raconte donc une histoire éternelle, même s’il nous plonge aussi dans le Japon d’aujourd’hui. Mais le propos est largement centré sur les personnages et leurs sentiments. Le fond social est nettement moins présent que dans Senses, sans être totalement absent. Cette histoire connaît de nombreux rebondissements et maintient une réelle tension narrative jusqu’à la dernière minute. Le rythme n’est pas ébouriffant, mais supérieur à la moyenne des film japonais. Cela prouve avant tout que le film assez de contenu pour présenter un intérêt réel. Les allergiques aux bleuettes ou aux films asiatiques pourront donc éventuellement s’aventurer voir ce film.

asakoAsako I & II repose également sur la qualité de son interprétation. Erika Karata donne beaucoup de charme à son personnage, malgré un jeu peut-être un peu statique. La vraie performance marquante vient de Masahiro Higashide qui interprète deux rôles. Deux personnages très différents qu’il incarne de manière aussi convaincante l’un que l’autre. Le tout devant la caméra subtile de Ryusuke Hamaguchi qui nous offre de très belles images d’un Japon vivant et non de carte postale. Un très beau film qui permet donc de commencer cette année cinématographique 2019 en beauté.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Nagoya Broadcasting Network, Bitters End, Comme des Cinémas
Réalisation : Ryusuke Hamaguchi
Scénario : Ryusuke Hamaguchi, Sachiko Tanaka
Montage : Azusa Yamazaki
Photo : Yasuyuki Sasaki
Distribution : Art House
Musique : Tofubeats
Durée : 119 min

Casting :
Erika Karata : Asako
Masahiro Higashide : Baku
Masahiro Higashide : Ryohei
Sairi Ito : Haruyo
Koji Seto : Kushikashi
Rio Yamashita : Maya

UNDERCOVER : La jeunesse au pouvoir

undercoverafficheJ’ai beaucoup parlé ces derniers temps sur ce site de l’amour, comme constituant le plus grand fournisseur d’histoires de l’histoire de l’humanité. Mais les truands, voyous et autres gangsters forment une autre source éternelle et inépuisable d’inspiration. Avec pour grand avantage de pouvoir puiser dans les histoires vraies pour en avoir à raconter qu’ils valent bien un film. C’est le cas à nouveau avec Undercover (merci la traduction à trente centimes d’euros du titre original). Un film à la facture extrêmement classique, même si le scénario n’est pas dénué d’une certaine originalité.

Aucun élément de Undercover ne constitue du jamais vue. Mais elle tout de même assez édifiante dans son ensemble pour valoir le coup d’en tirer un long métrage. L’intrigue n’est en rien prévisible et maintient l’intérêt du spectateur du début à la fin. La narration est habile, les personnages très réussis, provoquant ce mélange d’affection, de fascination et de répulsion qui caractérisent les personnages de truands à l’écran. Ce mélange est d’autant plus troublant quand le principal protagoniste a quinze ans. D’ailleurs, la plus grande limite de ce film est de n’avoir pas su ou pas osé aller plus loin dans la mise en avant de cet élément. Il reste central mais pas aussi subversif que cela aurait pu (du).

undercoverAller voir Undercover au cinéma, c’est aussi avoir le plaisir toujours renouvelé de voir Matthew McConaughey sur grand écran, ce qui n’est pas un plaisir à négliger. Il faut bien avouer qu’il n’a pas son pareil pour interpréter les rôles de « ploucs » sympathiques, mais plouc. Il peut s’en donner à cœur joie ici, même si cela ne restera pas comme son rôle le plus marquant. Cependant, la vraie star de ce film reste le jeune Richie Merritt à la moustache d’adolescent prépubère qui semble plus vraie que nature ! Si ce rôle n’est pas le plus difficile de l’histoire du septième art, au moins pourra-t-il se vanter de débuts plutôt réussis. Le film l’est globalement, ravira les amateurs du genre et pourra séduire ceux qui aime bien un film de gangster de temps en temps.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Studio 8, LBI Entertainment, Protozoa Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Yann Demange
Scénario : Logan Miller, Noah Miller, Andy Weiss
Montage : Chris Wyatt
Photo : Tat Radcliffe
Décors : Stefania Cella
Musique : Max Richter
Durée : 111 min

Richie Merritt : Richard Wershe jr
Matthew McConaughey : Richard Wershe Sr
Bel Powley : Dawn Wershe
Jennifer Jason Leigh : Agent Snyder
Brian Tyree Henry : Detective Jackson
Rory Cochrane : Agent Byrd
RJ Cyler : Rudell Boo Curry
Jonathan Majors : Johnny Lil Man Curry
Eddie Marsan : Art Derrick

MIRAI, MA PETITE SOEUR : Nouveau point de vue

miraimapetitesoeurafficheIl se passe beaucoup de choses dans l’esprit d’un enfant de trois ans. Pourtant, rarement ce foisonnement donne naissance à une œuvre artistique reconnue (donc je ne parle pas ici des dessins d’enfants), et encore moins cinématographique. Sûrement parce que ce sont des adultes qui réalisent ses œuvre et qu’il est difficile de se souvenir de ce qui se passait exactement dans notre tête à ce moment là de notre vie. Beaucoup de récits donnent le point de vue d’une enfant, peu celui d’un petit enfant. Miraï, ma Petite Sœur tente ce pari, pour un résultat inégal, mais qui a au moins le mérite de sortir de l’ordinaire.

Miraï, ma Petite Sœur repose donc une idée à la fois très originale et totalement banale. Je pense que beaucoup de parents y retrouveront des situations qu’ils auront eux-mêmes vécus. Mais cette fois ce n’est pas leur point de vue qui sera mis en avant, mais bien celui de l’enfant. Et on peut imaginer que ça peut en aider certains à mieux comprendre les réactions de leur progéniture. Cependant à partir de cette idée de départ, le film boucle la même boucle plusieurs fois. On est presque devant un film à sketchs, où chacun d’entre eux possède la même structure. C’est donc assez répétitif, peut-être un peu trop pour être totalement enthousiaste.

miraimapetitesoeurGraphiquement, Miraï, ma Petite Soeur est très réussi. Il est d’un premier abord d’une facture totalement classique pour un film d’animation japonais. Puis, au détour d’une séquence, il nous propose quelque chose de différent. Cette originalité est assez rare pour être soulignée. Espérons que cela incite d’autres artistes nippons à casser certains codes dans lesquels ils sont totalement enfermés. En attendant, les personnages gardent leurs grands yeux pour nous offrir un beau film, qui vaut le détour, mais peut-être pas le voyage.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Studio Chizu
Réalisation : Mamoru Hosoda
Scénario : Mamoru Hosoda
Montage : Shigeru Nishiyama
Distribution : Wild Bunch Distribution
Musique : Kyôko Kitahara
Directeur artistique : Takashi Omori, Yohei Takamatsu
Durée : 98 min

Casting :
Moka Kamishiraishi : Kun
Haru Kuroki : Mirai
Gen Hoshino : Le père
Kumiko Aso : La mère

MONSIEUR : L’amour toujours

monsieurafficheOh encore une histoire d’amour ! Ca suffit à la fin ! Non mais franchement, cela fait des siècles que l’on raconte toujours la même chose, on va bien finir par se lasser. Et bien, non. C’est sans doute là le plus beau miracle provoqué par ce sentiment. Un nouvelle preuve avec Monsieur, une production franco-indienne qui nous raconte une histoire éternelle, mais nous plonge aussi au cœur d’une société en pleine mutation et où tradition et modernité s’affrontent comme nul part ailleurs. Tout cela suffit à donner un très beau film, marqué par un dénouement remarquable.

Bon en fait, j’ai à peu près tout dit. Je n’aurais donc qu’à encourager le plus grand nombre d’entre vous à aller voir ce film. Il prouve que la simplicité d’une histoire n’est pas forcément signe de manque d’intérêt quand le décor est aussi riche que dans Monsieur. Un fond social très fort, mais décrit avec une grande pudeur et une grande simplicité également. Au final, c’est ce qui le rend aussi fort, crédible et impactant. Pas de grandes envolées, de messages militants délivrés à coup de grandes tirades. Mais la vie tout simplement. Une vie quotidienne, presque banale, qui touche au plus profond du cœur. Si le contexte indien n’est pas forcément transposable ailleurs, il y a tout de même quelque chose de profondément universel dans cette histoire.

monsieurUne histoire d’amour se termine généralement dans le drame ou le happy end. Monsieur propose un dénouement qui n’est ni l’un, ni l’autre. Ou plutôt est ce que le spectateur en fera. Ce n’est pas si fréquent que même les bons films s’achèvent ainsi par une fin réellement marquante, alors il est important de le souligner. Il faut enfin, et même avant tout en fait, souligner la magnifique prestation de Tillotama Shome, qui porte littéralement le film sur ses frêles épaules et son incomparable sourire. Je peux vous assurer que son compagnon à l’écran n’est pas le seul à finir le film profondément amoureux. Et ça fait du bien parfois d’être amoureux !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Ciné-sud, Inkpot Films
Réalisation : Rohena Gera
Scénario : Rohena Gera
Montage : Jacques Comets, Baptiste Ribrault
Photo : Dominique Colin
Décors : Parul Sondh
Distribution : Diaphana
Musique : Pierre Aviat
Durée : 99 min

Casting :
Tillotama Shome : Ratna
Vivek Gomber : Ashwin
Geetanjali Kulkarni : Laxmi

BUMBLEBEE : La belle et le robot

bumblebeeafficheSi DC est passé maître dans l’art de cultiver le navet, la franchise Transformers fait aussi partie des agriculteurs cinématographiques les plus émérites. La saga principale touchant le fond depuis longtemps, s’acharnant même à creuser toujours plus loin, on pouvait s’attendre au pire en voyant débarquer le premier spin-off de la saga. Bumblebee constitue certes un des personnages les plus sympathiques de la série. Mais delà à en faire un film à part entière… Mais il faut parfois se méfier des certitudes trop vite acquises, puisqu’au final ce long métrage est plutôt réussi et constitue un des meilleurs divertissements familial de cette fin d’année.

Contrairement à ce que l’on peut penser, Bumblebee n’est pas un film d’action. Enfin, pas vraiment. Une petite scène d’action au début, une plus grosse à la fin. Entre les deux, on assiste à autre chose. Une nouvelle version de la Belle et la Bête en somme, ou de toute autre histoire entre un être humain et un autre personnage qui va apprendre à l’être à ses côtés. Que la Bête soit un robot et qu’il n’y ait aucune romance entre ces deux protagonistes ne change pas grand chose, les ressorts de l’histoire sont les mêmes. Ici, ils sont manipulés avec habilité, si ce n’est un certain talent. Cela manque grandement de profondeur, mais c’est drôle, parfois touchant et surtout tout simplement divertissant.

bumblebeeLa présence de Travis Knight derrière la caméra n’y est sûrement pas pour rien. Venu du monde le l’animation, où il nous avait offert le sympathique Kubo et l’Armure Magique, il fait preuve de qualité artistique dont Michael Bay devrait bien s’inspirer. Rien de délirant, mais juste ce qu’il faut pour passer un bon moment, sans avoir l’impression de s’abrutir et sans en ressortir avec un début de migraine. Une petite mention au passage pour Hailee Steinfield, que l’on avait découvert dans True Grit des frères Coen, un rôle qui lui avait valu une nomination aux Oscars. Tout cela concourt à la bonne surprise que constitue ce film. Pas la surprise du siècle, mais bonne tout de même.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Travis Knight
Scénario : Christina Hodson
Direction artistique : Sean Haworth
Décors : Gustaf Aspegren, Richard Bloom, A. Todd Holland, Sebastian Schroeder et Maya Shimoguchi
Costumes : Dayna Pink
Photographie : Enrique Chediak
Montage : Paul Rubell
Musique : Dario Marianelli
Production : Michael Bay, Stephen Davis, Tom DeSanto et Lorenzo di Bonaventura
Producteurs exécutifs : Chris Brigham, Brian Goldner, Mark Vahradian et Steven Spielberg

Casting :
Hailee Steinfeld : Charlie Watson
John Cena : Agent Jack Burns
Jorde Lenderborg Jr : Memo
John Ortiz : Dr. Powell
Jason Drucker : Otis Watson
Pamela Adlon : Sally Watson
Len Cariou : Oncle Hank
Stephen Schneider : Ron
Ricardo Hoyos : Trip Summers
Gracie Dzienny : Tina
Dylan O’Brien : Bumblebee
Angela Bassett : Shatter
Justin Theroux : Dropkick
Peter Cullen : Optimus Prime
David Sobolov : Blitzwing
Grey Griffin : Arcee
Andrew Morgado : Cliffjumper
Steve Blum : Wheeljack

PALMARES 2018 : Vive Kechiche, vive la France !

mektoubmylovecantounoaffiche

mektoubmylovecantounoaffiche2018 restera une année plus qualitative que quantitative pour le cinéma. Seulement sept films dans ce top de l’année, mais forcément sept grands films, qui montrent l’infinie diversité du 7ème art. C’est ce qui fait tout son charme et lui permet à chaque fois un peu de bonheur renouvelé.

Le vainqueur cette année s’appelle Mektoub My Love : Canto Uno, ce qui permet à Abdelatif Kechiche de placer pour la deuxième fois un de ces films à la première place de ce classement. Si ce film ne possède pas tout à fait la puissance de la Vie d’Adèle, il reste l’œuvre d’un réalisateur à nul autre pareil, dont le talent artistique pur n’est certainement pas reconnu à sa juste valeur.

Ce classement confirme aussi l’excellente santé du cinéma français, qui, en plus de la première place, offre trois films sur sept à ce classement. On pourrait même dire trois et demi, puisque les Frères Sisters constitue la première œuvre hollywoodienne de notre Jacques Audiard national. 2018 aura décidément l’année où la France aura été championne du monde ! Et encore, je n’ai pas intégré à ce classement Amanda, le seul film de l’année que j’ai noté 14,5/20 et qui est donc virtuellement huitième de ce classement.

readyplayerooneAu niveau interprétation, je retiendrai de cette année la performance du jeune Victor Polster dans Girl et Saorise Ronan pour son rôle dans Ladybird. La jeunesse au pouvoir donc et beaucoup de promesses pour l’avenir donc. Quant à la meilleur scène, je citerai la scène de danse hallucinée de Climax de Gaspard Noé, film que j’ai pourtant noté 03/20, ma pire notre de l’année, tant la suite est à vomir.

En attendant, je vous souhaite une très bonne année 2019, pleine de bonheur… et de films évidemment !

1-Mektoub My Love : Canto Uno
Une caméra qui capte l’émotion de ses personnages comme personne, voilà la talent incomparable d’Abdelatif Kechiche ! Il met en scène à l’écran les sentiments amoureux avec une force rare. Un film simple au final, mais sublime.

2-Ready Player One
Steven Spielberg reste un réalisateur qui n’a guère d’équivalent. Quand on sait qu’il a aussi signé l’excellent Pentagon Papers cette année, on espère qu’il continuera longtemps à nourrir notre imaginaire. Avec ce film, il offre ce qui fait la quintessence d’une culture populaire qui n’a pas à rougir de ce qu’elle est.

3-Une Affaire de Famille
Une Palme d’Or aussi bien classée, voilà qui fait plaisir ! On prime encore de très grands films à Cannes. Peut-être pas le plus original de l’histoire du palmarès, mais un des plus émouvant qui revisite une notion, la famille, pourtant universelle et éternelle. Comme quoi, on n’épuise jamais les sujets quand on les traite avec autant de talent.

4-Les Frères Sisters
Les débuts de l’autre côté de l’Atlantique de Jacques Audiard sont pleinement réussis. Il bénéficie il est vrai d’un casting hors paire, mais la réussite de ce western crépusculaire doit beaucoup au talent de son réalisateur.

5-Jusqu’à la Garde
Ce film nous offre une scène finale qui aurait pu tout aussi bien être celle de l’année. Globalement, Xavier Legrand signe un film magistral dans sa construction, devenant plus fort, plus oppressant à chaque scène.

6-Spider-Man : New Generation
La vraie surprise de ce classement. Marvel continue de nous étonner par ce film d’animation formidablement créatif visuellement et doté d’un scénario haletant et original. Des films de super-héros comme celui-là, on en redemande encore et encore !

7-Le Grand Bain
Les comédies françaises au casting prometteur peuvent donner le meilleur comme le pire. C’est bien le meilleur qui nous attend ici, avec un film qui n’est pas que drôle, mais aussi profondément touchant. Si on en ressort avec le sourire, on n’est pas passé à côté de ce que les personnages pouvaient porter de douloureux.

L’HOMME FIDELE : Un peu court jeune homme

lhommefideleafficheQuand on a rien, ou du moins pas grand chose à raconter, la moindre des choses est de faire court. C’est la moindre des courtoisies mais trop de réalisateurs l’oublient régulièrement. Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à Louis Garrel de manquer d’éducation. En ne durant qu’une heure et quart, l’Homme Fidèle ressemble plus à un épisode de série qu’à un long métrage. Tant mieux car il n’y avait pas matière à faire plus long. Les mauvaises langues diront même qu’il y avait matière à ne rien faire du tout. Et il peut m’arriver d’être mauvaise langue.

Je ferai bien preuve de subtilité, mais en cette fin d’année, cela devient un peu difficile. Ce que je reproche à l’Homme Fidèle peut se résumer ainsi : j’ai trouvé l’histoire très conne. C’est un peu court et brutal, mais je n’ai pas trouvé mieux pour résumer ma pensée. Du coup difficile d’apprécier ses qualités par ailleurs. C’est plus une question de ressenti que d’analyse, j’en conviens, mais les sentiments l’emportent parfois sur la raison, même chez un cartésien comme moi. Après si vous adorez les triangles amoureux tordus et jamais crédibles, je ne peux que vous recommander chaudement ce film.

lhommefidelePar contre, je formulerai un reproche nettement plus objectif à Louis Garrel. Il se dirige avec une complaisance coupable. Il est vraiment regrettable qu’un acteur aussi jeune soit déjà réduit aux mêmes mimiques et aux éternels mêmes personnages. Mais qu’il s’y réduise lui-même marque un manque d’ambition, pour ne pas dire une paresse, artistique indigne d’un tel talent. Espérons qu’il trouve ailleurs l’occasion d’être poussé dans ses derniers retranchements. Par contre, on saluera la performance de Lily-rose Depp, dont le visage est un parfait mélange de ses deux parents, livre une performance lumineuse. Pas assez pour donner un réel intérêt à l’Homme Fidèle, mais on s’en contentera.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : Why not productions, Canal +
Distribution : Ad vitam
Réalisation : Louis Garrel
Scénario : Louis Garrel, Jean-Claude Carriere
Montage : Joëlle Hache
Photo : Irina Lubtchansky
Décors : Jean Rabasse
Durée : 74 min

Casting :
Louis Garrel : Abel
Laetitia Casta : Marianne
Lily Rose Depp : Eve
Joseph Engel : Joseph
Bakary Sangaré : le patron du restaurant
Vladislav Galard : Le docteur Pivoine

UNFRIENDED : DARK WEB : Série B bien en ligne

unfriendeddarkwebafficheComme je l’ai dit hier ici même, il faut bien distinguer le gros navet, souvent prétentieux, avec la série B, pleine de défauts, mais parfois tout de même sympathique. En effet, si Aquaman représente l’archétype de la première catégorie, Unfriended : Dark Web fait incontestablement partie de la seconde. En effet, si on peut énoncer de nombreuses critiques à son encontre, il ne nous permet pas moins de passer un bon moment et surtout parvient à faire passer quelques frissons dans le dos du spectateur.

Le plus gros défaut de Unfriended : Dark Web est que l’histoire n’est pas crédible une seule seconde quand on y réfléchit à deux fois. Mais est-ce vraiment un défaut pour ce genre de film ? Et surtout, pendant celui-ci, on est assez pris par l’histoire pour ne justement pas prendre le temps de trop réfléchir. Je peux concevoir aisément qu’un spectateur puisse sortir du film en se disant d’un coup que c’est un peu n’importe quoi. Mais si votre cerveau accepte de se prendre au jeu, alors vous ne vous ennuierez pas une seule seconde et vous tremblerez même parfois. Le scénario, aussi improbable soit-il, n’est pas dénué d’habileté pour cacher au maximum ses très grosses ficelles. Il n’y parvient pas toujours, mais suffisamment pour que le spectateur se laisse avoir parfois (mais pas toujours, avouons-le).

unfriendeddarkwebUnfriended : Dark Web est typique des films de genre basés sur une bonne idée (ou du moins qui sort un peu de l’ordinaire) mais sans grand moyen par ailleurs. Le grand mérite du film est de faire un choix de réalisation qui ne nécessite pas de base un budget faramineux. Un choix qui est l’élément d’originalité du film et qui n’apparaît donc pas comme un prétexte grossier et évite tout effet « cheap ». Par contre, le manque de moyen artistique est plus flagrant. Il est clair que Stephen Susco n’est pas Stanley Kubrick et qu’aucune des acteurs de la distribution ne sera jamais nominé aux Oscars (même s’il faut toujours être prudent avec ce genre d’affirmation). Cela finit de donner à ce film son aspect série B. Mais c’est un aspect qui a son charme parfois et ce dernier n’est pas inopérant ici.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Stephen Susco
Décors : Chris Davis
Costumes : Cassandra Jensen
Photographie : Kevin Stewart
Montage : Andrew Wesman
Production : Timour Bekmambetov et Jason Blum
Coproducteur : Ryan Turek
Producteur associé : Pavel P. Bozhkov
Producteurs délégués : Nelson Greaves, Couper Samuelson et Adam Sidman
Durée : 88 minutes

Casting :
Colin Woodell : Matias
Stephanie Nogueras : Amaya
Betty Gabriel : Nari
Rebecca Rittenhouse : Serena
Andrew Lees : Damon
Connor Del Rio : Aj
Savira Windyani : Dj Lexx
Douglas Tait : Charon IV
Rob Welsh : Charon V