CASINO ROYALE : James Bond n’était pas encore tout à fait 007

casinoroyaleafficheLa classe est-elle innée ? Naît-on élégant en toutes circonstances ? Chez certains, peut-être que la réponse est affirmative, mais pas chez James Bond. Tout du moins, c’est ce qu’on tenté de démontrer les producteurs de Casino Royale, qui revient aux sources du mythe en nous présentant un James Bond qui vient à peine de devenir 007.

En fait, Casino Royale aurait du être, non le 21ème, mais le 1er James Bond de la série, puisque il est le premier roman écrit par Ian Fleming. Mais voilà, dix ans avant James Bond contre le Docteur No, les droits du roman avaient été achetés pour en faire un téléfilm, puis une parodie d’espionnage avec Woody Allen. Et ce n’est qu’après un combat juridique titanesque que les droits ont pu être récupérés par la MGM pour qu’il prenne enfin sa place dans la saga cinématographique.

Mais même une fois tout cela ficelé, les producteurs n’avaient pas encore fini de s’arracher les cheveux. En effet, faire un film sur les débuts de James Bond impliquaient forcément de trouver un successeur à un Pierce Brosnan vieillissant. De nombreux acteurs furent envisagés comme Hugh Jackman ou Ewan McGregor, avant que le choix final ne se fasse sur…un blond… Ajouté à cela le fait qu’il n’avait jamais eu auparavant de rôle marquant au cinéma, cela provoqua une vague de scepticisme, voire de protestation chez les fans. Mais une fois que le film fut sorti, la grande majorité des critiques se turent.

Si la vision du personnage de James Bond proposée par Casino Royale est très différente des autres épisodes, l’intrigue en elle-même est par contre très classique. Un méchant nommé Le Chiffre, spécialisé dans le financement d’organisations terroristes, doit être neutralisé. Et c’est évidemment, James Bond, tout récemment promu au grade 00 (c’est à dire avec l’autorisation de tuer) qui va s’en charger. A ses côtés, la magnifique Vesper, employée par le Trésor britannique et chargée de veiller à ce que notre agent préféré ne dilapide pas impunément l’argent du contribuable de Sa Majesté. En effet, le principal théâtre des opérations est une partie de poker à gros enjeu.

casinoroyaleCasino Royale nous présente donc un Bond moins classieux, moins élégant, plus chien fou, plus tête brûlée que ce qu’on a l’habitude de connaître. Ceci aboutit sur un film plus dur et plus violent, plus réaliste aussi. Un Bond plus complexe, moins sympathique, mais pas forcément moins attachant car plus humain. En fait, on retrouve un personnage beaucoup plus proche de celui de la série de romans. La fidélité au roman a d’ailleurs été une réelle volonté des scénaristes… même si la partie de baccara s’est transformée en poker, nettement plus dans l’air du temps.

Mais la réussite de Casino Royale tient aussi dans l’intensité des scènes d’action qui restent tout de même la principale raison de regarder un James Bond. Le film commence notamment par ce qui est peut-être la scène la plus étonnante de l’histoire de la série. Une poursuite ultra spectaculaire…à pied… Mais non, je vous assure, nous ne sommes pas dans la Cité de la Peur. Et nous pouvons passer un petit cocorico puisque Daniel Craig poursuit pour l’occasion Sébastin Foucan, un de nos yamakasi nationaux. Le tout se finit en haut d’une grue à 60m au dessus du sol et vaut toutes les poursuites motorisées de l’histoire.

Après, reste le grand débat, James Bond interprété par Daniel Craig est-il vraiment encore James Bond ?. Bien sûr, les clins d’œil se multiplient pour bien montrer au spectateur qu’il en passe de prendre les habitudes qu’on lui connaît. Ainsi, la dernière réplique du film n’étonnera personne. Depuis, j’ai vu Quantum of Solace et je dois avouer que je reste encore un petit peu sceptique sur la capacité de Daniel Craig d’incarner un James Bond en pleine maturité. L’intrigue des deux films étant séparée d’environ dix minutes, on attendra le prochain pour se prononcer définitivement.

Casino Royale est excellent film, peut-être le meilleur James Bond de l’histoire cinématographiquement parlant. Il est donc à conseiller à tous ceux qui n’ont pas vu 100 fois la vingtaine d’épisodes précédents. Les nostalgiques du mythe seront peut-être plus partagés, mais pourront tout aussi bien et tout comme moi être ravis de voir la légende renouvelée et quelque peu dépoussiérée.

Fiche technique :
Production : Eon productions, Columba Pictures, MGM
Distribution : Gaumont Columbia TriStar
Réalisation : Martin Campbell
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, Pail Haggis, d’après le roman de Ian Flemming
Montage : Stuart Baird
Photo : Phil Méheux
Décors : Peter Lamont
Musique : David Arnold
Durée : 138 mn

Casting :
Daniel Craig : James Bond
Eva Green : Vesper Lynd
Mads Mikkelsen : Le chiffre
Judi Dench : M
Jeffrey Wright : Felix leiter
Giancarlo Giannini : Mathis
Caterina Murino : Solange
Simon Abkarian : Dimitrios
Isaach de Bankole : Obanno
Ivana Milicevic : Valenka

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