HOTEL WOODSTOCK : Comme une envie de me laisser pousser les cheveux !

hotelwoodstockafficheMai 68, Woodstock, mouvement hippie autant de mots qui évoquent pour les gens de ma génération une époque qui a pris avec les ans une dimension quasi mythique. Bien sûr il y’a derrière tout cela beaucoup de fantasmes, mais la fascination exercée est réelle. Elle touche tous les continents, et notamment, l’Asie. Ang Lee a avoué son attirance pour cette époque. Il en a tiré un film, excellent au demeurant, Hôtel Woodstock.

Elliot organise chaque année dans la petite ville du fin fond de l’Etat de New York, où ses parents, proches de la faillite, tiennent un motel minable. Pour empêcher une saisie par la banque, il accepte d’accueillir un festival de musique hippie, qui vient de se faire renvoyer d’une ville voisine. Mais très vite, le succès de l’événement est hors de contrôle et ce sont des centaines de milliers de personnes qui envahissent la petite ville, à la grande fureur de ses habitants.

Commençons par une petite précision, Hôtel Woodstock n’est en rien un film sur la musique, comme a pu l’être Radio Rock par exemple. Bien sûr, elle joue indirectement un rôle capital dans l’intrigue, mais au final, elle est presque absente de ce film, alors que je m’attendais plutôt au contraire. C’est un choix, et le film est assez riche pour que cela ne pose pas vraiment de problèmes, mais je ne peux m’empêcher de ressentir une petite pointe de regret. Mais bon, c’est une question de goût personnel.

Hôtel Woodstock est avant tout un hommage à une époque, un état d’esprit, une manière de vivre, ceux du mouvement hippie. Une vision, certes très naïve et idéalisée, qui ferait passer Hair pour une diatribe contre les cheveux longs, mais particulièrement rafraîchissante. Et que cette époque n’est jamais vraiment existée, enfin pas comme cela en tout cas, n’enlève rien à la force du message que ce film sous-tend. Un peut d’utopie fait du bien parfois.

Car Hôtel Woodstock est avant tout un film sur les rapports humains, de manière générale et familiaux en particulier. Un message éminemment positif, mais qui est emballé d’assez d’imagination, de fantaisie et d’originalité pour qu’il soit tout à fait digeste. Rien de gnangnan, mais beaucoup de joie de vivre, de tolérance, mâtinés d’enthousiasme et de sincérité. Les rencontres et les amitiés improbables qui se nouent dans ce film, on y croit car il nous donne envie d’y croire.

hotelwoodstockLe talent d’Ang Lee y est pour beaucoup dans cette réussite. Le film n’est pas spectaculaire visuellement, mais l’intrigue se déroule sur un tempo parfait. Avec le recul, beaucoup de situations et d’évènements peuplant ce film sont totalement improbables, mais l’histoire les amènent peu à peu et dans un fil narratif qui les rend logique et crédibles. Ca s’appelle tout simplement savoir raconter une histoire !

Un mot enfin sur Demetri Martin, l’acteur sur lequel repose une bonne partie d’Hôtel Woodstock. Encore un acteur sorti de nul part mais qui fait preuve là d’un grand talent. Je ne lui promets pas forcément une immense carrière, mais dans n’importe quel autre pays au monde, il serait assurément une immense star.

Après le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee est la preuve que devenir réalisateur à Hollywood ne signifie pas forcément tirer son sens artistique vers le bas (bon ok, on oublie Hulk…) et qu’il est possible de tirer le meilleur de toutes ses affluences. Hôtel Woodstock en est une nouvelle preuve.

Fiche technique :
Production : Focus Features
Réalisation : Ang Lee
Scénario : James Schamus, d’après le livre de Tom Monte et Elliot Tiber
Montage : Tim Squyres
Photo : Eric Gautier
Décors : David Gropman
Musique : Danny Elfman

Casting :
Demetri Martin : Elliot
Liev Schreiber : Vilma
Emile Hirsch : Billy
Paul Dano : le hippie
Imelda Staunton : Mrs. Tiber
Eugene Levy : Max Yasgur

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