MARY ET MAX : Pâte à modeler l’émotion

maryetmaxafficheIl y’a des films dont on attend rien, où l’on va en traînant un peu des pieds. Bon ok, c’est surtout à moi que cela arrive lorsque j’enchaîne trois films en une soirée et que j’ai besoin que les horaires concordent. Bref, on entre dans la salle à reculons et on en sort…à reculons aussi parce que le spectacle nous a tellement enthousiasmé qu’on aimerait bien qu’il se prolonge un peu. Mary et Max qui est, pour moi, un vrai coup de cœur cinématographique.

Mary est une petite fille solitaire qui vit en Australie. Affublée d’une tâche de naissance sur le front couleur marron, elle vit avec sa mère passionnée par le sherry et son père passionnée par la taxidermie. Un jour, elle choisit au hasard un nom dans l’annuaire de New York et lui écrit une lettre. Ce dernière arrive chez Max Horowitz, 44 ans, obèse et atteint du syndrome d’Asperger. Va alors débuter la plus improbable correspondance, mais aussi la plus sincère amitié.

Réalisé entièrement en pâte à modeler, Mary et Max est très loin de l’univers de Wallace et Gromit. Il s’agit d’un vrai film pour adultes, mais surtout une fable magnifique et bouleversante. Un film sur l’acceptation de la différence et, encore plus, l’acceptation de soi-même, exercice ô combien délicat pour beaucoup d’entre nous.

En choisissant de faire de cette histoire, un film d’animation, Adam Elliot s’est donné toute liberté pour l’illustrer et lui donner vie. Et il utilise à merveille toutes les possibilités qui lui sont offertes. Le film reste cependant intensément humain, les effets visuels n’étant jamais une fin en soi mais un outil pour renforcer la force et la profondeur du message.

maryetmaxSi Mary et Max avait été un film classique, il n’aurait pas eu la même poésie. Et c’est justement cette dernière qui le rend si émouvant. Sans elle, il aurait été juste glauque et dramatique. Grâce à elle, il y règne un élan d’optimisme humaniste malgré toute la tristesse de l’univers des deux personnages. Leurs échanges constituent une des rares lueurs qui éclairent leurs vies, dans un monde qu’ils ne comprennent pas bien. La manière dont ils sont illustrés apportent cette touche de fantaisie et d’humour qui apporte plus bien au propos que tous les moments larmoyants qu’on pourrait imaginer.

Mary et Max vous fera donc au moins rire que pleurer. Et même les larmes versées seront des larmes d’émotion où se mêle tristesse et joie. La fin notamment ne pourra laisser personne indifférent. Moment magnifique, parfaite conclusion d’un récit aussi riche qu’original, délirant parfois, profondément humain toujours.

Mary et Max est donc une vraie bonne surprise cinématographique. Un moment d’émotion pure mise en scène de manière originale. Bref, un film extraordinaire dans tous les sens du terme.

Fiche technique :
Production : Mélanie Coombs, Melodrama Pictures
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Adam Elliot
Scénario : Adam Elliot
Montage : Bill Murphy
Photo : Gerald Thompson
Décors : Adam Elliot, Isabel Peppard et Claire Tennant
Son : Peter Walker
Directeur artistique : Craig Fison
Durée : 92 mn

Casting :
Toni Collette : Mary Daisy Dinkle
Philip Seymour Hoffman : Max Jerry Horovitz
Eric Bana : Damien
Barry Humphries : le narrateur
 

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