UN CHAMPION BIEN DE CHEZ NOUS

brianjoubertIl y’a quelques jours, je vantais les qualités hors norme de Jason Lamy-Chappuis pour un sportif français. Et bien, cette fois, je vais vous parler d’un champion bien de chez nous, typique jusqu’à la caricature de notre tradition de défaites héroïques, à savoir Brian Joubert.

Après son bide retentissant du programme court, j’avais imaginé rédiger un article très sévère à son égard. En effet, après avoir raté à peu près tous les grands rendez-vous auxquels il a participé durant sa carrière, malgré un potentiel et un talent immenses, il continuait à rejeter avec mépris toutes critiques à son égard, les trouvant injustes et refusant de se remettre une seule seconde en question. Mais voilà, sans doute trop tard dans sa carrière, il vient enfin d’ouvrir les yeux.

« Toutes les personnes qui pensent que je suis un petit con ont raison » a-t-il déclaré. J’avoue, c’était mon cas et, comme j’aime bien avoir raison, je suis heureux qu’il le confirme lui-même. Bon du coup, j’en éprouve presque de la sympathie. Réaliser d’un coup qu’il est passé à côté d’une vraie grande carrière non pas par la faute à pas de chance mais par sa propre faute, ne doit pas être facile à gérer. Surtout qu’il est trop tard pour rattraper le temps perdu. Si seulement, il avait pu tirer les mêmes leçons de sa déconvenue de Turin…

Rater systématiquement les grands rendez-vous n’est pas vraiment compatible avec le statut de champion. L’histoire du sport est jalonnée de talents immenses qui n’ont jamais su conquérir les récompenses suprêmes auxquels ils aspiraient. Michel Jazy, Raymond Poulidor, Luc Alphand ou Christine Arron (avec une palme spéciale pour elle dont les interviews constituent des moments consternants d’aveuglement et de prétentions imméritées) ont été des sportifs très populaires en France. Des immenses champions, pas sûr…

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