LES ENFANTS DE L’ATLANTIDE, TOME 4 : LA TERRE DES MORTS (Bernard Simonay) : Voyage dans un futur qui craint

lesenfantsdelatlantide4Ecrire un récit cohérent en 4 tomes, dont chaque partie est réellement différente des autres, était un vrai défi que Bernard Simonay a parfaitement relevé avec les Enfants de l’Atlantide. Personne, après une centaine de pages du Prince Déchu, premier volet de la saga, ne peut imager là où l’auteur finira par l’emmener. Voyage dans l’espace et dans le temps, cette histoire est très agréable à suivre. Si La Terre des Morts, 4ème et dernier (pour l’instant ?) tome, n’est pas le meilleur, il reste surprenant et très plaisant.

Astyan et ses compagnons ont accosté de l’autre côté de l’Océan. Il finit par découvrir l’ancien repaire des Géants, responsables de la chute de l’Atlantide et de la disparition des Titans. Il y découvre surtout un moyen de rejoindre Thanata, la Terre des Morts, un monde parallèle où les autres demi-dieux ont été emprisonnés. Un monde qui ressemble étrangement au nôtre, mais a été ravagé par de terribles cataclysmes.

Bon, je vais tuer un peu le suspense, mais Thanata n’est autre que la Terre dans 200 ans, dévastée par la guerre et la pollution. La Terre des Morts ne nous propose donc pas un voyage dans l’espace, comme le pensent les personnages, mais à travers le temps. Une vision très pessimiste de l’avenir, qui concrétise les pires cauchemars qui habitent notre époque. Réchauffement climatique, pluies acides, montées des eaux, holocaustes nucléaires… bref toutes les menaces qui pèsent sur l’avenir de l’humanité concrétisées.

La principale limite de la Terre des Morts est la relative naïveté de cette description de l’apocalypse qui nous menacerait. Certes, le message écologique est plein de bonnes intentions, mais Bernard Simonay ne nous épargne rien et intègre à son récit tous les fantasmes qui peuplent les discours des plus extrémistes. Bref, tout cela manque cruellement de subtilité et prête parfois à sourire. Ce livre multiplie également les clins d’œil géopolitiques (conflit israélo-palestinien, terrorisme, relations entre les religions…), malheureusement là encore, on nage parfois en pleine caricature et raccourcis un rien faciles.

Mais La Terre des Morts garde les qualités qui ont fait le succès du reste de la saga et on s’accommode aisément des défauts du récit. Comme je l’ai évoqué plus haut, ce tome ne ressemble pas du tout aux précédents. Il garde pourtant sa cohérence et enrichit encore cette saga vraiment surprenante et qui ne ressemble à aucune autre. Ce 4ème épisode est une nouvelle fois riche en péripéties et jamais l’auteur ne s’appesantit sur de laborieuses descriptions du monde qu’il nous décrit. Cette découverte se fait peu à peu, au gré des aventures d’Astyan et de ses compagnons. Bref, un vrai roman d’aventures porté par le style léger et agréable de Bernard Simonay.

On est donc un peu triste de quitter Astyan et les Titans à la fin du récit. Cependant, ce livre se termine vers une porte ouverte à un cinquième tome, qui verra très certainement le jour. Il ne sera pas évident de rebondir une nouvelle fois et d’emmener le lecteur dans une direction inattendue. Mais Bernard Simonay a pour l’instant toujours réussi à trouver de nouvelles dimensions à explorer, alors on a hâte de savoir ce qu’il peut nous réserver.

La Terre des Morts souffre un peu d’un message naïf un peu trop présent. Mais, personne n’ayant lu les trois premiers tomes ne renoncera à lire ce quatrième épisode. Surtout qu’il constitue tout de même un lecture agréable et distrayante.

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