LA HORDE : Un film de genre bien de chez nous

lahordeafficheS’il y’a un parent pauvre du cinéma français, c’est bien le film de genre. Il y’a bien eu quelques tentatives, comme Brocéliande ou Haute Tension, mais ça reste toujours un peu cheap. Mais voici donc La Horde, un film de zombie ultra-classique dans la forme et le fond, si ce n’est sa nationalité. Pas de révolution dans le genre, mais beaucoup d’adrénaline.

Un immeuble, des zombies, des survivants…

Voilà pour le scénario. C’est le même depuis La Nuit des Morts-Vivants de Romero en 1968 et on serait presque déçu s’il en était autrement. Donc, il ne fallait pas s’attendre à quoique ce soit à ce niveau-là… Et ça tombe bien, parce qu’on ne trouvera rien de bien intéressant à ce niveau-là. Mais bon, il faut bien un prétexte à tout ça en attendant la boucherie. Cependant qui va voir ce genre de film pour l’intérêt de l’intrigue ?

A côté du scénario, il y’a aussi des dialogues. La Horde joue plutôt la carte d’un mélange entre film noir et humour. Mais bon, malheureusement, Michel Audiard est mort alors il n’y aura rien non plus d’inoubliable à ce niveau. Enfin, là encore, on n’est pas venu au ciné pour écouter les personnages déblatérer. Bon ils le font malgré tout, mais on n’y prête qu’une oreille distraite en attendant que l’action reparte.

Dans un film, il y’a aussi des acteurs. Mais dans un film de ce genre, rarement de grandes stars. C’est encore le cas ici… Et on comprend pourquoi. Allez soyons pas vaches, les rôles ne se prêtent pas non plus à des performances de premier ordre. Cependant, là aussi on est à la limite du hors-jeu. On notera simplement la réelle personnalité affichée par Claude Perron, étonnante dans un rôle qui change quelque peu de celui qu’elle tenait dans le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Et la réalisation alors ? Et bien, malheureusement, il faut admettre qu’avec la Horde, Yannick Dahan et Benjamin Rocher n’ont pas vraiment rejoint Sam Raimi ou John Carpenter au rang des maîtres du genre. Sans même parler d’un Tarantino… Mais bon, si artistiquement le film n’a définitivement pas d’intérêt, il a le mérite d’être efficace. Très efficace !

lahordeCar si vous allez voir la Horde, c’est pour voir des gens pourchassés par des hordes (d’où le titre) de zombies et les massacrer en nombre. Et pour ça, le film fait fort, très fort, pour le plus grand bonheur du spectateur qui était venu uniquement pour ça. Ces scènes-là sont d’une rare violence et d’une rare intensité. Le film est très crue, assez gore et l’hémoglobine coule à flots de manière plutôt réaliste. Bref, âmes sensibles s’abstenir car c’est très certainement le film de ce genre le plus dur. Pas le plus spectaculaire, mais justement en privilégiant la violence réaliste sur le délire visuel que peut permettre ce genre de film, il donne un ton plutôt original qui déverse des flots d’adrénalines dans les veines des spectateurs.

Peut-être que certains trouveront que la Horde ne trouve pas son ton, entre la noirceur et l’humour et le second degré. En fait, l’humour est souvent, avouons-le, quelque peu involontaire. Il y’a bien sûr un personnage qui se veut clairement comique, mais il n’est pas non plus la plus grande réussite de ce film. De mon côté, j’ai trouvé que ce mélange des genres rendait de ce film très sympathique et le dote d’une certaine personnalité.

Comme tous les films de genre, La Horde est à réserver aux amateurs du genre justement. Mais pour une production française qui s’aventure sur des chemins inhabituels, elle s’en est quand fort bien sortie en se concentrant sur l’essentiel, même si l’accessoire laisse un peu à désirer.

Fiche technique :
Réalisation : Yannick Dahan et Benjamin Rocher
Scénario : Yannick Dahan, Benjamin Rocher, Arnaud Bordas etStéphane Moïssakis
Directeur du casting : Michaël Laguens
Effets spéciaux : Olivier Afonso
1er assistant réalisateur : Paul-Henri Belin
Choregraphe : Alain Figlarz
Directeur de production : Marie-Laure Merriaux
Directeur de la photographie : Julien Meurice
Costumière : Priscilla Van Sprengel
Chef décorateur : Jérémy Streliski
Superviseur des effets visuels : Olivier Junquet

Casting :
Claude Perron : Aurore
Jean-Pierre Martins : Ouessem
Eriq Ebouaney : Adewale
Aurélien Recoing : Jimenez
Doudou Masta : Bola
Antoine Oppenheim : Tony
Jo Prestia : José

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