LA REVELATION : Il s’en passe de belles au TPI !

larevelationafficheLe Tribunal Pénal International de La Haye fait partie de ces institutions que l’on connaît tous de nom, mais donc on ignore généralement à peu près tout. Et bien, cette ignorance peut être comblée en allant voir la Révélation, un film dano-néerlando-allemand, où les acteurs sont eux aussi de nationalités diverses. Bref, un film vraiment européen, qui mélange film politique et film de procès.

Hannah Maynard est procureur au TPI de La Haye, en charge de l’accusation de Goran Duric, ancien général dans l’armée serbe de Bosnie, très populaire dans son pays, mais accusé de crimes de guerre. Elle compte sur un témoin, Alen Hajdarevic, mais ce dernier va être discrédité et se suicide. Elle ne se décourage pas pour autant et se rend sur place pour convaincre la sœur du défunt de venir raconter la vérité. Mais elle va vite se heurter aux réalités locales… et aux réalisés de la diplomatie internationale.

Si on oublie le contexte politique, la Révélation est somme toute très classique. Un personnage qui se bat pour faire éclater la vérité malgré des pressions et des menaces diverses est un thème très souvent mis en scène. Mais quand c’est bien foutu, on ne s’en lasse pas cela permet aisément de maintenir un suspense. Ce dernier est ici bien présent, car le film s’ancre dans le réel et on se doute bien que le film ne se terminera pas sur un happy end, mais sera plus nuancé.

La Révélation est donc aussi un film avec un véritable fond. Il cherche avant tout à mettre en lumière des réalités trop souvent dans l’ombre de notre indifférence. Il peut être vécu comme une dénonciation, car on ne peut qu’être choqué par beaucoup d’éléments, mais il constitue plutôt un témoignage. Les faits parlent d’eux-mêmes, Hans-Christian Schmid a su éviter le lourdingue d’un film trop à charge au prix de l’objectivité. Il y’a une thèse dans ce film, mais elle est présentée avec discernement et sang-froid.

larevelationL’articulation entre ces deux dimensions était peut évidente à réaliser, car l’une est du ressort du divertissement, l’autre de l’information. Alors, La Révélation, nouvel avatar de l’infortainement ? Non, il s’agit plutôt d’une sorte de documentaire romancé, démarche beaucoup moins contestable intellectuellement. Le film ne dénonce pas pour divertir, il se sert de l’intrigue comme d’un vecteur. Du coup, le film reste agréable à suivre tout en étant particulièrement intéressant.

Cependant, niveau réalisation, la Révélation reste tout de même du cinéma de seconde zone. On est plus proche du bon téléfilm que de Kubrick. Ce n’est pas forcément handicapant en soi, l’intérêt est ailleurs, mais cela l’exclut des grands films « politiques », comme JFK ou la Liste des Schindler. On saluera néanmoins la belle performance de Anamaria Marinca, que l’on avait pu découvrir dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le film roumain primé à Cannes. L’actrice néo-zélandaise, Kerry Fox, qui interprète la procureur livre elle une performance honnête, sans être enthousiasmante.

La Révélation nous plonge dans un sujet qui valait une telle mobilisation internationale. Mais trop limitée artistiquement, il en restera au stade du bon film intelligent qui mérite d’être vu, sans pour autant constituer du grand cinéma.

Fiche technique :
Réalisateur : Hans Christian Schmid
Scénariste : Hans Christian Scmid et Bernd Lange
Directeur de la photographie : Bogumil Godfrejow
Monteur : Hansjörg Weißbrich
Compositeur : The Notwist
Ingénieur du son : Patrick Veigel
Chef décorateur : Christian M. Goldbeck
Costumière : Steffi Bruhn

Casting :
Kerry Fox : Hannah Maynard
Anamaria Marinca : Mira Arendt
Stephen Dillane : Keith Haywood
Rolf Lassgard : Jonas Dahlberg
Alexander Fehling : Patrick Färber
Kresimir Mikic : Alen Hajdarevic
Tarik Filipovic : Mladen Banovic
Steven Scharf : Jan Arendt
Joel Eisenblätter : Simon Arendt
Wine Dierickx : Jule Svensson

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