ALICE AU PAYS DES MERVEILLES : La nouvelle merveille de Tim Burton

aliceaupaysdesmerveillesafficheLe Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton a profondément divisé l’opinion à sa sortie. De mon côté, j’avais plutôt retenu les avis défavorables, alors je m’y suis rendu avec une certaine appréhension. Et bien, au final, j’ai été…roulement de tambour…suspense intense…insoutenable même… je sais je suis cruel… et sinon il fait beau chez vous ?…quoi ? vous attendez ?… oui mais quoi ?…ah oui, c’est vrai, ma réaction…enthousiasmé !

Alice Kingsleigh est désormais une jeune fille de 19 ans, qui a tout oublié du Pays des Merveilles où ses rêves l’entraînaient enfant. Son entourage imagine pour elle une vie tout ce qu’il y’a de plus conformiste. Devant une proposition en mariage qui ne l’enthousiasme guère, elle s’enfuit dans les bois à la poursuite d’un étrange lapin. Ce dernier la guide vers un monde qui l’attend comme la sauveuse, alors que la Reine Rouge y a pris le pouvoir et y fait régner la terreur. Mais la jeune fille souhaite surtout se réveiller et quitter ce monde qu’elle pense imaginaire.

De mon point de vue, Alice au Pays des Merveilles confirme, qu’après Sweeney Todd, le grand Tim Burton est bien de retour. Oubliés les Planète des Singes et autres Big Fish à moitié ratés plus qu’à moitié réussis. Il nous offre ici du beau et du grand cinéma, spectaculaire et grandiose, passionnant et imaginatif. Bon bien sûr, il s’est quelque peu réapproprié un mythe pour le recuisiner à sa sauce. Mais le plat est savoureux, alors ne crachons pas dans la soupe. Ok, j’arrête là les métaphores culinaires.

En fait, le titre de ce film est un peu usurpé. Il aurait du s’appeler le retour d’Alice ou Alice 2, la revanche… En tout cas, ce n’est pas du tout une adaptation des romans de Lewis Caroll mais une histoire originale qui se situerait plus tard. Un peu comme le Hook de Spielberg avec Peter Pan. Alors après évidemment, les puristes peuvent crier au scandale, je l’ai déjà fait pour d’autres choses, mais ce coup-ci, ça ne m’a absolument pas dérangé.

Tim Burton a donc posé son empreinte sur Alice au Pays des Merveilles et en a fait une histoire beaucoup plus sombre, à des années-lumières du dessin-animé de Walt Disney. Evidemment, on peut encore une fois trouver ça quelque peu contraire à l’esprit de l’histoire originale, mais on va clore le débat pour le reste de cette critique si vous le voulez bien. En fait, ce film est surtout fait de contrastes entre les différents décors, parfois apocalyptiques, parfois hyper colorés. C’est ce qui fait sa richesse, surtout que chacun est hyper travaillé et regorge de détails savoureux.

De toute façon, me direz-vous, on ne pouvait pas trop attendre de Tim Burton un film bâclé visuellement. Là, ça n’aurait pas été une déception mais un cataclysme. Il n’a pas eu lieu. Mais pour faire un grand film, il faut aussi une grande et belle histoire. Le scénario de Alice au Pays des Merveilles est plein de rebondissements, de surprises, de rythme, d’aventures, le tout parcouru par un vrai souffle épique. On pourra éventuellement lui reprocher un léger manichéisme, mais c’est souvent le propre des épopées.

aliceaupaysdesmerveillesAlice au Pays des Merveilles nous offre une galerie particulièrement fournie de personnages. Parmi les « gentils », on retrouve bien sûr Alice, interprétée par la jeune Mia Wasikowska, qui fait preuve d’une vraie personnalité. Son rôle prend surtout de l’épaisseur au fur et à mesure que s’avance l’histoire, que sa confiance en elle grandit. L’affection que l’on ressent pour elle grandit en parallèle avant un final où tout cela prendre sa pleine dimension.

Son principal compère à l’écran est évidemment Johnny Depp, l’acteur de toujours de Tim Burton (d’ailleurs, ses deux plus mauvais films furent ceux où la collaboration cessa… allez, je m’abstiendrai de faire une remarque sur Ewan McGregor dans Big Fish). Son personnage de Chapelier Fou manque peut-être un tantinet de subtilité, mais il le sublime avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. Elément comique et fantaisiste dans cet univers assez sombre, il a parfois du mal à trouver le ton juste, mais sa performance reste néanmoins formidable.

Les « méchants » ne s’en laissent pas compter avec un duo Helena Bonham Carter et Crispin Glover, alias la Reine Rouge et le Valet, dont la relation ambiguë constitue l’élément le plus subversif de ce film. Cela reste ténu, mais empêche Alice au Pays des Merveilles de n’être qu’un pur divertissement spectaculaire. Helena Bonhman Carter est également en train de devenir une des actrices fétiches du réalisateur et c’est tant mieux, vu son immense talent.

Enfin, un Tim Burton ne serait pas un Tim Burton dans la musique de Danny Elfman. Cette dernière est peut-être un peu plus discrète qu’à l’habitude, mais elle n’en constitue pas moins une nouvelle preuve de l’immense talent de ce compositeur.

Alice au Pays des Merveilles peut sans doute dérouter par une réécriture du mythe quelque peu éloigné de l’original. Mais il n’en reste pas moins un grand Tim Burton, et donc un grand moment de cinéma.

P.S : Inutile de voir ce film en 3D. Il n’a pas été pensé pour cela et ça se voit ! N’est pas Avatar qui veut…

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Tim Burton, Joe Roth, Jennifer Todd, Suzanne Todd, Richard D. Zanuck
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Linda Woolverton, d’après l’oeuvre de Lewis Carroll
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Karen O’Hara, Peter Young
Son : William B. Kaplan
Musique : Danny Elfman
Effets spéciaux : Michael Dawson
Maquillage : Susan Stepanian
Directeur artistique : Stefan Dechant, Tim Browning, Todd Cherniawsky, Andrew L. Jones, Mike Stassi, Christina Ann Wilson
Durée : 109 mn

Casting :
Mia Wasikowska : Alice
Johnny Depp : le Chapelier Fou
Helena Bonham-Carter : la Reine Rouge
Anne Hathaway : La reine Blanche
Crispin Glover : la Valet
Tim Pigott-Smith : Lord Ascot
Lindsay Duncan : Helen Kingsleigh
Frances de la Tour : la Tante Imogène
Matt Lucas : Tweedledee / Tweedledum

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