POUR UNE GOUVERNANCE MONDIALE

mondeLes deux grandes guerres mondiales qui ont déchiré l’humanité au cours du XXème siècle a fait prendre conscience à l’humanité de la nécessité d’une gouvernance mondiale. La Société des Nations, puis l’Organisation des Nations Unies, le Fond Monétaire International, l’Organisation Mondiale du Commerce sont nés de cette volonté de prendre des décisions en commun à la plus grande échelle qui soit. L’Europe a même été plus loin avec la construction de l’Union Européenne, une démarche d’intégration volontaire entre différents Etats souverains, ce qui constitue une première dans l’histoire de l’humanité.

Cette construction d’une gouvernance mondiale semble depuis au moins 20 ans bloquée. Bien sûr, l’UE s’est encore élargie, mais elle semble irrémédiablement engluée dans le problème de la définition de ses institutions, ce qui empêche toute autre avancée majeure. La dernière guerre en Irak a montré que l’autorité de l’ONU reste une vue de l’esprit. Le cycle des négociations de Doha à l’OMC ne semble jamais vouloir aboutir.

Pourtant, jamais le besoin d’une telle collaboration ne s’est fait ressentir avec autant de force. La crise que nous venons de connaître a démontré, s’il en était encore besoin, que les problèmes économiques se posent désormais à l’échelle mondiale. La lutte contre le réchauffement climatique est également un domaine où les frontières telles qu’on les connaît est une notion qui n’a guère de sens. Mais comment régler de tels problèmes quand il est impossible d’apporter des solutions à l’échelle où ils se posent ?

Ce blocage regrettable et désolant prend sa source à plusieurs niveaux. Déjà, et ce n’est pas la moindre des explications, l’humain est un animal un peu crétin sur les bords. Il est surtout souvent égoïste, hypocrite et a la fierté mal placé. Bref, c’est quand même dommage de lui avoir confié le sort de notre planète. Mais bon, la nature humaine n’a pas fondamentalement changé depuis 50 ans alors ce n’est pas suffisant pour tout expliquer. La raison le plus fondamentale repose sur le fait que le cadre institutionnel international a été bâti pour un monde qui n’existe plus, où les Etats-Unis et l’URSS étaient les seuls à peser vraiment, avec quand même des strapontins pour l’Europe qui possédait encore des colonies. Le monde a depuis changé dans une proportion incomparable avec l’évolution de ses institutions. Et ce n’est pas le léger rééquilibrage des votes au FMI qui va fondamentalement changer les choses.

On voit clairement avec l’Union Européenne que modifier le fonctionnement d’une institution pour intégrer de nouveaux partenaires ayant un poids réel est une tâche posant des difficultés quasi insolubles. A l’échelle du monde, prendre en considération le poids croissant de la Chine, l’Inde, le Brésil et bien d’autres est un défi qui ne semble pas près d’être relevé. Et tant que cela ne sera pas le cas, il est peu probable que les enjeux globaux soient traités efficacement.

Faut-il pour autant désespérer ? Je ne crois pas car tous ceux qui président la mort de l’UE ou de l’ONU n’ont, à mon sens, pas vraiment le sens des échelles de temps. Ces coopérations internationales se sont mis en place de manière incroyablement rapide sous le coup de l’émotion de la Seconde Guerre Mondiale. Mais ceci représente une vraie révolution à l’échelle de l’histoire humaine, il est normal que tout ne se fasse plus aussi simplement, une fois l’émotion retombée.

Et puis, les dirigeants des deux dernières décennies sont nés et ont grandit à une époque charnière. Ils n’ont pas connu les horreurs de la guerre, mais ont encore connu « le monde d’avant », avec ces colonies et sa domination écrasante de l’Occident. Contrairement à moi, ils n’ont pas eu en tête, enfant, qu’un jour il n’y aurait plus qu’un seul pays à la place de la CEE. C’était une idée naïve, mais qui m’a forcément marqué. Espérons donc que, dans la lignée d’un Obama, les dirigeants des années qui viennent auront intégré la nécessité absolue d’une collaboration à l’échelle internationale.

Et espérons surtout que les électeurs l’auront en tête. La participation aux dernières élections européennes a montré que la partie est encore loin d’être gagnée.

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