AJ AUXERRE, LE MIRACLE PERMANENT

ajauxerreQuelque soit le classement final de l’AJ Auxerre à la fin de ce championnat, elle aura réussi une saison magnifique, au-delà de toutes les espérances formulées en début de saison. Certains parleront même de miracle. Mais dans l’Yonne, le miracle se répète depuis près de 30 ans.

Longtemps, la réussite exceptionnel de ce club sorti de nul part au début des années 80 a été lié à un seul homme, Guy Roux. Il a fait d’Auxerre une des plus petites communes championne de France, mais aussi demi-finaliste de Coupe d’Europe. Sa présence à ce niveau, avec une telle constance, est donc une hérésie sportive, mais surtout économique. Pourtant à chaque saison un peu difficile, où on annonce le début de son déclin, succède une saison où l’AJA joue les premiers rôles.

Auxerre a bâti son succès en grande partie sur une double réussite. Réussite de sa formation d’abord, longtemps parmi les plus performantes de l’hexagone, voire d’Europe. Elle était l’élevage de champions caricaturés par les Guignols. Mais c’était aussi une vraie culture du recrutement malin avec des joueurs de classe internationale comme Enzo Scifo, Alain Roche ou encore Laurent Blanc, qui sont venus se ressourcer à des époques où leur carrière connaissait un creux. Chacun d’eux a brillé sous le maillot auxerrois et ont su mener la jeune garde les entourant vers les sommets du classement.

Mais le plus étonnant dans le parcours de l’AJA cette saison, c’est que ce qui a fait son succès pendant 25 ans a quasiment disparu, sans pour autant voir le club plonger. Guy Roux fait désormais parti du passé du club, le centre de formation a perdu bien de sa gloire. Reste une science du recrutement qui ne faiblit pas, avec une trouvaille comme Jelen ou un ancien international comme Pedretti, dont beaucoup doutait de la capacité à retrouver son niveau d’antan. C’est aussi une volonté de faire confiance à un entraîneur sur le long terme qui porte ses fruits cette saison. Jean Fernandez, à défaut de gros moyens, a eu le temps de travailler et de bâtir son équipe pour la mener à la lutte pour le titre.

Le parallèle avec Nantes, qui a longtemps partagé la même culture, est édifiant. Quand le club de Loire-Atlantique n’en finit pas de sombrer, Auxerre affiche une santé sportive éclatante. L’un a su parfaitement négocier le virage du départ de Guy Roux, quand l’autre ne s’est jamais vraiment remis du départ de Suaudeau puis Denoueix. L’un a su évoluer tout en gardant ses valeurs, l’autre s’est perdu dans un modèle de fonctionnement aux antipodes de sa culture et de ce qui a fait sa gloire.

Sans doute un jour, Nantes retrouvera les sommets et Auxerre rentrera dans le rang. Mais d’ici là, on ne peut que continuer à admirer ce club qui fait beaucoup avec peu. Ah si seulement, ma carte bleue pouvait faire pareil…

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