SUMMER WARS : Matrix à Gosford Park

summerwarsafficheMalgré mon goût prononcé pour l’animation nipponne, Summer Wars est une nouvelle fois un film que je n’avais, à la base, pas du tout prévu d’aller voir. L’affiche, les images que j’avais pu en voir ne me donnaient pas spécialement envie. Puis, j’ai vu à quel point les critiques étaient élogieuses, ma curiosité a été piquée, j’ai creusé un peu la question et découvert que l’histoire avait l’air quelque peu différente de ce que j’avais pu imaginer. Je me suis donc laissé tenté et je ne l’ai pas du tout regretté.

Kenji, jeune lycéen timide mais surdoué en mathématiques, est recruté par la plus jolie fille de l’école, Natsuki, pour venir passer 4 jours auprès de la famille de cette dernière, un clan très ancien, au milieu de la campagne japonaise et les aider à organiser le 90ème anniversaire sa grand-mère. Mais elle lui a caché qu’elle comptait avant tout sur lui pour se faire passer pour son fiancé. Le soir de son arrivée, il reçoit un mystérieux e-mail chiffré. Le lendemain, Oz, sorte de mélange entre Facebook et Second Life, se retrouve piraté et plonge le monde dans un chaos inattendu.

Vous l’aurez compris, Summer Wars est un film aux facettes multiples. Une sorte de rencontre entre Matrix et Gosford Park, entre chronique familial et aventures dans le cyber-space. Ca peut dérouter quelque peu, j’avoue que cela m’a laissé longtemps circonspect, mais au final l’articulation entre les deux se fait très bien. Les différents aspects s’enrichissent mutuellement pour nous offrir un bouquet original, même si chaque fleur est plutôt classique. L’intensité du récit va crescendo et sur la fin, on rentre vraiment totalement dans cette histoire inattendue.

Ne croyez pas que Summer Wars soit réservé aux geeks. Certes, il compte de nombreuses références à la cyberculture, mais n’en est pas pour autant un sous-produit. Ce n’est pas un film pour initiés, remplis de codes mystérieux et incompréhensibles pour le plus grand nombre. Ce n’est pas non plus un amas de clichés pondus par des auteurs qui ne connaîtraient pas bien leur sujet. C’est simplement une histoire, proche du film catastrophe, résolument moderne et ancrée dans la culture de son époque.

Summer Wars est aussi un film sur la famille, version Japon traditionnel. On y retrouve le face à face classique entre l’ancêtre respecté et le fils prodigue. Mais là encore, le film replace tout ça dans un contexte très moderne et la confrontation entre ce modèle clanique ancien et le Japon occidentalisé est au cœur du scénario. La grande force de ce film repose sur le fait que tous ces éléments sont réappropriés pour former une œuvre vraiment originale et non simplement repris tels qu’on les a déjà vus mille fois.

summerwarsSummer Wars est un mélange d’humour et d’action typiquement japonais. Un Occidental peut parfois être dérouté par ces grimaces ou cette bouffonnerie parfois vraiment premier degré à des moments quelques fois surprenants. Mais cela était déjà vrai dans le cinéma nippon classique, Kurosawa au premier chef, on le retrouve dans le cinéma d’animation moderne, avec évidemment toutes les possibilités offertes par les effets « cartoons ».

Visuellement, Summer Wars est un film d’animation nippon très classique. Pas de délires visuels à la Miyazaki, mais un aspect « dessin » totalement assumé. On ne cherche pas ici à imiter la réalité, mais à nous raconter une histoire sous forme de dessins animés. L’animation est fluide, les personnages ne se ressemblent pas (ce qui est parfois le défaut des dessins-animés nippons) et leurs yeux sont moins immenses que d’habitude. Bon, pour autant, ils ne ressemblent en rien à des Japonais, mais ça, ce n’est pas demain la veille que cela va changer.

Summer Wars est donc une très bonne surprise. Un film d’animation riche, aux thèmes multiples traités avec intelligence. Bref, un très bon film.

Fiche technique :
Réalisation : Mamoru Hosoda
Animation : Yoshiyuki Sadamoto, Hiroyuki Aoyama, Shigeru Fujita, Kunihiko Hamada et Kazutaka Ozaki
Chef décorateur : Youji Takeshige
Ingénieur du son : Yasuyuki Konno
Opérateur : Yoshio Obara
Compositeur : Akihiko Matsumoto
Monteur : Shigeru Nishiyama
Directeur artistique : Youji Takeshige

Casting :
Ryunosuke Kamiki : Kenji Koiso
Patrick Mölleken : Takashi Sakuma
Yoji Tanaka : Yorihiko

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