PETITS MEURTRES A L’ANGLAISE : Cible plus trop émouvante

petitsmeurtresalanglaiseafficheAu bout d’environ 30 secondes de Petits Meurtres à l’Anglaise, je me suis dit « tiens, ça ressemble beaucoup à Cible Emouvante »… Au bout de 5 minutes, je n’avais plus aucun doute sur le fait qu’il s’agissait là d’un remake… Bon, il m’aurait suffit de me renseigner un tant soit peu avant d’aller voir ce film pour le savoir, mais voilà, j’aime en savoir le moins possible avant d’aller au cinéma. Mais malheureusement, si le premier film de Pierre Salvadori est un de mes films préférés, celui-ci ne restera pas gravé dans les mémoires.

Victor Maynard est une légende vivante dans le monde très fermé des tueurs à gage britanniques. D’ailleurs, il affiche le flegme et l’élégance typiques des sujets de sa Majesté. Cependant, le jour où son chemin croise celui de la jeune et belle Rose, arnaqueuse hors paire, sa main tremble pour la première fois et il finit même par protéger celle qu’il doit assassiner.

L’échec de cette version british repose sur un seul constat : Bill Nighty, que j’adore pourtant, n’est pas tout à fait Jean Rochefort. Je ne dis pas ça par patriotisme cinématographique, mais en toute objectivité. L’acteur anglais n’a pas le charisme suffisant pour porter à lui seul un film sur ses épaules. Lui qui brille tant en tant que second rôle ne convainc malheureusement pas qu’il puisse vraiment sortir de ce registre.

A côté de ça, il y’a eu un vrai travail pour angliciser au maximum le scénario, les personnages et l’ambiance en général. Ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Cible Emouvante (les pauvres, comme je les plains !) auront peut-être envie de qualifier Petits Meurtres à l’Anglaise de comédie typiquement britannique. Il est vrai que l’absurde de certaines situations, le contraste entre le flegme du tueur et l’énergie débordante de sa « victime » et les personnages de truands tous très typés, voire caricaturaux, donne à ce film un petit air de Snatch ou de Be Happy. Mais voilà, une traduction dénature forcément une œuvre et donc le film a perdu ici une grande partie du charme qui habitait la version originale.

petitsmeurtresalanglaisePourtant, du charme, il y’en a dans Petits Meurtres à l’Anglaise, en la personne de Emily Blunt que l’on avait découvert dans Le Diable s’Habille en Prada. Elle arrive à soutenir la comparaison avec la regrettée Marie Trintignant, qui occupait son rôle dans la version originale. Mais son petit numéro lasse vite et ne justifie pas à lui tout seul une heure et demi de film. Les fans d’Harry Potter seront peut-être heureux de voir que Ruppert Grint a définitivement passé la puberté. Mais bon, malgré ses efforts évidents, on ne peut s’empêcher de s’écrier « oh mais c’est Ron ! » à chacune de ses apparitions à l’écran.

Vous l’aurez compris, si Petits Meurtres à l’Anglaise m’a surtout déçu par la comparaison que je n’ai pu m’empêcher de faire avec l’œuvre dont il est le remake. Du coup, je suis peut-être un peu sévère avec ce film tout de même drôle par moments, sympathique toujours et globalement distrayant. Mais c’est dur d’ignorer le fait qu’il y’avait moyen de faire beaucoup mieux que ça avec cette idée de base, Cible Emouvante en est la preuve.

Je ne sais donc pas si je dois conseiller d’aller voir Petits Meurtres à l’Anglaise. Mais en tout cas, je conseille à tout le monde de voir ou revoir Cible Emouvante.

Fiche technique :
Production : Studio 36, Isle of Man film, Matador pictures, Cinema Four, Regent Capital, Magic Light Pictures
Distribution : Rezo Films
Réalisation : Jonathan Lynn
Scénario : Lucinda Coxon, d’après le film Cible émouvante de Pierre Salvadori
Montage : Michael Parker
Photo : David Johnson
Décors : Caroline Greville-Morris
Son : Patrick Owen
Musique : Michael Price
Durée : 98 mn

Casting :
Bill Nighy : Victor Maynard
Emily Blunt : Rose
Rupert Grint : Tony
Rupert Everett : Ferguson
Eileen Atkins : La mère de Victor
Martin Freeman : Dixon
Gregor Fisher : Mike 

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