UN GRAND VAINQUEUR POUR UN GRAND TOUR

contadorschleckA 27 ans, Alberto Contador a remporté son troisième Tour de France. Avec également un Tour d’Italie et un Tour d’Espagne à son palmarès, il fait désormais partie des grands, des très grands. Bien sûr, certains n’oublient pas les soupçons qui ont pu peser sur lui au début de sa carrière quant à ses liens présumés avec le trop fameux docteur Puerto. Mais cela n’enlèvera rien à la beauté du Tour de France que nous venons de vivre.

Ce Tour fut le plus beau depuis bien des années. Beau déjà parce qu’il fut extrêmement disputé. Le duel entre Alberto Contador et Andy Schleck fut riche en rebondissements, avec un beau numéro d’échange de maillot jaune à plusieurs reprises. Mais les deux hommes étaient trop proches l’un de l’autre pour que l’un prenne réellement le dessus sur l’autre. Se battre à coup de 10 secondes par ci, par là, peut paraître mesquin. Le duel final dans la montée du Tourmalet a peut-être déçu puisqu’il n’a pas modifié la situation d’un iota. Mais il a surtout opposé deux très beaux champions et délivré beaucoup de promesses pour les années qui viennent. On l’oublie trop souvent, mais à défaut de maillot jaune, Andy Schleck a ramené le maillot blanc du meilleur jeune à Paris. Et Contador est guère plus vieux !

Ces écarts si faibles au général tiennent aussi du fait qu’il n’y ait eu qu’un seul contre-la-montre individuel d’envergure lors de ce Tour de France. Il est évident que si on était revenu à la formule deux longs contre-la-montre, plus un contre-la-montre par équipe, le scénario de la course aurait été très différent. Cela nous rappelle que le cyclisme devient vraiment beau quand il oppose deux coureurs les yeux dans les yeux, presque épaule contre épaule. En vélo, on ne court pas après un chronomètre mais avant tout contre ses adversaires. Il ne s’agit pas d’arriver le plus vite, mais le premier. Même s’il n’est évidemment pas question de se passer de cet exercice qui fait partie intégrante de l’histoire du cyclisme, espérons simplement que les organisateurs sauront à nouveau limiter l’importance des contre-la-montres dans les prochaines éditions.

Ce Tour fut aussi beau par les nombreuses victoires, souvent avec panache, des coureurs français. Bien sûr, aucun d’eux n’a pu jouer le moindre rôle au général, mais il vaut mieux gagner deux étapes avec brio comme Chavanel que de suer sang et eau pour finir 7ème, ce dont personne ne se souviendra. Ces victoires furent aussi la récompense d’une philosophie de course basée sur l’offensive et la prise de risque, et on ne peut que s’en réjouir.

Bref, vivement l’été prochain !

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