BIENVENUE AU 19ème SIECLE

misereLes bras m’en sont tombés ce matin. J’ai vraiment eu du mal à le croire, mais c’est bien vrai. L’UMP nous prépare pour la rentrée un projet de loi donnant une responsabilité pénale aux parents par rapport aux délits commis par leurs enfants. Tout cela pour lutter contre la permissivité des parents qui laissent leurs rejetons devenir des graines de délinquants.

Nous revoilà plongé en plein 19ème siècle ! Quand la législation considérait la misère comme un délit. On considérait les classes les plus pauvres de la société comme responsables de leur condition, du fait de la déliquescence de leur valeur morale. On ne parlait pas de chômage, mais d’oisiveté. Comme si la misère était un choix…

Evidemment, ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on est un délinquant. Certains choisissent avec les armes de l’éducation et du travail, beaucoup sont résignés et effectivement, il en est qui décident de rejeter les règles de base d’une vie en société qui semble devoir ne rien pouvoir leur apporter. Bizarrement, étant né dans un milieu favorisé, à l’abris du besoin, entouré de modèles de réussite professionnel, je n’ai jamais été tenté par une carrière en dehors des chemins de la légalité…

Le 20ème siècle a heureusement peu à peu pris en considération le fait que lutter contre la délinquance passe avant tout par la lutte contre la misère. Les politiques répressives ne font que cacher les symptômes mais ne font parfois qu’aggraver la maladie. Le 21ème part malheureusement sur d’autres bases, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy.

Pourquoi un tel retour en arrière idéologique ? Premièrement, notre Président est issu d’un milieu intellectuel qui cherche avant tout à justifier des privilèges dont ils ont hérités. Son discours sur le fait que les habitants de Neuilly méritaient d’y habiter était en tout point consternant. Mais il y’a une deuxième idée derrière tout ça, encore plus détestable. La sociologie des couches plus défavorisés de notre société a changé depuis le 19ème siècle. Elles sont aujourd’hui largement composées d’immigrés ou d’enfants d’immigrés, voire même des petits-enfants. Dans cette loi immonde, il y’a une vraie volonté raciste de s’attaquer à l’influence supposée négative de ces populations sur notre société. Un racisme qui se cache de moins en moins dans ce gouvernement, même s’il était bien présent depuis le début.

Pour conclure un petit poème de Jean-Louis Chautard et Gérard Grandjean :

Misère, misère!
C’est toujours sur les pauvres gens
Que tu t’acharnes obstinément
Misère, misère
ça sera donc toujours les salauds qui nous bouff’ront
L’caviar sur l’dos
Misère, misère!
Tu te fais l’ennemie des petits
Tu te fais l’alliée des pourris
L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres
Ce qui est la moindre des choses
Convenons-en
Convenons-en
Misère, misère!
Peut-être qu’un jour ton président
Sentant monter notre colère
Misère, misère!
Devant les peuples sans frontières
Alors il s’en mordra les dents
Misère, misère!
Tu repartiras d’où tu viens
En emportant tous tes chagrins
Et j’te..
L’argent fera bien le bonheur des pauvres
C’qui sera la moindre des choses
Convenons-en
Convenons-en!

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