LES DERNIERS JOUR DU MONDE : Un OVNI sans fond

lesderniersjoursdumondeafficheJe ne suis pas le dernier à faire des reproches au cinéma français, mais ces derniers concernent généralement bien plus la forme que le fond. En effet, depuis la mort de Max Pecas, il n’y a plus qu’Eric et Ramzy pour nous offrir des films qui en soient totalement dénué. Alors j’aurais pu, j’aurais du m’enthousiasmer pour les Derniers Jours du Monde, un film particulièrement original sur la forme, mais qui, au fond, n’a pas grand intérêt.

Sur fond d’apocalypse nucléaire et bactériologique tout proche, Robinson Laborde continue à penser à Laetitia pour lequel il a quitté sa femme. Mais alors que le danger approche et que la panique gagne le monde entier, il est obligé de fuir. Cependant, fuit-il vraiment ou bien continue-t-il de la chercher ?

Bon, soyons clairs, quand je parle de forme, je veux parler du support narratif à travers lequel s’expriment les relations entre les personnages et leurs réflexions… de fond forcément. Je trouve souvent que le cinéma hexagonal nous offre des films au propos intéressant, mais beaucoup trop déconnecté d’une intrigue solide pour que l’on s’y intéresse pleinement pendant une bonne heure et demi minimum.

Dans les Derniers Jours du Monde, c’est exactement l’inverse. Ce contexte apocalyptique, dans un monde totalement contemporain, est réellement surprenant et offre aux frères Larrieu une grande liberté scénaristique. Mais attention, ce film n’est pas une seule seconde un film fantastique, mais un vrai film où les personnages, leur psychologie et leurs états d’âme constituent tout l’intérêt du scénario. Ou plutôt, pour le coup, son manque d’intérêt car, je dois bien l’avouer, cette histoire de recherche de l’amour perdu ne m’a pas du tout intéressé. Du coup, je n’ai ressenti que très peu d’attachement aux personnage et suis resté totalement indifférent à leur sort.

Restent cependant quelques scènes assez étonnante comme cette soirée de fin du monde entre notables, sortie d’orgie décadente et apocalyptique. Les frères Larrieu sont connus pour parsemer leurs œuvres d’une dose non négligeable d’érotisme, quelque soit leur casting. A première vue, Mathieu Almaric, Sergi Lopez, Karin Viard et Catherine Frot ne constituent pas vraiment le quatuor auquel on penserait spontanément pour cela. Mais en matière de direction d’acteur à contre-emploi, ou du moins un emploi inattendu, les Derniers Jours du Monde recèle effectivement quelques bonnes surprises.

lesderniersjoursdumondeEn effet, au-delà de son originalité intrinsèque, les Derniers Jours du Monde brillent par sa distribution. Le quatre acteurs que je viens de citer sont tous étonnants dans des rôles que l’on aurait pas forcément imaginés taillés pour eux. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai pour Mathieu Almaric que l’on sait à l’aise et génial, partout, tout le temps, même quand le film n’est pas très bon. Par contre, Cathrine Frot est absolument épatante et nous prouve bien qu’il n’est pas besoin d’avoir le physique de Megan Fox pour dégager charme et sensualité.

Les Derniers Jours du Monde reste un film unique et tout de même brillamment réalisé. Cependant, le manque d’intérêt suscité par une intrigue qui manque de corps et s’étire en longueur gâche cet OVNI cinématographique qui aurait pu facilement devenir un film culte.

Fiche technique :
Production : Soudaine compagnie, Arena films, Mallerich fims
Distribution : Wild Bunch distribution
Réalisation : Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu
Scénario : Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu, d’après les romans de Dominique Noguez
Montage : Annette Dutertre
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Ana Alvargonzales, Riton Dupire-Clément
Musique : Léo Ferré, Bertrand Burgalat, Manuel De Falla, Daniel Darc
Costumes : Caroline Tavernier
Durée : 130 mn

Casting :
Mathieu Amalric : Robinson
Catherine Frot : Ombeline
Karin Viard : Chloé
Sergi Lopez : Théo
Clotilde Hesme : Iris
Omahyra Mota : Laetitia
Jacques Nolot : Dr Abeberry
Sabine Azéma : Marquise d Arcanges

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