SALT : Sidney Bristow est une petite bite !

saltafficheCertains l’auront déjà compris, mais il y’a une pouffe en moi qui sommeille. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il y’a même carrément une féministe. Un féminisme qui s’est pour l’instant essentiellement manifesté par un amour immodéré de la série Alias et de son inoubliable personnage principal, Sydney Bristow. Ok, peut-être que le sourire de Jennifer Garner jouait un rôle dans cette affection sans borne, mais l’élément déterminant était avant tout le plaisir de voir une frêle jeune femme mettre de grosses patates dans la figure de grands costauds patibulaires. La féministe que je suis s’est donc réveillée devant Salt face à qui Alias ressemble à une bagarre de cours de récré.

Evlyn Salt, agent de la CIA, vient de passer trois ans dans les geôles nord-coréennes. Elle semble donc au-dessus de tout soupçon, avant qu’un agent russe souhaitant vendre des informations l’accuse de travailler en fait pour le Kremlin. Mais sa réaction et son évasion spectaculaire deviennent vite pour tous une preuve de sa culpabilité.

Salt, en dehors du sexe de son personnage principal, est en fait un film extrêmement classique, entre Rambo et James Bond, avec une pincée de géopolitique de pacotille. Un prétexte surtout pour assister à de belles scènes d’actions, des poursuives échevelées et quelques concours de tirs, où l’acuité des protagonistes semblent bizarrement donner dans le tout ou rien. Le tout est ici réalisé avec efficacité, mais guère d’imagination.

Il serait pourtant injuste de ma part de nier tout intérêt au scénario. Cette histoire d’agent double, triple, voire quadruple, est parfois un peu cousue de fil blanc. Mais voilà, au moment du rebondissement final, je me suis fait avoir comme un bleu. Si j’y avais réfléchi un peu plus intensément, j’aurais pu me douter de ce que les scénaristes nous réservaient, mais porté par l’action, je me suis totalement laissé surprendre. Du coup, Salt m’a quand même laissé une impression globalement favorable.

saltEt puis, Salt vaut aussi pour son personnage principal. Bon, ce genre de l’espion proche du surhomme est un poncif du cinéma, mais il porte rarement des talons hauts. Certains exploits d’Evelyn Salt sont encore plus improbables que James Bond rattrapant un avion en vol. Mais ce qui compte ici, c’est leur caractère spectaculaire, on n’est pas ici pour assister à l’exposé d’une thèse sur les effets de la gravité. Certains trouveront peut-être que les scènes d’action se ressemblent quelque peu, mais elles s’enchaînent avec assez de rythme pour que le spectateur n’ait vraiment pas le temps de s’ennuyer.

Salt a été écrit pour Angelina Jolie, qui occupe l’écran 95% du temps. Elle confirme ici qu’elle est bien la première actrice à n’avoir rien à envier à ses collègues masculins quand il s’agit de porter un film de pure action sur ses épaules. Et avec un physique comme le sien, en plus, elle sait garder un charme tout ce qu’il y’a de féminin. Les amateurs d’interprétations remarquables préféreront la revoir dans un Cœur Invaincu ou l’Echange, mais on pourra au moins lui décerner le prix de la polyvalence.

Salt ne révolutionnera pas le film d’action. Mais il reste un divertissement bien foutu et distrayant, largement bonifié par la présence à l’écran d’Angelina Jolie.

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Relativity Media, Di Bonaventura Pictures, Wintergreen Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing
Réalisation : Phillip Noyce
Scénario : Kurt Wimmer
Montage : Stuart Baird, John Gilroy, Steven Kemper
Photo : Robert Elswit
Décors : Scott Chambliss, Leslie E. Rollins
Son : Paul Hsu
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : CIS Vancouver, Lola Visual Effects, Phosphene
Directeur artistique : Teresa Carriker-Thayer
Durée : 100 mn

Casting :
Angelina Jolie : Evelyn Salt
Liev Schreiber : Ted Winter
Chiwetel Ejiofor : Peabody
Hunt Block : le président des Etats Unis
Daniel Olbrychski : Vassily Orlov
August Diehl : Mike Krause
Daniel Pearce : Orlov jeune

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