CASABLANCA : J’ai enfin visité Casablanca !

casablancaafficheCertains films semblent pour moi frappés d’une malédiction qui m’empêchent inlassablement de les voir. Casablanca en faisait partie… Mais grâce à Arte et à mon antique magnétoscope, j’ai pu enfin triompher de la bête et du démon et découvrir après tant d’années ce chef d’œuvre du 7ème art. Un des plus grands classiques du cinéma qui n’a pas pris une ride…ou si peu…

Rick Blaine, américain, est le patron d’un night-club de Casablanca pendant l’occupation allemande. Il reste au maximum en dehors des tensions et des conflits qui règnent entre collaborateurs et résistants. Sa neutralité va cependant être mise à mal par l’arrivée de Ugarte, un petit truand qui lui confie, avant de mourir, deux précieux sauf-conduits, permettant à n’importe qui de partir pour l’Amérique. Mais aussi celle de Ilsa avec qui il avait vécu une intense histoire d’amour quelques années plus tôt à Paris.

Casablanca reste avant tout le plus grand rôle de Humphrey Bogart, ce qui n’est évidemment pas peu dire. Son charisme, son regard, sa voix à nuls autres pareils ont fait de lui l’archétype du mâle, du pur, du vrai. Le personnage de Rick Blaine est sans doute celui dans lequel il s’incarna le plus parfaitement. Sa présence irradie l’écran comme peu d’acteurs dans l’histoire du cinéma ont pu le faire. Il n’y a rien de spectaculaire dans son jeu, jamais de grimaces ou d’élans dramatiques expansifs. Mais il est là et c’est bien suffisant.

Mais delà de Bogart lui-même, c’est le couple qu’il forme avec Ingrid Bergman qui a propulsé à jamais Casablanca dans la légende du 7ème art. Deux monstres sacrés réunis à l’écran pour un moment inoubliable de cinéma, échappé d’un temps, avant les effets spéciaux et le numérique, où les acteurs et les actrices étaient à la base de tout. Un temps où les stars faisaient réellement rêver et n’étaient jamais photographiées complètement saoules ou seins nus dans de la presse à bas prix.

Bon, arrêtons un peu la séquence nostalgie, surtout que même ma mère n’était pas née à l’époque où Casablanca est sorti au cinéma. Revenons un peu à cette histoire, car il y’en a une, indépendamment de ses protagonistes. Sans un grand scénario, ce film n’aurait évidemment pas autant marqué l’imaginaire collectif. Pour aboutir à la scène finale de l’aéroport, une des plus célèbres de l’histoire, il aura fallu bien des rebondissements, des revirements et des trahisons. Histoire d’amour, politique, instinct de survie, devoir, les motivations des personnages sont nombreuses et s’entremêlent et bien souvent s’entrechoquent, avant un dénouement légendaire.

casablancaCasablanca est aussi une ambiance. Bien sûr, tout cela fait un peu carte postale. Un univers recrée depuis l’autre côté de l’Atlantique dans un monde en guerre. Il cherche à nous faire pénétrer au cœur de la petite société coloniale et occidentale de Casablanca, où tout le monde se connaît, mais où, en ces temps troublés, tout le monde peut trahir tout le monde. Le film se déroule en grande partie dans le night-club tenu par Rick Blaine, en endroit dédié à l’amusement et à la détente, mais où bien d’autres choses se jouent, à une époque où il était bien difficile de garder l’esprit à la bagatelle.

Casablanca est à la fois un chef d’œuvre intemporel et un film bien dans son époque. Par le sujet bien sûr déjà, mais aussi évidemment par une manière de filmer et de diriger les acteurs qui n’ont évidemment plus court aujourd’hui. Cela va bien au-delà de l’emploi du noir et blanc. Mais le cinéma est un art vivant qui a connu des évolutions techniques et artistiques et un chef d’œuvre rester un chef d’œuvre pour toujours.

J’ai donc bouché un gros trou dans ma culture cinématographique en voyant enfin Casablanca. Il me reste encore bien des cavités à combler, alors, même si je ne le ferai jamais aussi bien que Bogart, je prends mon air de mâle dominateur et sûr de lui pour vous dire à bientôt !

Fiche technique :
Réalisation : Michael Curtiz
Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch d’après la pièce Everybody Comes to Rick’s de Murray Burnett et Joan Alison
Photographie : Arthur Edeson
Montage : Owen Marks
Direction artistique : Carl Jules Weyl
Costumes : Orry-Kelly
Musique : Max Steiner
Production : Hal B. Wallis (producteur) et Jack Warner (producteur délégué)
Sociétés de production : Warner Bros. et First National Pictures
Société de distribution : Warner Bros.
Budget : 1 039 000 $
Format[4] : Noir et blanc – Son monophonique (RCA Sound System) – 1,37:1 – 35 mm
Genre : Drame romantique
Durée : 102 minutes
Pays d’origine : États-Unis
Dates de sortie :
États-Unis : Avant-première à New York le 26 novembre 1942. Sortie nationale le 23 janvier 1943
France : 23 mai 1947

Casting :
Humphrey Bogart : Rick Blaine
Ingrid Bergman : Ilsa Lund
Paul Henreid : Victor Laszlo
Claude Rains : Capitaine Renault
Conrad Veidt : Major Strasser
Sydney Greenstreet : Señor Ferrari
Peter Lorre : Ugarte
S. Z. Sakall : Carl
Madeleine Lebeau : Yvonne
Dooley Wilson : Sam
Joy Page : Annina Brandel
John Qualen : Berger
Leonid Kinskey : Sascha

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