BEIGNETS DE TOMATES VERTES : Succulents beignets

beignetsdetomatesvertesafficheParler de tolérance, d’amitié, d’amour et de partage est évidemment tout à fait respectable, pour ne pas dire salutaire. Mais centrer un film sur ces sujets oblige souvent à marcher sur un fil. En effet, la frontière entre le beau et le cucul est souvent étroite et les meilleures intentions se terminent souvent en résultat tout ce qu’il y’a de plus indigeste. Beignets de Tomates Vertes n’échappe pas à numéro d’équilibriste, mais bascule heureusement du bon côté.

Evelyn est une femme entre deux âges, comme on dit. Avec ses kilos en trop, son mari plus souvent intéressé par ses matchs de base-ball à la télé que par son corps, elle ne sait pas trop quelle direction donner à sa vie. Par hasard, elle fait la connaissance de Ninny Threadgoode, une fringante octogénaire. Une grande amitié va se nouer entre les deux femmes, alimentée par les récits de Ninny sur sa jeunesse. Et surtout, celle de sa sœur, Idgie, et sa meilleure amie Ruth Jamison.

Beignets de Tomates Vertes est un film que j’avais envie de voir depuis sa sortie en 1991. J’avais alors douze ans, mais j’imagine que le titre m’avait alors intrigué. C’est donc près de vingt ans d’attente qui viennent de prendre fin. Et en deux décennies, j’ai eu le temps d’imaginer tout plein de choses sur ce film, dont, en fait, je ne savais absolument rien. Du coup, il avait pris une dimension mythique et si finalement, mon enthousiasme n’est pas total, c’est peut-être que j’en attendais trop.

Je vais donc m’efforcer de rester totalement objectif sur ce film qui reste tout de même un grand classique du mélo. Beignets de Tomates Vertes nous raconte donc deux histoires en parallèle. Si c’est le passé qui occupe la majeure partie des deux heures dix, l’amitié entre Evelyn et Ninny constitue tout de même un élément important. L’un ne pourrait aller sans l’autre et ce sont les ponts jetés entre les deux époques qui en font toute son originalité et tout son intérêt.

L’histoire d’Idgie et Ruth est un vrai beau récit, qui nous plonge dans l’Amérique profonde des années 30, époque où il était dur d’être une femme et encore plus d’être noir. Le film prend ici le forme d’une saga familiale qui s’étale sur plus d’une décennie. Une forme très classique donc, mais qui évite tous les clichés du genre. Encore une fois, cette partie est vraiment réussie et jamais une seule seconde ne semble proche de basculer du côté obscur du cucul la praline.

beignetsdetomatesvertesLe récit contemporain et la quête d’identité, elle, fonctionne peut-être un tantinet moins bien. Certes, il faut la prendre au second degré pour apprécier pleinement l’humour qui la parcourt. Mais il faut avouer que, comme Evelyn attendant avec impatience la suite des récits de Ninny, le spectateur attend lui aussi que l’intrigue nous rapatrie vers le passé. Mais bon heureusement, Evelyn est interprété par l’immense et talentueuse Kathy Bates, alors on ne passe pas non plus un mauvais moment.

Ce qui fait la force de Beignets de Tomates Vertes, c’est le très fort attachement que l’on ressent pour l’ensemble des personnages. Des personnalités fortes, faisant preuve d’un réel courage dans leur quête de l’affirmation de soi, qui n’est jamais une aventure de tout repos. Le tout est porté par une quatuor d’actrices réellement remarquable. Je ne reviendrais pas sur le cas Kathy (même si bon, depuis Misery, on a du mal à ne pas redouter qu’elle casse les jambes de son interlocuteur…), mais saluerai très bas mesdames Mary Stuart Matherson, Mary-Louise Parker et Jessica Tandy pour leurs magnifiques performances.

Beignets de Tomates Vertes est un vrai beau film, traitant remarquablement de sujets graves, tout en gardant un vrai souffre d’optimisme et d’espoir. Un film pour toutes les féministes, mais pas que…

Fiche technqiue :
Réalisation : Jon Avnet
Scénario : Fannie Flagg et Carol Sobieski
Musique : Thomas Newman
Décoratrice : Barbara Ling
Directeur artistique : Larry Fulton
Directeur de la photographie : Geoffrey Simpson
Costumes : Elizabeth McBride
Chef monteuse : Debra C. Neil
Producteur : Jordan Kerner
Assistants réalisation : Deborah Love et Jeff Rafner
Date de sortie française : 23 septembre 1992
Film américain
Format : Super 35, 35 mm, 1.85:1 (couleurs, son Dolby Surround)
Genre : comédie dramatique
Durée : 131 minutes

Casting :
Kathy Bates : Evelyn Couch
Mary Stuart Masterson : Idgie (Imogen) Threadgoode
Mary-Louise Parker : Ruth Jamison
Jessica Tandy : Ninny Threadgoode
Cicely Tyson : Sipsey
Chris O’Donnell : Buddy Threadgoode
Stan Shaw : Big George
Gailard Sartain : Ed Couch

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