FAIR GAME : Vérités manipulées

fairgameafficheJe pense que quasiment tout le monde a désormais compris qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, contrairement à ce qu’a affirmé, contre vents et marées, l’administration Bush. S’il y’en encore qui ont quelques doutes, ils peuvent aller voir Fair Game, qui nous plonge au cœur des processus de manipulation de l’opinion et surtout de la vérité, orchestrés depuis la Maison Blanche.

Valerie Plane est une brillante analyste et agente de terrain de la CIA, spécialisée dans la non-prolifération nucléaire. Chargée d’apporter des preuves sur l’existence d’un programme d’armement en Irak, elle ne peut que conclure que rien ne donne à penser qu’une telle chose puisse exister. Et quand son mari, Joe Wilson, ancien ambassadeur, lui-même impliqué dans l’enquête de sa femme, décide de prendre la plume pour attaquer le discours officiel, l’administration décide de jeter la réputation de sa femme aux chiens et surtout de révéler sa vraie profession, grillant ainsi sa couverture et ses missions en cours.
 
 
Du coup, Fair Game est un film vraiment intéressant, si ce n’est qu’il développe une théorie que l’on connaît déjà très bien. Il n’y a pas de révélations dans ce film, qui ne nous apprend rien de nouveau. Certes, on en apprend un peu plus sur les rouages exactes de la manipulation, mais comme je l’ai dit, le tout n’est pas traité avec assez de recul et d’objectivité pour que l’on puisse prendre ça pour argent comptant.

fairgameL’autre aspect développé dans Fair Game est les relations au sein du couple Valerie Plane – Joe Wilson, qui évidemment est bien chahuté par la tempête médiatique à laquelle il est exposé. Cet aspect là aussi est un peu mi-figue, mi-raisin. D’un côté, on retrouve le discours très hollywoodien sur l’importance des valeurs familiales à l’américaine. Aucune surprise de ce côté là, voire même un peu d’exaspération chez le spectateur. Mais d’un autre côté, la performance du duo Sean Penn – Naomi Watts est à l’origine d’une large part de l’intérêt que l’on peut porter à ce film. Deux acteurs au sommet de leur art et de leur maturité. Il est évidemment que sans eux, le film aurait sombré définitivement du côté obscur.

Fair Game est donc un film largement prévisible dans le fond. Mais la forme en fait tout de même un film où on ne s’ennuie pas, à défaut d’être passionné par le propos. La réalisation de Doug Liman n’est pas la plus imaginative qui soit, mais elle prouve que même un second couteau hollywoodien est capable de faire preuve d’assez d’efficacité pour divertir un large public.

Paradoxalement, Fair Game n’est pas forcément à conseiller à ceux que le sujet passionne. Sûrement pas un grand film politique ou sentimental, mais un divertissement tout de même très intelligent et pas si mal foutu que ça.

Fiche technique :
Production : River Road Entertainment, Participant Media Imagenation Abu Dhabi, Zucker pictures, Weed Road pictures, Hypnotic
Réalisation : Doug Liman
Scénario : Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, d’après Fair Game de Valerie Plame Wilson et The Politics of Truth de Joseph Wilson
Montage : Christopher Tellefsen
Photo : Doug Liman
Décors : Jess Gonchor
Distribution : UGC Distribution
Musique : John Powell
Costumes: Cindy Evans
Durée : 106 mn

Casting :
Naomi Watts : Valerie Plame Wilson
Sean Penn : Joseph Wilson
Sam Shepard : Sam Plame
Bruce McGill : Jim Pavitt
David Andrews : Lewis Libby 

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