LA PRINCESSE DE MONTPENSIER : Dialogues et escrime désespérants

laprincessedemontpensierafficheAh les films de capes et d’épées de notre enfance. Du temps où Le Bossu, le Capitan ou les Trois Mousquetaires passaient tous les ans à la télé, où Jean Marais nous donnait envie de nous mettre à l’escrime. Il est loin ce temps et le genre est un peu tombé en désuétude. Bertrand Tavernier aurait pu le faire renaître avec sa Princesse de Montpensier. Au-lieu de ça, il signe un mélo tristounet.

Marie de Mézières est promise au plus jeune des fils du Duc de Guise, alors qu’elle est amoureuse de son frère aîné. Mais son père change subitement d’avis et la marie finalement au Prince de Montpensier. Elle part alors vivre sa vie de Princesse dans un château loin de tout, et surtout de la guerre qui fait rage. Cependant, la sagesse qu’elle semble avoir acquise n’a en rien diminué l’extraordinaire pouvoir qu’elle exerce sur les hommes.

Pour sa Princesse de Montpensier, Bertrand Tavernier s’est donné les moyens de réussir. Casting brillant, costumes et décors splendides et un classique de la littérature comme base pour le scénario. Le succès semblait inévitable, mais il est passé totalement à côté. C’est un vrai gâchis, surtout que ce n’est pas forcément l’essentiel qui cloche, mais trop de détails constituant autant de tue l’amour.

Pour moi, le plus gros défaut reste la prestation d’une médiocrité à peine croyable des acteurs. Même Lambert Wilson déclame son texte plus qu’il ne le joue, comme s’il faisait partie d’une troupe de théâtre amateur, écumant les MJC de Poitou-Charentes (je n’ai rien contre les MJC du Poitou-Charentes, j’aurais pu tout aussi bien choisir n’importe quelle autre région, mais je trouvais que ça sonnait bien). Il faut dire que les acteurs ne sont pas vraiment aidés par les dialogues. Ca sonne comme du mauvais théâtre classique et on peut être à peu près sûr que personne sur terre n’a jamais parlé comme ça. Je dirais bien aussi beaucoup de mal de Gaspard Ulliel, mais j’en pensais déjà beaucoup, alors ça serait trop facile.

laprincessedemontpensierUn autre élément qui ne fonctionne pas, mais alors pas du tout, ce sont les scènes de combats ou de batailles. On y croit autant qu’à l’élection de Raymond Domenech au titre de personnalité française la plus populaire. En ayant l’air de manier une épée comme une manette de Wii, Lambert Wilson arrive tout de même à occire une bonne demi-douzaine d’adversaires qui l’attaquent un par un avec la lenteur d’un escargot après une entorse. Et je ne vous parle même pas du Duc de Guise qui se ballade à cheval au milieu d’un champ de bataille où tout le monde semble ravi de se faire tuer par lui.

Il ne reste plus donc qu’une histoire d’intrigues amoureuses à tiroir, vu le nombre impressionnant de prétendants que possèdent la belle Marie de Montpensier. Elle aurait pu posséder une certaine grandeur et une réelle noblesse si les défauts que je viens de citer ne la privait du moindre souffle. On au bien du mal à croire à tous ces élans amoureux qui s’expriment par des mots totalement improbables. Les personnages portent de bien beaux costumes, certes, mais c’est tout de même loin d’être suffisant.

La Princesse de Montpensier constitue donc une lourde déception. Pour une fois qu’un film français se donnait les moyens d’être visuellement spectaculaire, il a fallu que le reste apparaisse comme bâclée et prête plus à rire qu’à s’enthousiasmer. Dommage.

Fiche technique :

Production : Paradis Films, Pandora Filmproduktion, France 2 cinéma
Réalisation : Bertrand Tavernier
Scénario : Bertrand Tavernier, Jean Cosmos, François-Olivier Rousseau, d’après la nouvelle de Mme de La Fayette
Montage : Sophie Brunet
Photo : Bruno de Keyzer
Décors : Guy-Claude François
Distribution : StudioCanal
Musique : Philippe Sarde
Durée : 139 mn

Casting :
Mélanie Thierry : Mademoiselle de Mezieres
Lambert Wilson : Comte de Chabannes
Gaspard Ulliel : Duc de Guise
Grégoire Leprince-Ringuet : Prince de Montpensier
Raphaël Personnaz : Duc d’Anjou
Michel Vuillermoz : Duc de Montpensier

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