BURIED : Claustrophobes s’abstenir !

buriedafficheParfois un réalisateur a une idée un peu folle. Une idée qui semble saugrenue et dont il est tentant de penser qu’elle ne se transformera jamais en film digne d’intérêt. Raconter une histoire en montant les scènes dans un ordre chronologique inverse ? Vous n’y pensez pas… Et pourtant, cela a donné Memento, le premier chef d’œuvre de Christopher Nolan. Tournez un film qui se passerait uniquement à l’intérieur d’un cercueil, uniquement éclairé au briquet ou à l’écran de portable ? Inimaginable… Pourtant Rodigro Cortes l’a osé et nous offre ce formidable Buried.

Paul Conroy est chauffeur de poids-lourd en Irak. Après que son convoi ait été attaqué, il reprend connaissance enfermé dans un cercueil, enterré sous une bonne couche de sable. Son seul lien avec le monde extérieur : un téléphone portable dont la batterie n’est pas éternelle.

Pour Buried, Rodigro Cortes a du faire face à deux défis. Le premier est relativement technique. Comment varier les plans dans un espace aussi exiguë ? Essayez de prendre en photo sous différents angles une pièce de dimension modeste et vous comprendrez très vite les difficultés rencontrées.

Mais le défi va ici encore plus loin. Il ne s’agit pas uniquement de nous montrer ce qui se passe, mais de nous faire partager les angoisses du personnage. Et à ce niveau, la réussite est au rendez-vous. Buried est un film à déconseiller à toute spectateur atteint de claustrophobie. Le film s’appuie énormément sur cette peur relativement primale. Rodigro Cortes n’est pas le premier à s’y essayer, mais il pousse le concept à l’extrême, tout en gardant une parfaite maîtrise. Il ne s’agit pas d’un film expérimental, mais simplement d’une idée audacieuse exploitée à son maximum. L’espace, la lumière et le son sont totalement appréhendés pour servir le propos du réalisateur.

buriedLe second défi consistait dans l’écriture d’un scénario qui nous offre assez de rebondissements pour maintenir l’intérêt du spectateur du bout en bout. C’était sans doute là la clé qui pouvait faire basculer Buried d’un côté ou de l’autre de la réussite. Sans être génial dans son contenu, le scénario déploie assez d’intelligence pour que le challenge soit parfaitement relevé. Son plus grand mérite réside dans sa capacité à faire monter la pression peu à peu jusqu’à un final de toute beauté. Cette histoire n’était sûrement pas facile à conclure et une fin ratée aurait pu tout gâcher. Heureusement, il n’en est rien, bien au contraire.

Rarement un film n’aura reposé autant sur un seul acteur. Dans le cercueil, il n’y a pas de place pour deux et Ryan Reynolds est le seul acteur apparaissant à l’écran. Il dialogue avec d’autres acteurs qui ont prêté leur voix aux personnages qu’il a bout du fil, mais à l’image, on ne voit que lui. Là aussi, il y’avait un vrai challenge et qui est encore une fois relevé avec une grande réussite. Ce n’est pas la plus grande performance d’acteur du siècle, mais vue la promiscuité entre le personnage et le spectateur, il valait mieux que l’interprétation soit porteuse d’un minimum de talent.

Buried fait donc partie de ces films qui marquent, parce que réellement uniques. Alors quand ils sont en plus très réussis à tout point de vue, cela donne une de perle cinématographique de l’année.

Fiche technique :
Production : Versus Entertainment, The Safran Company, Dark Trick Films, Studio 37
Distribution : Rezo films
Réalisation : Rodrigo Cortés
Scénario : Chris Sparling
Montage : Rodrigo Cortés
Photo : Eduard Grau
Musique : Victor Reyes
Effets spéciaux : Alex Villagrasa
Durée : 95 mn

Casting :
Ryan Reynolds : Paul Conroy

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