C’EST LEUR CHOIX

russieqatarLe choix du pays organisateur d’une grande compétition sportive repose très souvent sur des critères aussi subjectifs que mystérieux. Enfin mystérieux, c’est une façon poli pour dire que des paramètres politiques et surtout financiers rentrent en jeu et font passer parfois au second plan les qualités « techniques » des dossiers de candidature. La France est très bien placée pour le savoir et garde toujours en travers de la gorge la défaite de Paris face à Londres pour l’organisation des JO de 2012.

La FIFA vit des heures difficiles avec de lourds soupçons de corruption pesant sur certains de ses membres. L’attribution de l’organisation des Coupe du Monde de 2018 et 2022 pouvait constituer l’occasion de montrer que la gouvernance du football mondial restait entre de bonnes mains sportives, et non purement financières. Pour le coup, c’est raté.

Le choix de la Russie peut éventuellement se justifier. Il s’agit quand même du plus grand pays du monde par sa superficie et il n’a encore jamais organisé cette compétition. Cependant, son dossier était loin d’être le meilleur, les infrastructures nécessaires étant pour beaucoup à ce jour inexistantes. Alors on peut arguer que, justement, l’organisation de la Coupe du Monde sera l’occasion pour ce pays de se doter de ces infrastructures qui serviront bien au-delà de la compétition. L’argument est recevable. Par contre, ce qui prête à sourire, c’est de savoir que le favori anglais a été discrédité par des accusations de corruption. Choisir à sa place un pays gangrené par ce même fléau n’est guère rassurant.

Par contre, le choix du Qatar est absolument injustifiable. Quelle est la légitimité de ce pays pour organiser une telle compétition ? Sportive ? Historique ? Démographique ? Sûrement pas. Le seul atout du Qatar, c’est son argent, l’argent du pétrole. Un argent qui servira à payer des stades climatisés. Quelle ironie que ce choix se soit fait en pleine conférence sur le climat à Cancun ! Le pire reste tout de même un des arguments mis en avant par les Qatari. En 2022, la FIFA en face d’elle les mêmes interlocuteurs… En gros, votez pour nous car ne nous sommes pas une démocratie. On croit rêver…

On a beaucoup tapé sur les joueurs de l’Equipe de France sous prétexte qu’elle vivait loin des réalités quotidiennes, les conduisant à agir avec un cynisme sans nom. Mais le choix de la Russie et du Qatar nous montre bien que c’est tout le football qui vit dans sa bulle. Une bulle gonflée à l’argent. Et on sait comment se finisse toujours ce genre de bulle… Par une crise sévère et violente.

 

 

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