ANGELE ET TONY : Un peu d’amour dans ce monde de brutes

angeleettonyafficheAngèle et Tony, voilà bien un film à côté duquel j’ai failli passer. Pas de bande-annonce, pas de campagne marketing, pas de stars au générique, juste un affiche qui ne me donnait guère envie. Cette dernière sentait le film ennuyeux au pathos lourdingue à plein nez. Mais heureusement, le bouche à oreille a fonctionné et c’est avec plaisir que j’ai pu voir ce film, bourré d’optimisme et d’amour.

Angèle sort de prison et cherche à récupérer son fils, qui vit chez ses beaux parents. Elle se débrouille comme elle peut pour joindre les deux bouts. Un jour, suite à une petite annonce matrimoniale, elle rencontre Tony, un marin qui lui propose finalement un boulot plutôt que de l’amour. Deux êtres pas vraiment destinés l’un à l’autre mais qui vont finir par nouer des liens inattendus.

Le synopsis et les premières minutes de Angèle et Tony ne font pas vraiment penser que ce film puisse être une comédie romantique… Bon déjà parce que ce n’est pas une comédie romantique, au sens où on l’entend habituellement, mais une belle histoire d’amour qui nous montre que l’on peut trouver le bonheur même si on n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche.

Angèle et Tony est donc un film résolument optimiste et rafraîchissant. Les personnages ne finissent pas par gagner au loto au son de violons enthousiastes. Ils ne leur arrivent au final rien d’extraordinaire, rien qui les fasse changer de vie. Une histoire n’a pas besoin de finir mal pour être crédible. Le film véhicule une vraie émotion, mais avant tout il donne le sourire et le cœur léger.

Angèle et Tony possède tout de même un vrai fond social, mais on reste quand même loin de Ken Loach. Ou alors le Ken Loach optimiste de Looking for Eric. Il ne s’agit pas vraiment pas ici d’un film sur les difficultés économiques que connaissent les marins-pêcheurs, sur la réinsertions des anciens détenus ou sur le combat d’une mère pour récupérer la garde de son enfant. Ce sont bien des éléments de l’intrigue, mais jamais Alix Delaporte ne s’y appesantit. Le film nous parle de gens « modestes » sans insister sur ce point. Bref, il faut bien qu’une histoire de se situe dans un milieu social, alors pourquoi pas celui-là plutôt qu’un autre.

angeleettonyIl faut cependant bien le reconnaître, tout cela contribue à notre attachement aux personnages et à notre envie de les voir accéder au bonheur. A la fois, si tout était facile pour eux, il n’y aurait même pas de film. Mais comme pour le scénario, les protagonistes ne restent pas focalisés sur leurs problèmes et décident d’avancer et de vivre leur vie. Pas d’optimisme béât non plus, juste des gens de la vraie vie vraie, qui n’ont rien de winners implacables ou de losers pathétiques.

Ces deux personnages principaux d’Angèle et Tony sont magnifiquement interprétés par le duo Clotilde Hesme, une valeur montante du cinéma français, et Grégory Gadebois, une valeur sûre, qui quitte là son statut d’éternel second rôle pour tenir avec brio le haut de l’affiche. Deux révélations parfaitement dirigées par Alix Delaporte qui signe là un premier film remarquablement réussi.

Angèle et Tony constitue donc une des premières vraie bonne surprise de cette année 2011 qui, avouons-le, commence plutôt doucement. Un film qui donne de la joie et du baume au cœur. Ca fait quand même du bien parfois !

Fiche technique :
Production : Lionceau films, Cinécinéma
Distribution : Pyramide distribution
Réalisation : Alix Delaporte
Scénario : Alix Delaporte
Montage : Louise Decelle
Photo : Claire Mathon
Décors : Hélène Ustaze
Musique : Mathieu Maestracci
Durée : 87 mn

Casting :
Clotilde Hesme : Angèle
Grégory Gadebois : Tony
Evelyne Didi : Myriam
Jérôme Huguet : Ryan
Antoine Couleau : Yohan
Patrick Descamps : le grand père
Patrick Ligardes : le conseiller d’insertion
Lola Duenas : Anabel 

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