TRON L’HERITAGE : C’est beau, mais c’est bien tout, mais c’est déjà pas mal

tronlheritageafficheQuelques fois, je me demande s’il n’y a pas des personnes à Hollywood employées spécialement à chercher de quel film n’a-t-on pas encore fait de suite. Le jour où j’ai appris qu’ils s’apprêtaient à s’attaquer à Tron, j’ai trouvé que c’était une idée fort saugrenue. Un remake, encore, j’aurais été moins surpris. Mais 30 ans après, alors que ce film figure dans la liste des tournants certes historiques, mais dont la qualité artistique est contestable (L’Arrivée du Train en Gare de la La Ciotat, Le Chanteur de Jazz, la Tunique…), en voilà une drôle d’idée. Mais pourquoi pas…

Sam Flynn est un jeune homme un peu rebelle, mais surtout le fils de Kevin Flynn. Ce dernier a disparu mystérieusement il y a de nombreuses années, alors qu’il était, semble-t-il, sur le point de réaliser une avancée historique dans le domaine de la réalité virtuelle. Son fils et quelques fidèles ne veulent croire en sa mort, alors que la société Encom est devenue une entreprise commerciale de la pire espèce. Mais quand Alan Bradley, son ancien collègue et créateur du programme Tron, reçoit un message sur son antique bipeur, semblant provenir de l’ancien bureau de Kevin, ils reprennent espoir.

Tron l’Heritage porte très bien son nom. En effet, au lieu de réinventer l’univers du premier volet, il lui rend un hommage constant, multipliant les références plus ou moins cachées. A tel point qu’on se demande vraiment si ça n’aurait pas été plus intelligent de carrément faire un remake, si c’était pour nous proposer ainsi les mêmes moments cultes. Les combats de disque lumineux et la course à moto sont à nouveau présents, sans vraiment être révolutionnés. C’est simplement plus beau, plus spectaculaire, plus grandiose, plus tout en fait, à part plus imaginatif.

En fait, Tron l’Héritage déçoit pas un scénario manquant totalement de profondeur et d’originalité. Certes, on ne s’attendait pas à une intrigue à la Christopher Nolan, mais tout de même. On a là le minimum syndical, pour ne pas dire le niveau zéro de l’ambition. C’est prévisible, sans grande intelligence, ni grand intérêt en fait. Les personnages ne brillent pas spécialement par leur charisme et Kevin Flynn, passé d’ado geek à vieux sage zen, a perdu entre temps un peu de son capital sympathie.

Tron l’Héritage fait donc exactement comme son géniteur. Il mise tout sur l’aspect visuel. Alors oui, c’est beau, vraiment beau, assez beau pour en faire un film digne d’intérêt. Mais on est très loin de la révolution de 1982 ou celle d’Avatar. L’univers crée est intéressant, ampli d’une certaine grandeur. Le travail esthétique est réellement remarquable, souligné par une bande-son signée Daft Punk vraiment réussie et qui pourra plaire même à ceux, comme moi, que la musique électronique ne fait absolument pas grimper au plafond. Bref, ce film se laisse regarder au sens premier du terme.

tronlheritageTron l’Héritage ne rentrera sûrement pas dans l’histoire du cinéma comme le premier volet. On assiste là à un divertissement de science-fiction techniquement très réussi, mais qui tire toute sa personnalité, toute son originalité d’éléments imaginés il y a près de 30 ans. Joseph Kosinski est passé à côté de quelques choses de grand. Mais confier un tel projet à un réalisateur sans expérience (et donc plus malléable ?) montre bien que l’ambition n’était pas ce qui animait en premier lieu les producteurs. On pouvait pourtant imaginer que quelques grands noms auraient été ravis de prendre le projet en main.

Tron l’Héritage ne lèguera que très peu de choses à la légende du 7ème art. Tel le fils prodigue, il se contente de vivre sur ce qui lui a légué son père, sans chercher à créer quelque chose par lui-même. Alors on retiendra tout de même un travail esthétique époustouflant qui fait oublier à lui seul bien des faiblesses. Un film spectaculaire, mais aussi spectaculairement ordinaire, quand il aurait du être extraordinairement novateur.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Joseph Kosinski
Scénario : Eddy Kitsis, Adal Horowitz
Montage : James Haygood
Photo : Claudio Miranda
Format : 35mm, Imax
Décors : Lin Macdonald
Son : Gwendolyn Yates Whittle, Addison Teague
Musique : Daft Punk
Directeur artistique : Sean Haworth
Durée : 126 mn

Casting :
Jeff Bridges : Kevin Flynn, Chu
Garrett Hedlund : Sam Flynn
Olivia Wilde : Quorra
Bruce Boxleitner : Alan Bradley, Tron
James Frain : Jarvis
Beau Garrett : Gem
Michael Sheen : Castor, Zuse
Daft Punk : Les DJ masqués

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