QUAND CA CHANGE, RIEN NE CHANGE

mamhortefeuxNicolas Sarkozy n’avait plus le choix, au risque de traîner n boulet jusqu’en 2012. Et vu le retard qu’il a concédé pour l’instant dans la course électorale, il sait bien, en habile coureur de fond, qu’il ne peut s’embarrasser de ce genre de poids avant de porter son accélération. Il a donc évincé Michèle Alliot-Marie dans une mise en scène médiatique tout à fait déplorable.

Il n’est pas choquant de voir une Ministre des Affaires Etrangères en déplacement officiel et donc en fonction, nier avec force sa démission pourtant déjà acquise. Quelle crédibilité aurait eu sa parole à l’étranger si elle l’avait clamer haut et fort ? N’empêche tout cela renforce cette impression que tout ce cirque n’est qu’affaire d’image et d’apparence. Pour preuve, le départ de MAM, d’après la droite, ne serait pas moral, mais politique. J’adore ce genre de subtilité de langage ridicule qui ne grandit pas son auteur et n’est pas prête de réconcilier le Français moyen avec ses dirigeants.

Beaucoup plus discret médiatiquement a été l’éviction de Brice Hortefeux. Une éviction qui ne dit pas son nom puisqu’il devrait être très prochainement appelé à de hautes fonctions nous dit-on. L’ancien Ministre de l’Intérieur est entré dans la postérité en se faisant condamner deux fois pour des propos tenus alors qu’il était en fonction. Ca s’appelle un délinquant récidiviste et pour un Ministre de l’Intérieur, ça la fout quand même mal. Après, on peut tout de même se poser une légitime question : comment a-t-il pu rester aussi longtemps en poste malgré tout cela ?

A sa place Claude Géant. Un homme qui n’a jamais affronté le suffrage universel, un courtisan de l’ombre. D’autres avant lui ont occupé des postes encore plus prestigieux (Dominique de Villepin pour ne pas le citer). Vous me direz, vu le pouvoir exorbitant que possède cet homme depuis l’arrivée de Sarkozy à la Présidence, au moins, il pourra désormais l’exercer au grand jour. Si la transparence de l’action gouvernementale y gagnera, sa nomination permet surtout de se rendre compte que Sarkozy n’a en rien renoncé à être un omniprésident.

Enfin, le plus beau pour la fin. La nomination de Gérard Longuet à la Défense. A 65 ans, voilà un come-back assez inattendu pour un homme qui avait du démissionner du gouvernement Balladur suite à sa mise en examen pour le financement de son parti et accessoirement celui de sa villa. Alors certes, il a bénéficié d’un nom-lieu, mais par le double effet de la prescription d’une partie des des faits qui lui étaient reprochés et d’une loi d’amnistie. Bref, un jeune sans casserole, dont la nomination n’a aucune chance d’entretenir le sentiment du « tous pourris »…

Reste tout de même une question qui me turlupine… Qui sur Terre va se dire « Oh, mais si y a Gérard Longuet au gouvernement, je vais finalement revoter pour Sarkozy en 2012 » ? Pas grand monde à mon avis. Cela fait au moins une raison de se réjouir… mais c’est bien la seule.

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