GREMLINS : Réveillez l’enfant et le sadique qui est en vous !

gremlinsafficheAh, revoir les films cultes de son enfance-adolescence, après une abstinence d’une quinzaine d’années d’abstinence est toujours un plaisir. Madeleine de Proust quand tu nous tiens ! Après avoir fait l’acquisition du DVD de Ghostbusters il y a un an et demi, je viens tout juste d’acheter celui de Gremlins. On a toujours une petite appréhension, comme le jour où l’on revoit son amoureuse de primaires après l’avoir retrouvé sur Facebook. Mais comme les belles histoires ne peuvent jamais se terminer mal, généralement tout se passe bien.

Randall Peltzer est un inventeur dont les inventions ne fonctionnement que rarement, ce qui nuit évidemment à son compte en banque. Mais il a quand même décidé d’acheter un beau cadeau de Noël pour son fils. Il erre dans Chinatown et tombe sur une vielle boutique, où il trouve un trésor rare : un mogwai, une adorable petite créature au poil doux. Cependant, le propriétaire de la boutique refuse de le lui vendre. Une fois ressorti, Randall est rattrapé par le petit-fils du vendeur qui lui confie finalement le petit animal. Il lui rappelle surtout les trois règles absolues auxquelles il ne faut jamais déroger avec un mogwai : ne jamais l’exposer à la lumière, ne jamais le mettre en contact de l’eau et surtout ne jamais lui donner à manger après minuit.

Alors commençons par ce qui aurait pu fâcher. Naturellement, les effets-spéciaux de 1984 n’étaient pas tout à fait ce qu’ils sont aujourd’hui. Et je n’ai pas réchappé à la réflexion intérieure en revoyant Gremlins, la même que pour Ghostbusters : « Ah, je ne me rappelais pas que c’était si mal fait… ». Mais voilà, ce ne fut vraiment que l’espace d’un quart de huitième de seconde, avant de goûter à la joie de revoir cette bonne bouille de Gizmo. Evidemment, c’est une marionnette, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, mais cela lui donne un charme incomparable. Un peu comme le Yoda de la première trilogie Star Wars, qui aura toujours quelque chose que le Yoda bondissant en image de synthèse n’aura jamais. Enfin l’inverse est vrai aussi, mais là n’est pas le débat…

Gremlins a donc le charme de son âge. Et il est incontestable. Peut-être que c’est une question de génération et que mes enfants trouveront bizarre mon attachement à ce vieux film mal fait. Mais à l’époque c’était le top du top (ou presque) et je suis malheureusement assez âgé pour m’en rappeler. Alors oui, cette madeleine vaut largement autant par les souvenirs qu’elle réveille que par ses qualités cinématographiques intrinsèques, mais il n’est pas question d’oublier ces dernières.

gremlinsCar Gremlins c’est aussi, et avant tout, quelques moments d’anthologie. Comment oublier cette scène où une brave ménagère américaine défend avec un courage et une violence rares sa cuisine, envahie par ses hargneuses créatures ? Quelle belle allégorie de la défense des valeurs du rêve américain ? Bien sûr, tout cela est à prendre au second degré car Joe Dante prend un malin plaisir dans ce film à détourner les éléments constitutifs de l’American Way of Life. Ces derniers deviennent les instruments avec lesquels les gremlins s’amusent à torturer ces braves Américains moyens.

Enfin, quand je dis torturer, je tiens quand même à rappeler que Gremlins n’a rien d’un film d’horreur gore. S’il n’est pas à montrer au plus jeunes, il constitue tout de même un divertissement somme toute relativement familial. Les moins âgés prendront tout au premier degré, les adultes apprécieront cette version quelque peu dévoyée de l’esprit de Noël à l’américaine. Les plus petits aimeront les chants de Gizmo, les plus grands les rires sadiques des gremlins.

Si Gremlins a connu un tel succès et est devenu un tel film culte, c’est vraiment grâce à cette ironie jubilatoire. On ne peut s’empêcher d’être quand même au moins autant du côté des gremlins que de ces braves humains à qui il font subir les pires misères. Ah ce qu’on aimerait en avoir un ou deux sous la main, pour les envoyer discrètement chez son patron, son banquier ou sa belle-mère (au choix !). Et puis, si on gardé une pure âme d’enfant, on aimerait toujours pour garder un gentil mogwaï pour soi…

Gremlins est donc une délicieuse madeleine, qui flatte nos souvenirs d’enfance… et nos penchants les plus sadiques !

Fiche technique :
Réalisation : Joe Dante
Scénario : Chris Columbus
Production : Michael Finnell
Production exécutive : Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Frank Marshall
Musique : Jerry Goldsmith
Photographie : John Hora
Montage : Tina Hirsch
Décors : James H. Spencer
Format : Couleurs – 1.85:1 – Dolby – 35 mm
Durée : 104 minutes
Dates de sortie : États-Unis : 8 juin 1984
France : 5 décembre 1984

Casting :
Zach Galligan : Billy Peltzer
Phoebe Cates : Kate Beringer
Hoyt Axton : Randall Peltzer
Frances Lee McCain : Lynn Peltzer
Polly Holliday : Ruby Deagle
Glynn Turman : Roy Hanson
Dick Miller : Murray Futterman
Scott Brady : Le shérif
Frank

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