UNE PURE AFFAIRE : Un peu mou du genou

unepureaffaireafficheFrançois Damiens est devenu mon héros. Déjà en étant un excellent acteur, mais surtout en étant le seul à surnager lors de la dernière cérémonie des Césars, où il a réussi, contrairement à tous ses collègues, à nous faire rire. Visiblement, le salut du cinéma français vient de Belgique ! J’étais donc très heureux de le retrouver à l’affiche d’une comédie française, Une Pure Affaire. Malheureusement, il y est largement sous-utilisé dans un film qui ne décolle jamais vraiment.

David Pelame rêvait d’être Gandhi. Au final, à 40 ans, il n’est qu’un avocat sans envergure et une vie de couple qui n’atteint plus guère de sommets. Son seul bonheur, fumer en cachette pendant qu’il promène son chien. D’ailleurs, un soir, cette activité le conduit à récupérer un sac contenant une quantité non négligeable de cocaïne et un téléphone portable qui n’arrête pas de sonner. Au bout du fil, des clients attendant d’être ravitaillés. David est alors tenté de vendre la drogue et de changer de vie grâce à l’argent ainsi gagné.

Une Pure Affaire est un film sympathique, amusant, agréable, mais jamais vraiment drôle. La seule scène vraiment comique, celle où David se creuse la tête pour enregistrer un nouveau message pour le répondeur du portable, a été vu mille fois dans la bande-annonce. Cela pourrait ne pas constituer un problème si la présence de François Damiens à l’affiche ne nous faisait espérer autre chose. On connaît le potentiel comique de cet acteur et il est loin d’être pleinement exploité.

Alors bien sûr, il est parfaitement convaincant dans ce rôle de loser sympathique qui s’improvise dealer. Il nous fait d’ailleurs entrapercevoir bien des moyens de valoriser son immense talent ailleurs que dans la pure comédie. Mais voilà, Une Pure Affaire joue dans ce registre, car ce n’est pas les aspects érosion de la vie de couple ou ravage de la drogue qui lui confère le moindre intérêt. Alexandre Coffre cherche à nous faire rire et n’y réussit qu’à moitié.

Une Pure Affaire manque de rien en particulier, mais aussi d’un peu de tout. De rythme, de fantaisie, d’imagination, d’esprit de provocation et de transgression… Alexandre Coffre n’ose pas aller totalement au bout de ses idées, ne lâche jamais les chevaux. On s’attend à une montée en puissance qui ne vient jamais vraiment. Le film reste sur son traintrain qui garde l’attention du spectateur, mais ne l’enthousiasme jamais vraiment.

unepureaffaireJe lui reconnais cependant une grande maîtrise et un vrai talent dans la direction d’acteurs. Jamais son film ne part en sucette, ce qui arrive trop souvent dans les comédies. L’intrigue avance toujours et ne se voit jamais ralenti par des numéros de cabotinage lourdingue. Pour cela peut constituer un divertissement agréable lors d’une soirée pluvieuse passée devant la télé. Mais pour le grand écran, c’est un peu juste.

Si j’ai déjà évoqué la belle, mais un rien frustrante, performance de François Damiens, un mot tout de même sur les autres acteurs à l’affiche. Dans le rôle de son épouse, Pascale Arbillot est vraiment parfaite. C’est d’ailleurs sans doute elle le personnage le plus intéressant et même parfois le plus drôle. Dans le rôle du méchant, Gilles Cohen confirme qu’il est un des tous meilleurs seconds rôles français.

Une Pure Affaire constitue donc une comédie sympathique, mais assez moyenne. Un film non indispensable, mais qui peut se laisser voir à l’occasion.

Fiche technique :
Titre : Une Pure Affaire
Réalisation : Alexandre Coffre
Scénario : Alexandre Coffre d’après la nouvelle Powder de Matthew Kneale
Photographie : Guillaume Desfontaines
Montage : Sophie Fourdrinoy
Musique : Erice Neveux
Durée : 88 minutes

Casting :
François Damiens : David Pelame
Pascale Arbillot : Christine Pelame
Laurent Lafitte : Brice Teller
Gilles Cohen : Patron
Didier Flamand : Michel
Nicolas Marié : Philippe Dalambert
Aurélie Matéo : Actrice

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