MA PART DU GATEAU : Une bonne part de clichés

marpartdugageauafficheOn m’avais prévenu, mais j’y suis allé quand même, troisième ! Comme pour Route Irish, le nom de réalisateur m’a poussé à donner une chance à ce film et à me faire ma propre opinion. Et encore une fois, je dois me résigner à me ranger derrière l’avis de la majorité et dire qu’il s’agit d’un film raté. Ma Part du Gâteau sera donc un raté dans la longue et réussie carrière de Cédric Klapisch.

Stéphane est trader et vit dans un monde d’argent et de superficialité. C’est sans penser aux conséquences qu’il coule des entreprises afin de recevoir sa part du gâteau, comme il dit. A l’autre bout, il y a France, ouvrière d’une usine sur le point de fermer. Elle se décide à monter à Paris et devient la femme de ménage de Stéphane, sans se douter que c’est lui qui est à l’origine de tout ça.

Que Cédric Klapisch et Ken Loachse soient plantés en même temps a ceci d’amusant (ou pas d’ailleurs) que Cédric Klapisch est justement un peu le Ken Loach français… Voilà, c’était la minute comparaison à la con. Bon contrairement au réalisateur irlandais, notre compatriote est resté dans ce qu’il sait faire de mieux, c’est à dire le film humaniste et social… mais l’a très mal fait. Après tout, on ne peut pas toujours être dans un grand jour.

Ma Part du Gâteau est un film en trois temps. Un début qui livre plus de clichés à la minute qu’un McDo de frites en heure de pointe. Bref, on se dit que ça commence mal. Puis le film prend un peu de corps et la relation entre France et Stéphane évolue vers quelque chose que l’on se surprend à aimer, alors qu’on pouvait aisément craindre de trouver ça ridicule. Puis, vient le dénouement… Au moins, ce n’est pas tout à fait ce à quoi on pouvait attendre, c’est déjà ça. Mais avec le recul, je ne sais pas si je n’aurais pas préféré qu’ils se marient et aient de nombreux enfants plutôt que cette fin qui n’en est même pas une et qui laisse quelque peu circonspect.

En fait, ces dernières minutes sont symptomatiques de l’impasse dans laquelle Cédric Klapisch s’est retrouvé avec ce film. A part nous livrer des lieux communs et des choses que l’on sait déjà sur les traders et les ouvriers, il n’a rien à dire et se retrouve donc incapable de conclure quoique ce soit. Il tourne en rond pendant tout le film, arrivant simplement à faire monter doucement une tension sexuelle entre les deux protagonistes, auquel on s’attache de plus en plus. Puis, il sombre corps et bien dans un océan de vacuité… ou sur la plage de Dunkerque comme on veut. Ma Part du Gâteau aurait pu être un film de personnages réussi, mais il finit par exploser en plein vol après avoir eu du mal à décoller. Bref, le spectateur est loin de s’envoyer en l’air.

mapartdugateauCe n’est évidemment pas la présence de Gilles Lellouche à l’écran qui vient sauver Ma Part du Gâteau. Non qu’il ne soit pas un acteur talentueux, mais comme il est en train de supplanter Kad Merad dans le rôle de l’acteur français que l’on voit dans tous les films hexagonaux, il n’apporte plus guère de valeur ajoutée. Karine Viard est aussi une habituée des écrans tricolores, mais elle confirme encore une fois ici qu’elle est la plus sexy des femmes pas sexys. Bref, ça s’appelle le charme et ça ne s’explique pas. Ils sont bons, il n’y a rien à dire, on arrive même à croire à leurs personnages pourtant trop caricaturaux pour être vrais. Mais quand le scénario finit par leur faire faire n’importe quoi, le charme se rompt et c’est bien dommage.

Le couple Viard-Lellouche offre donc quelques moments de charme dans ce film qui n’en a guère par ailleurs. On comprend bien que le sujet ait pu passionner Cédric Klapisch. Mais malheureusement, le spectateur est, lui, guère passionné.

Fiche technique :
Production : Ce Qui Me Meut, Move Movie
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Cédric Klapisch
Scénario : Cédric Klapisch
Montage : Francine Sandberg
Photo : Christophe Beaucarne
Son : Cyril Moisson, Philippe Heissler, Cyril Holtz
Musique : Christophe Minck, Loïk Dury
Costumes : Anne Schotte
Durée : 109 mn

Casting :
Karin Viard : France
Gilles Lellouche : Steve
Audrey Lamy : Josy
Jean-Pierre Martins : JP
Zinedine Soualem : Ahmed
Raphaële Godin : Mélody
Fred Ulysse : le père de France

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