RANGO : Sergio Camelone

rangoafficheLe Far West a toujours été peuplé de personnages inoubliables et colorés. Avec Rango, ils peuvent même changer de couleur puisque ce film d’animation, hommage au western, a pour personnage principal un caméléon. Un film plutôt original qui rassemblera toute la famille, chacun y trouvant des raisons différentes de l’apprécier.

Lars rêve d’être un héros de film d’aventures, bien à l’abri dans son bocal. Mais un jour, la grande aventure, la vraie, l’attend après que son bocal soit tombé de la voiture de ses propriétaires. Il se retrouve alors en plein désert. Il finira par atteindre la ville de Dirt, frappée par une terrible sécheresse qui inquiète de plus en plus ses habitants. Notre lézard y voit surtout l’opportunité de devenir le héros enfin qu’il a toujours souhaité être. Mais en a-t-il vraiment la carrure ?

Rango plaira aux plus petits, parce qu’il reste un film d’animation à l’intrigue accessible, comporte quelques effets cartoon, un gentil attachant et des méchants. Mais ces chères petites têtes blondes (ou brunes ou rousses en fait) trouveront peut-être que le film manque quelque peu d’action, de rythme et d’humour premier degré. Il n’en est pas dénué, mais il est aussi riche de bien d’autres choses.

Rango est aussi un hommage aux classiques du genre. Entre parodie et respect des codes, il aurait pu figurer parmi les meilleurs westerns spaghetti si ses protagonistes avaient été des humains. L’ombre d’un Sergio Leone plane sur ce film, même si le résultat est évidemment très loin de ce que le maître italien a pu produire. Il y a cependant un peu de Clint Eastwood dans ce lézard… Enfin plutôt, il y a du Clint Eastwood dans ce que rêve d’être ce lézard qui fait semblant d’être Clint Eastwood… Euh, c’est clair ?

L’intrigue en elle-même est agréable sans être inoubliable. La volonté de rassembler un large public autour d’un film d’animation a sûrement empêché les auteurs de Rango de la rendre trop complexe. Cependant, l’action de déroule avec juste assez d’épaisseur pour que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Mais encore une fois, ce film est avant tout un film d’ambiance et possède ce second degré qui manquait peut-être à True Grit, le dernier film des frères Coen.

rangoVisuellement, Rango ne souffre d’aucun défaut. L’univers graphique est agréable et les personnages tous très expressifs. Humaniser des animaux est un principe aussi vieux que le cinéma d’animation lui-même, mais le travail dans ce domaine est ici vraiment remarquable. L’équipe artistique ne s’est pas contentée de mettre des habits à des animaux, ils ont cherché comment les faire réellement incarner le rôle qu’ils occupent dans le film. Un casting virtuel peut-être, mais en tout cas un excellent casting.

Gore Verbinski s’est donné les moyens de faire de Rango un succès en débauchant Johnny Depp pour doubler le personnage principal. Cela constitue une vraie valeur ajoutée car il est tout simplement parfait. Il a compris que ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un film d’animation qu’il faut brailler son texte en en faisant une tonne et demi. Il y met autant de talent et de maîtrise que s’il avait interprété ce personnage pour de vrai. Et vu le talent du bonhomme, autant vous dire que c’est un vrai bonheur.

Rango est donc une œuvre aussi agréable qu’originale. Elle ravira tous ceux qui aiment les westerns ou les films d’animation, et bien entendu encore plus ceux qui aiment les deux.

Fiche technique :
Production : ILM, Blind Wink, GK Films, Nickelodeon Movies
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Gore Verbinski
Scénario : John Logan
Montage : Craig Wood
Décors : Mark McCreery
Musique : Hans Zimmer
Directeur artistique : John Bell
Durée : 116 mn

Casting :
Johnny Depp : Rango, Lars
Isla Fisher : Beans
Abigail Breslin : Priscilla
Ned Beatty : le maire
Alfred Molina : Roadkill
Bill Nighy : Rattlesnake Jake
Harry Dean Stanton : Balthazar
Ray Winston : Bad Bill
Timothy Olyphant : L’esprit de l’Ouest

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