THE COMPANY MEN : Regarde les cadres tomber

thecompanymenafficheLa crise économique que l’on vient de connaître a profondément marqué les esprits. Le débat reste ouvert sur ses conséquences à long terme et sur l’efficacité des mesures qui ont été prises pour éviter qu’elle se renouvelle. En attendant, des millions de personnes ont été frappées de plein fouet par ses effets. Si on a beaucoup parlé des classes « populaires » (dieu que ce terme est détestable !) qui ont fini à la rue, suite à la saisie de leur maison, elle a frappé dans toutes les strates de la société, même chez les cadres. C’est ce que nous raconte The Company Men. 

Bobby Walker est à un peu moins de 40 ans. Cadre commercial dans une multinationale, il mène un train de vie que beaucoup lui envie et bat régulièrement son record au golf. Certes, la crise vient de passer et les licenciements se multiplient. Il est loin d’imaginer qu’il puisse un jour être concerné. C’est pourtant ce qui finit par lui arriver. Mais qu’importe, il est persuadé de retrouver rapidement un travail équivalent, vu son CV impressionnant. Alors pourquoi changer de train de vie ?

The Company Men est un film aux multiples qualités, mais recèlent aussi pas mal de faiblesses. Parmi ces dernières, un certain manque d’épaisseur dans le propos. Le film ne nous apprend rien, ne tire pas vraiment de conclusion et n’apporte rien de très nouveau. On est plus là en présence d’un témoignage que d’une réelle réflexion. Du coup, le film finit par tourner quelque peu en rond et avant que le dénouement ne redonne un peu de souffle à l’intrigue, il est vrai que le scénario comporte quelques longueurs.

Il y avait pourtant matière à donner à The Company Men une toute autre ampleur. En effet, ce qui est traité est traité avec intelligence, même si on aimerait que tout cela soit quelque peu approfondi. Il se fait un malin plaisir à démontrer la fragilité du rêve américain, sorte d’anti-success-story, prenant à contre pied le discours hollywoodien classique. Cependant, le dénouement apporte un trait d’optimisme, nous rappelant tout de même qu’il n’est pas encore tout à fait mort. C’est quelque peu cousu de fil blanc, mais au final, la fin est à l’image de ce film au sujet relativement grave, mais qui n’est au final, et c’est tant mieux, jamais plombant.

thecompanymenCe qui fait finalement basculer The Company Men du côté des films réussis reste la qualité de ses personnages. Comme son titre l’indique, il ne traite pas tant des causes de la crise que de ceux qui en essuient les conséquences. Cependant, il n’y a pas au final les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Chacun d’eux doit faire face à ses propres dilemmes, partagés entre solidarité et instinct de survie. C’est là la plus grande force de ce film, même si cela renforce aussi quelque peu notre frustration puisqu’on se dit qu’avec une telle base, il y avait vraiment moyen de faire quelque chose de beaucoup plus grand.

La qualité des personnages de The Company Men est également renforcé par un casting de tout premier ordre. En tête d’affiche, Ben Affleck qui n’est définitivement pas l’acteur le plus impressionnant d’Hollywood, mais dont le charisme reste incontestable. Face à lui, deux légendes du 7ème art, Tommy Lee Jones et Kevin Costner. On est heureux de voir ce dernier qui se fait de plus en plus rare sur nos écrans. En tout cas, ce beau trio tire le film vers le haut et contribue largement au sentiment finalement positif qui en ressort.

On peut reprocher à The Company Men de ne pas être le grand film qu’il aurait pu être. John Wells a sûrement manqué d’ambition, mais le sujet était difficile. Il préserve le spectateur de l’ennui, des bons sentiments gratuits et la compassion facile. Et c’est déjà pas mal !

Fiche technique :
Production : Battle Mountain films, Spring Creek productions
Distribution : Gaumont distribution
Réalisation : John Wells
Scénario : John Wells
Montage : Robert Frazen
Photo : Roger Deakins
Décors : David J. Bomba
Musique : Aaron Zigman
Durée : 104 mn

Casting :
Ben Affleck : Bobby Walker
Tommy Lee Jones : Gene McClary
Chris Cooper : Phil Woodward
Maria Bello : Sally Wilcox
Kevin Costner : Jack Dolan
Craig T. Nelson : James Salinger

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