L’AGENCE : Les rectificateurs de destin

lagenceaffichePhilipp K. Dick est un des auteurs les plus adaptés au cinéma, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. En voici une nouvelle preuve, avec l’Agence qui perpétue cette tradition. Si nous sommes très loin de la qualité d’un Blade Runner ou d’un Total Recall, nous sommes tout de même face à un film plutôt réussi qui fonctionne très bien.

David Norris est une star montante de la politique. Jeune et impulsif, il rate de peu l’élection au poste de Sénateur de New York, suite à la publication de photos compromettantes. Peu avant son discours de soir de défaite, il croise Elise qui lui inspirera un discours qui va le relancer. Trois ans après, il la croise à nouveau par hasard et en tombe définitivement amoureux. Mais cette relation est vue d’un très mauvais œil par les superviseurs de « l’Agence », chargés de veiller à ce que l’on accomplisse bien le destin qui nous est promis, et qui vont tout faire pour mettre fin à l’idylle.

Les amours contrariés constituent un excellent sujet d’histoire depuis Tristan et Iseult et Roméo et Juliette. Bon, il n’est pas sûr que l’Agence devienne aussi légendaire. Il reste un film relativement inégal, comportant de bonnes idées, mais aussi quelques moments un peu plus faibles. Heureusement, le final est plutôt réussi et nous laisse globalement sur une bonne impression. Un divertissement entre histoire d’amour, film fantastique et de science-fiction.

L’idée de départ aurait peut-être mérité un traitement plus en profondeur. Mais George Nofli a choisi de se focaliser presque exclusivement sur le couple David-Elise. On aimerait pourtant en savoir un peu plus sur cette mystérieuse Agence, ou du moins de manière moins directe. Le suspense quant à sa nature n’est guère entretenu, ce n’est pas le sujet du film. Cela a sûrement contribué à la préservation du rythme de l’intrigue, mais les amateurs du genre auraient sûrement souhaiter un autre équilibre dans le scénario.

C’est d’autant plus dommage que l’Agence tourne un peu en rond pendant le tiers central du film. Une entame prometteuse, un dénouement réussi, mais entre les deux, le film ne fait que dérouler l’idée de base que l’on a pourtant déjà bien comprise. Mais dire que l’on s’ennuie serait un jugement un peu trop sévère. Simplement, on aimerait être un peu plus surpris par une intrigue un peu trop linéaire, surtout que l’on a guère de doute sur la nature heureuse de la conclusion apportée à cette histoire.

lagenceL’Agence reste tout de même globalement un divertissement agréable par l’efficacité de sa réalisation. C’est sans fioriture, mais effectué avec assez de moyens pour que l’emballage soit largement à la hauteur du contenu. Là encore, pas vraiment de surprise, ni d’imagination débridée, mais un professionnalisme tout hollywoodien qui, à défaut d’enthousiasmer, nous permet de rentrer totalement dans cette histoire pourtant improbable.

Mais ce qui fait définitivement la différence et nous permet de pardonner sans état d’âme les faiblesse de ce film, c’est un casting solide. Matt Damon est vraiment devenu un des acteurs de premier plan d’Hollywood et sa seule présence à l’écran est gage d’une interprétation de qualité. Il ne tient pas là le rôle de sa vie, mais fait preuve de son talent et de son charisme habituel. On n’a aucune peine à croire qu’il puisse un jeune politicien populaire. Mais à ses côtés, Emily Blunt ne s’en laisse pas compter et on comprend aisément pourquoi David est prêt à tout pour vivre son amour avec elle. Enfin, Terence Stamp, en vieux routier d’Hollywood, livre une prestation parfaite en agent résolu et manipulateur.

L’Agence n’est donc définitivement pas le film de l’année. Mais il constitue un moment agréable de cinéma, auquel on pardonne aisément ses imperfections.

Fiche technique :
Production : Gambit pictures, Electric Shepherd Productions, Media Rights Capital, Universal Pictures
Distribution : Universal Pictures France
Réalisation : George Nolfi
Scénario : George Nolfi, d’après la nouvelle de Philip K. Dick
Montage : Jay Rabinowitz
Photo : John Toll
Décors : Kevin Thompson
Musique : Thomas Newman
Directeur artistique : Stephen H. Carter
Durée : 107 mn

Casting :
Matt Damon : David Norris
Emily Blunt : Elise Sellas
Terence Stamp : Thompson
Anthony Mackie : Harry
John Slattery : Richardson
Michael Kelly : Charlie Traynor
Anthony Ruivivar : McCrady
Pedro Pascal : Paul DeSanto
Shane McRae : Adrian

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