MORNING GLORY : Professionnalisme à outrance

morninggloryafficheLa fille jeune et sympa qui doit cohabiter avec un vieux grincheux, voilà un ressort comique largement éculé. Cela n’empêche pas certains de vouloir le réutiliser encore et encore. Bon, il est vrai que certaines recettes sont indémodables et leur saveur fait que l’on se moque bien de l’arrière-goût de déjà-vue. Mais dans le cas de Morning Glory, on se dit surtout qu’on aurait mieux fait d’aller dans un autre restaurant.

Becky Fuller est engagée par une chaîne de télévision nationale pour relancer leur « matinale » qui est loin derrière ceux de leurs concurrents en termes d’audience. Elle s’aperçoit vite qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné. Mais il lui en faut plus pour la décourager. Pour remonter la pente, elle force Mike Pomeroy, journaliste légendaire, lié contractuellement à la chaîne à coprésenter ce programme très orienté divertissement, qu’il méprise. Il s’agit surtout d’un vieux grincheux que ces anciens collaborateurs considèrent comme un des pires êtres humains au monde…

… mais qui se révèlera tout de même avoir bon fond. Ah diantre, j’ai en partie révélé la fin. J’en suis fort contrit. A la fois, il suffit de voir la bande-annonce pour la connaître. N’attendez aucune surprise, aucun contre-pied et surtout aucune idée politiquement incorrecte. Morning Glory est un film totalement prévisible du début jusqu’à la fin. Certes, une comédie n’a pas forcément besoin de briller de ce point de vue. Mais tout de même, un peu de d’imprévu, ça ne gâte rien.

Par contre, une comédie se doit avant tout d’être drôle. C’est quand même sa vocation première. Morning Glory l’est-il ? Oui et non… Je serais bien sévère en disant que je me suis ennuyé, mais de là à dire que j’ai vraiment ri, il y a un pas que je ne franchirai pas. Quelques éclats oui, mais rien de quoi avoir des crampes aux abdominaux. C’est au mieux amusant, mais même pas cocasse ou ironique. Il s’agit là d’un comique de situation tout ce qu’il y a de plus classique, pour ne pas dire de plus lisse.

Mais le plus énervant avec Morning Glory, c’est de voir des légendes du cinéma comme Harrison Ford et Dian Keaton se faire débaucher pour leur proposer des rôles aussi plats. Ils y mettent pourtant beaucoup de cœur, apportant tout leur talent dans la bataille. Mais il reste totalement sous-exploité et ne leur permet jamais de compenser le manque de relief de leurs personnages respectifs. Harrison Ford fait très bien le vieux grincheux, une fois, deux fois, trois fois… Ok, c’est bon, on a compris, on n’a plus qu’à attendre le moment où il va faire quelque chose de sympa… C’est censé être inattendu, sauf que ça ne l’est pas du tout.

morninggloryEn face de ces deux poids lourds, Rachel McAdams déploie une énergie folle pour rappeler que c’est quand même elle l’actrice principale de Morning Glory. Il est vrai que c’est le personnage qui veut ça, celui d’une productrice hyperactive et passionnée par son job. Mais malgré toute l’amitié que l’on a pour son visage sympathique et son talent très professionnel, elle est loin de posséder le charisme pour tirer le film vers le haut.

Morning Glory à défaut d’être une comédie vraiment drôle, aurait pu être un excellent film de personnages. Mais ces dernières ne quittent jamais les lieux communs dans lesquels le scénario les enferme. Seul petit moment de grâce, celui où les deux présentateurs vedettes commencent à s’insulter avec le sourire le plus professionnel en direct. Mais même là, on reste dans le bien propre sur soi et aucun vent de folie ou de subversion ne se met alors à souffler.

Morning Glory n’es pas la pire comédie qui soit. Mais elle reste tellement sur les sentiers balisés du professionnalisme hollywoodien qu’on préfèrera largement n’importe quel chemin un peu détourné.

Fiche technique :
Réalisation : Roger Michell
Scénario : Aline Brosh McKenna
Producteurs : J.J. Abrams et Bryan Burk
Producteurs exécutifs : Sherryl Clark et Guy Riedel
Producteurs associés : Udi Nedivi et Lindsay Paulson
Musique : David Arnold
Directeur de la photographie : Alwin H. Kuchler
Montage : Daniel Farrell et Nick Moore
Distribution des rôles : Marcia DeBonis et Ellen Lewis
Création des décors : Mark Friedberg
Direction artistique : Alex DiGerlando et Kim Jennings

Casting :
Rachel McAdams : Becky Fuller
Harrison Ford : Mike Pomeroy
Diane Keaton : Colleen Peck
Jeff Goldblum : Jerry Barnes
50 Cent : lui-même
Patrick Wilson : Adam Bennett
John Pankow : Lenny Bergman
Arden Myrin : producteur « Day Break »
Steve Park : météorologue « Channel 9 »
Vanessa Aspillaga : Anna Garcia
Lloyd Banks : lui-même
Liam Ferguson : le producteur de « Day Break News »
Reed Birney : Gouverneur Willis
Jayne Houdyshell : régisseur plateau

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