SCREAM 4 : Pas de quoi hurler de joie, mais de peur un peu

scream4afficheIl y a 15 ans (et oui, ça ne nous rajeunit pas), Wes Craven, le papa de Freddy, nous offrait Scream, un vrai faux film de serial killer, parodie filmée avec le plus grand sérieux et le plus grand talent. Pour des millions de spectateurs, un film culte qui les a fait autant rire que hurler de terreur. Dans les quatre ans qui ont suivi, le film eu droit à deux suites, plutôt réussies et qui semblaient avoir épuisé le sujet… 10 ans plus tard, Scream 4 nous confirme que cela était bien le cas.

Sydney est de retour à Woodsboro pour la sortie de son livre. Un retour qui coïncide avec l’anniversaire des évènements qui ont marqué sa vie à jamais… et le retour manifeste d’un tueur en série arborant le célèbre costume de « Ghostface ». Le cauchemar ne prendra-t-il donc jamais fin ?

Le principe de base des films de la série Scream est toujours le même. Ils suivent les codes des films d’horreur, puisque le tueur s’amuse lui-même à commettre ses crimes selon ces derniers. Cela permet donc de parodier sans se moquer, à faire rire mais sans une seule seconde oublier de nous faire sursauter à tous les coins de caméra. C’était la grande force et la réelle originalité du premier volet, enrichie par les volets suivants qui s’amusaient à démonter les codes des suites qui sont généralement donnés à ce genre de film. Wes Craven en sait quelque chose puisque son personnage de Freddy a donné naissance à près d’une dizaine de longs métrages.

Scream 4 s’attaque quant à lui aux remakes (ou reboots, terme à la mode, dont a justement bénéficié récemment… le Freddy de Wes Craven). L’idée peut sembler logique et susceptible d’apporter une vraie nouveauté. Le problème c’est qu’entre une suite et un remake, il n’y a finalement pas de si grande différence. Du coup, Scream 4 ne renouvelle que très peu les idées exploitées à l’occasion des volets 2 et 3. On ressort assez déçu car le charme de cette saga reposait justement sur cet aspect décalé et parodique, qui est largement éteint ici. La série devient ainsi elle-même victime des travers dont elle s’est toujours moquée.

Au-delà de ça, Scream 4 reste un film efficace et réalisée avec talent. Sans cette impression de déjà-vue, ce film, sans atteindre les sommets du premier volet de la saga, constituerait un joli moment d’ironie cinématographique. Wes Craven continue de savoir créer comme personne chez le spectateur l’angoisse du tueur caché dans le placard susceptible de surgir à tout instant. Un effet basique, mille fois mis en œuvre, mais qui marchent toujours quand il est mis en œuvre avec autant de talent.

scream4Scream 4 laisse un peu moins de place à l’humour que les volets précédents. C’est largement du à l’épuisement du pouvoir parodique que j’ai évoqué plus haut. Les ressorts sont quelque peu épuisés, mais surtout les personnages sont nettement moins réussis que dans les premiers volets. Les survivants sont toujours bien là, mais la nouvelle génération ne leur arrive pas à la cheville, il faut bien l’admettre. Du coup, on a envie que l’on nous débarrasse au plus vite de ces adolescents un peu palots pour se concentrer sur la vieille garde. Mais cette dernière est censée désormais ne jouer que les seconds rôles. Peut-être que je suis trop nostalgique… Cependant à quoi sert de donner un 4ème volet à cette saga, si ce n’est pour satisfaire la nostalgie des fans de la première heure ?

Scream 4 est l’occasion de revoir Neve Campbell à l’écran. Elle n’est pas devenue la grande star qu’elle semblait destinée à devenir. On comprend mieux ici pourquoi. Je suis peut-être un peu méchant, mais on ne peut vraiment pas dire que son jeu soit éblouissant. Dans la série nostalgie, on se réjouit de revoir Courteney Cox, qui, comme tous ses petits camarades de Friends, avait quelque peu disparu (à l’exception peut-être de Jennifer Anniston). Chez la jeune génération, les amateurs de séries seront heureux de retrouver leur cheerleader préférée, en la personne de Hayden Panettiere, vue dans la série Heroes. Bref, rien de très éblouissant dans ce casting, à l’image de ce film : propre mais sans génie.

Faire un Scream 4 n’était donc vraiment pas indispensable. Attendre 10 ans pour le produire pouvait faire espérer qu’ils rassemblent un maximum de bonnes idées accumulées au fin du temps. Il n’en est rien et au-delà du divertissement bien foutu, il n’y a pas grand chose dans ce film, loin d’être digne du premier du nom donc !

Fiche technique :
Production : Dimension Films
Distribution : SND
Réalisation : Wes Craven
Scénario : Kevin Williamson
Montage : Peter McNulty
Photo : Peter Deming
Décors : Helen Britten
Musique : Marco Beltrami
Effets spéciaux : Ron Bolanowski
Directeur artistique : Gerald Sullivan
Durée : 110 mn

Casting :
Emma Roberts : Jill Kessler
Courteney Cox : Gale Weathers
David Arquette : Dwight Dewey Riley
Neve Campbell : Sidney Prescott
Hayden Panettiere : Kirby Reed
Anna Paquin : Rachel
Heather Graham : Casey

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