
Franck Adrien n’a plus que quelques mois à passer en prison suite à un braquage. Mais lorsqu’il est sans nouvelle de sa femme et sa fille, il décide de s’évader, soupçonnant son ancien compagnon de cellule d’être derrière tout ça. Ce dernier réussit alors à faire accuser Franck de ses propres crimes. Franck va alors le traquer… tout en étant lui même traqué par la brigade des fugitifs.
La Proie se veut un polar spectaculaire « à l’américaine », comme l’on dit. Le problème est qu’il reste la pellicule entre deux chaises. D’un côté, il nous offre des scènes pas vraiment crédibles…. Par exemple, sauter depuis un pont sur le toit d’un train en marche n’est quand même pas à la portée du premier venue. Mais d’un autre côté, il ne va pas assez loin pour que le spectacle vaille vraiment assez le coup et qu’on oublie totalement le manque de réalisme. Quand James Bond saute dans le vide, rentre dans un avion en pleine chute, prend les commandes et redresse l’appareil, ce n’est pas possible « physiquement », mais on s’en moque, c’est du cinéma ! Là, ça ne va pas assez loin pour devenir un pur spectacle… du coup, ce n’est guère enthousiasmant, ni convaincant.
Et puis, la Proie abuse quand même un tantinet des poursuites à pied. Albert Dupontel cours très bien, vous aurez de multiples occasions de vous en apercevoir tout au long de ce film. C’est un tantinet répétitif et donne l’impression d’un sérieux manque de créativité et d’imagination. Alors certes, ces scènes sont parfaitement réalisées, avec punch et rythme. Mais tout ça ressemble à un manque de moyens qui ne s’assume pas.
Enfin, la Proie souffre quand même fortement de la grosseur de certaines ficelles. Il ne faut pas vraiment être devins pour deviner ce qui va se passer par la suite. Par exemple, le plan qui nous montre avec insistance que le père d’une victime, passablement encore marqué par la mort de sa fille et persuadé que Franck est le coupable, possède des armes à feu… Oulala, on se demande bien ce qui va pouvoir se passer… Et bien, ça se passe exactement comme prévu… Bref, le scénario et sa mise en scène manquent parfois franchement de subtilité et on lit dedans comme dans un livre ouvert. Pourtant, il n’est quand même pas superflu de ménager un minimum de suspense dans un polar, ça peut toujours servir.

Je suis peut-être un peu sévère avec la Proie, film assez rythmé pour que le spectateur ne s’y ennuie pas une seule seconde. Mais les faiblesses sont un peu trop nombreuses et visibles pour qu’on lui pardonne totalement, surtout que ce film se situe dans un genre où les productions ne manquent pas, même si elles nous viennent souvent de l’autre côté de l’Atlantique. Ce film y tire son inspiration, mais est loin de faire aussi bien.
La Proie peut donc se laisser voir, mais dans le même genre, on préférera nettement revoir A Bout Portant.
Fiche technique :
Production : Brio Films, StudioCanal, TF1 Films PRoduction, Cinemage 5, A plus Image 2
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Eric Valette
Scénario : Luc Bossi, Laurent Turner
Montage : Christophe Pinel, Fabrice Rouaud
Photo : Vincent Mathias
Format : 35mm
Décors : Bertrand Seitz
Son : Dider Coudoul, Pascal Villard, Cyril Holtz
Musique : Noko
Durée : 102 mn
Casting :
Albert Dupontel : Franck Adrien
Alice Taglioni : Claire Linné
Sergi Lopez : Manuel Carrega
Stéphane Debac : Jean-Luois Maurel
Natacha Régnier : Christine
Caterina Murino : Anna
Zinedine Soualem : Lucciani
Serge Hazanavicius : Lafay