LIMITLESS : Plus malin qu’il en a l’air

limitlessafficheIl paraît que nous utilisons moins de 20% du potentiel de notre cerveau. Bon, quand on entend certains, on se dit que parfois ce chiffre est encore bien inférieur. Mais ceci n’est pas le sujet ici. Parlons plutôt du film Limitless, avec le beau Bradley Cooper, qui utilise cette affirmation comme idée de départ d’un scénario qui se révèle au final bien plus réussi que prévu.

Eddie Mora est loser, écrivain raté en mal d’inspiration, qui voit sa petite amie le quitter, fatiguée de lui servir de soutien moral et financier. Alors quand il croise son ancien beau-frère, ancien dealer, prétendument reconverti en commercial pour l’industrie pharmaceutique et que ce dernier lui propose une drogue révolutionnaire capable de booster son intelligence et l’aider à écrire enfin une ligne, il finit par essayer. Le résultat est spectaculaire… mais temporaire. Et quand il cherche à en obtenir plus, il trouve un cadavre, mais finit par dénicher le stock que le assassins recherchaient probablement. Commence alors pour lui une fulgurante ascension. Mais entre les effets secondaires et les convoitises, son rêve flirte vite avec le cauchemar.

Limitless tient plus du polar que du film de science-fiction. La drogue révolutionnaire n’est qu’un prétexte et représente simplement une forme nouvelle et originale d’une recette vieille comme le cinéma : un personnage se retrouve en possession d’un objet qu’il n’est pas censé posséder, qui lui apporte beaucoup, mais le met en danger. Et pendant une bonne partie du film tout se déroule comme on pouvait s’y attendre. Le dénouement qui se dessine semble vraiment cousu de fil blanc, et si le spectacle fut tout de même divertissant, on s’attend à en repartir un tantinet déçu. Puis les ultimes secondes nous offrent un rebond inattendu qui change radicalement le regard que l’on peut porter sur ce scénario, plus intelligent qu’il en avait l’air.

Limitless échappe, et c’est tant mieux, à un discours moralisateur lourdingue. On parle de drogue, de succès obtenu en « trichant », il aurait donc été facile de nous livrer une conclusion manichéenne. Il n’en est rien et sans dévoiler la teneur du dénouement, sachez simplement que tout ne se termine pas par « il a été puni, il se repend et trouve finalement le vrai bonheur dans une vie simple et honnête ».

En plus de cela, Limitless est réalisé avec efficacité, à défaut de brio. Neil Burger s’essaye bien à quelques effets « artistiques » originaux, mais franchement, cela n’apporte rien, si ce n’est quelques fois prêter un peu à sourire. L’effort était louable certes, mais le résultat n’apporte pas grand chose. Ca ne gâche pas le plaisir non plus. Mais enfin, cela contribue avec le côté faussement attendu du scénario à laisser le spectateur un rien sceptique pendant une bonne partie du film.

limitlessSi le spectateur ne décroche jamais vraiment, c’est grâce au beau duo d’acteurs formé par Bradley Cooper et Robert De Niro. Evidemment, on ne présente plus le second et si Limitess ne figurera jamais dans ses plus grands rôles, il y apporte assez de talent et de charisme pour tirer le film vers le haut. Le premier, quant à lui, confirme de films en films qu’il est destiné à devenir une valeur sûre d’Hollywood. Il n’est peut-être pas l’acteur le plus expressif qui soit, mais son charme irradie à l’écran, surtout qu’il sait ne pas en abuser et à jouer tout de même aussi un tantinet la comédie.

Limitless est donc un film qui nous laisse sur une assez bonne impression finale pour nous faire totalement oublier qu’on a craint pendant fort longtemps d’être devant d’une production moyenne, si ce n’est médiocre. Il ne révolutionnera certainement pas le 7ème art, mais peut vous permettre néanmoins de passer un bon moment.

Fiche technique :
Production : Gaumont, Relativity Produced, Rogue-Many River / Boy of the Year, Intermedia Film
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Neil Burger
Scénario : Leslie Dixon
Montage : Naomi Geraghty
Photo : Jo Wilems
Format : 35mm
Décors : Patrizia Von Brandenstein
Musique : Paul Leonard-Morgan
Durée : 105 mn

Casting :
Bradley Cooper : Eddie Morra
Abbie Cornish : Lindy
Robert De Niro : Van Loon
Anna Friel : Melissa
Andrew Howard : Gennady
Johnny Whitworth : Vernon

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