COLOMBIANA : Luc Besson avant 5 minutes devant lui, alors il a écrit un scénario…

colombianaafficheLuc Besson est une figure centrale du cinéma français. Une figure loin de faire l’unanimité, c’est le moins que l’on puisse dire. Certains considèrent qu’il tire le cinéma vers des territoires où il n’ose guère s’aventurer, d’autres qu’il le tire surtout vers le bas. Si, personnellement, j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour son travail de réalisateur, j’avoue que son travail de scénariste ou de producteur me laisse nettement plus circonspect : quelques belles réussites, beaucoup de déchets… Colombiana ne viendra malheureusement pas équilibrer la balance du bon côté.

La jeune Cataleya assiste petite fille au massacre de sa famille par les membres d’un des principaux cartels colombiens. Elle réussit à s’échapper par miracle et rejoint son oncle aux Etats-Unis. Elle y apprendra l’art de tuer, préparant patiemment sa vengeance.

Le thème de la vengeance continuera à constituer une source inépuisable d’inspiration pour les scénaristes pour encore bien des générations. Sauf que si Colombiana manque incontestablement d’une chose, c’est bien d’inspiration. Pas une once d’originalité ou de créativité à l’horizon, mais beaucoup de poncifs, de péripéties prévisibles et de platitude. Ce n’est même pas mauvais, ridicule ou incohérent, c’est juste sans intérêt. Les rares rebondissements ne surprennent personne et ne permettent pas à l’encéphalogramme des spectateurs de s’exciter un peu.

Le pire dans tout cela reste les personnages. Ils souffrent tous d’une absence totale de charisme, n’éveille aucun attachement ou aucune sympathie. L’héroïne ne fait naître aucun sentiment et, du coup, on ne prend pas du tout sa quête à cœur. Le méchant ne fait pas flipper et son décès final ne fait ni chaud, ni froid. Tout cela explique largement pourquoi on n’entre jamais dans cette histoire qui ne valait vraiment pas le coup d’être raconté. On n’y croit pas, pas forcément parce qu’on ne pourrait pas le faire, mais parce qu’on en a aucune envie. Et ce n’est pas la transparence de la réalisation et de la bande-originale qui viendra sauver le film.

colombianaEt les scènes d’action me direz-vous ? Parce que bon, soyons honnêtes, on ne va pas voir ce genre de production Besson pour la profondeur des personnages. Mais là encore Colombiana respire la médiocrité par tous les trous de la pellicule (ok, je sais, tout est en numérique désormais, mais je trouvais l’image jolie). Le seul moment d’intérêt vient lorsque… élimine une de ses cibles à l’intérieur même d’un poste de police. Par contre, le final, qui aurait pu ressembler à un Commando, version femme fatale, est dénué de la moindre once de talent cinématographique. On préférera un million de fois revoir les vingt dernières minutes de Kick-Ass, qui permet de mesurer la différence entre un cinéaste et un tâcheron.

L’interprétation ne vient en rien sauver Colombiana. La performance de Zoe Saladana n’aurait de toute façon rien pu changer au destin de ce navet. Alors, je ne lui jetterai pas la pierre car il est difficile de surnager quand tant de médiocrité vous entraîne irrémédiablement vers le fond. Le seul plaisir sera éprouvé par les fans d’Alias qui seront heureux de retrouver Michael Vartan…qui nous rappelle malheureusement pourquoi sa carrière d’acteur ne décolle pas.

Colmbiana ne réconciliera donc pas Luc Besson avec ses détracteurs, tant ce film transpire la médiocrité. Une vraie déception donc, même si on n’attendait pas grand-chose de ce film. Mais rien, c’est encore moins que pas grand-chose.

Fiche technique :
Réalisation : Olivier Megaton
Scénario : Luc Besson et Robert Mark Kamen
Direction artistique : Gilles Boillot, Franckie Diago, Pascal Leguellec et Fanny Stauff
Décors : Patrick Durand
Costumes : Olivier Bériot
Photographie : Romain Lacourbas
Montage : Camille Delamarre
Musique : Nathaniel Méchaly

Casting :
Zoe Saldana : Cataleya Restrepo
Jordi Mollà : Marco
Lennie James : Agent spécial Ross
Amandla Stenberg : Cataleya Restrepo, jeune
Michael Vartan : Danny Delanay
Cliff Curtis : Emilio Restrepo
Beto Benites : Don Luis
Jesse Borrego : Fabio
Cynthia Addai-Robinson : Alicia
Angel Garnica : Pepe

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