SUPER 8 : Divertissement, à défaut de chef d’oeuvre

super8afficheL’été est propice au foisonnement des « blockbusters »… En français, des films américains à gros budget dont le but est d’attirer un maximum de spectateurs dans les salles obscures. A la fin, on fait les comptes et on voit qui a raflé la mise au box-office. Cette année, un des plus attendus était Super 8. J.J .Abrams à la réalisation et au scénario, Steven Spielberg à la production. Bref que du beau monde ! Mais si ce film constitue un agréable divertissement, il est difficile de le considérer comme un chef d’œuvre du genre.

Une bande d’adolescents, au fin fond de l’Amérique, s’amuse à réaliser un film de zombies avec une caméra Super 8. Un soir, il tourne une scène le long de la voie ferrée et assiste à un terrible accident : un professeur de science semble avoir volontairement percuté un train pour provoquer son déraillement. Très vite, l’armée débarque et les évènements inexpliqués se multiplient.

On le voit tout de suite Super 8 possède un scénario extrêmement classique. Ce n’est pas illogique car ce film se veut un hommage nostalgique à un certain cinéma fantastique, peuplé de créatures monstrueuses, bien avant l’arrivée des images de synthèse. Une sorte de vieux film, mais réalisé avec les moyens d’aujourd’hui. On peut facilement imaginer que J.J. Abrams et Steven Spielberg se sont faits plaisir avec ce film qui a du leur rappeler leurs premières émotions cinématographiques. On retrouve avec ce film la même démarche qu’avait eu ce dernier en produisant les Goonies, au milieu des années 80.

Malheureusement, Super 8 est aussi plombé par quelques défauts. Bon, rien de bien méchant, mais assez pour décevoir ceux qui vont le voir en en attendait beaucoup. L’histoire possède deux volets : le volet aventure pure et le volet relations entre les personnages. C’est ce dernier qui est nettement moins réussi. On retrouve un côté assez moralisateur et cucul, que les fans de Spielberg connaisse bien, mais qui prend ici une place trop importante pour seulement faire partie du décor et être facilement oublié. Du coup, si la fin n’est pas dénuée d’une certaine émotion, cette dernière est quelque peu prévisible et manque franchement d’intérêt. Bien sûr, elle donne aussi un peu d’épaisseur aux personnages, les rendent sympathiques, mais alourdit surtout un récit, qui aurait gagné à plus de légèreté et de fluidité.

super8Car à côté de ça, Super 8 nous offre du grand spectacle. Il reprend toutes les ficelles du genre, mais avec assez de talent et de moyens pour que cela ne ressemble en rien aux séries B, dont le film se veut pourtant l’héritier. Si on est pas forcément surpris par un récit qui ne déborde pas de rebondissements, on ne s’ennuie pas une seule seconde et on retrouve toute la joie un peu enfantine que l’on ressent devant un film d’aventures. On sait bien comment tout cela va finir, mais qu’importe. On est là pour se divertir et, au moins sur ce point, ce film remplit sa mission à la perfection. Bref, s’il y a bien des reproches rationnels à faire à ce film, il n’empêche qu’à la fin, on ne peut qu’admettre que l’on a passé un très bon moment.

Le casting ne brille pas particulièrement dans Super 8. On notera simplement la très bonne prestation de la jeune Elle Fanning, que l’on avait déjà remarquée dans Somewhere et l’Etrange Histoire de Benjamin Button. Comme tout talent adolescent, cela reste à confirmer une fois la puberté achevée, mais les promesses sont là. A ses côtés, Joel Courtney est lui aussi à la hauteur malgré ses 15 ans.

Au final, Super 8 est un film parfait dans sa forme, plus inégal dans son fond. Mais ne boudons pas notre plaisir, il est aussi un des divertissement le plus réussis de l’été, même si on pouvait attendre plus d’une telle débauche de talent.

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Bad Robot, Steven Spielberg, Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : J.J. Abrams
Scénario : J.J. Abrams
Montage : Maryann Brandon
Photo : Larry Fong
Décors : Leia Pratapas
Son : Mark Ulano
Musique : Michael Giacchino, Tim Simonec
Effets spéciaux : Kim Libreri, Stephan Trojansky, Dennis Muren
Maquillage : Bonni Flowers, Annabelle MacNeal, Rick Pour, Deborah Lamia Denaver
Directeur artistique : David Scott
Durée : 110 min

Casting :
Ryan Lee : Carey
Riley Griffiths : Charles Kaznyk
Kyle Chandler : Jackson Lamb
Elle Fanning : Alice Dainard
Joel Courtney : Joe Lamb
Gabriel Basso : Martin
Zach Mills : Preston
Noah Emmerich : Nelec
Bruce Greenwood : Cooper

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.