IMPARDONNABLES : Venise I love you… Le film nettement moins

impardonnablesafficheSi André Téchiné était au Parti Socialiste, on dirait de lui qu’il est un éléphant. Heureusement, les grands artistes ont eux le droit de durer sans que l’on y voit le moindre mal. Sa carrière de réalisateur débuté au cinéma en 1975 se poursuit encore aujourd’hui. Pour preuve, la sortie sous nos écrans de Impardonnables. Mais si son début est plutôt prometteur, le film finit par décevoir.

Francis, écrivain à succès, vient à Venise pour trouver le calme et l’isolement propice à son inspiration. Il y trouvera finalement surtout l’amour, en la personne de Judith, son agent immobilier, qui lui a trouvé une grande demeure isolée de l’autre côté de la lagune. Un jour, Alice, sa fille, vient lui rendre visite…avant de disparaître quelques jours plus tard.

Impardonnables commencent comme un polar. Un polar qui s’annonce excellent. Les plans sur les regards des personnages nous font penser que certains ne sont pas ce qu’ils semblent être, que de lourds secrets sont enfouis, voire qu’ils possèdent des intentions cachées et inavouables. Et bien… en fait pas du tout. Tout ce petit beau monde est exactement comme il prétend être et tous les soupçons qui peuvent naître se révèlent totalement infondés. Mais alors, où réside l’intérêt de l’histoire ?

André Techiné aurait pu inventer le rebondissement ultime : l’absence de rebondissement alors que tout le monde s’y attend. Sauf que cela ne fonctionne pas du tout et vu que film dure pas loin de deux heures, le spectateur a vite fait de comprendre que le scénario d’Impardonnables ne cherche pas du tout de le surprendre ou à l’emmener sur de fausses pistes. Il se contente de lui décrire les relations complexes entre des personnages un tantinet torturés. C’est déjà pas mal me direz-vous, mais il faudrait pour que l’on rentre vraiment dans l’histoire que les protagonistes nous inspirent un minimum de sympathie.

Mais le seul personnage qu’Impardonnables nous fait vraiment aimer…s’appelle Venise. En effet, ce film nous offre une vision amoureuse de cette ville, à l’image de Minuit à Paris pour la Ville Lumière. Certains plans sont splendides, comme cette vue de la ville au fond de la lagune sur laquelle s’abattent les éclairs d’un orage. Le problème, c’est que l’on est pas venu dans une soirée National Geographic et que cela ne suffit pas à compenser notre frustration.

impardonnablesEn fait, plus globalement, si l’histoire de Impardonnables ne convainc qu’à moitié, pour ne pas dire qu’à un tiers, la mise en image est par contre d’une grande qualité. Photographie, montage, direction des acteurs, tous ces éléments nous permettent de bien nous rendre compte qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. C’est d’ailleurs grâce à tout ça que le début est prometteur, avec une tension qui monte très vite. Dommage, qu’elle ne soit pas maintenue et que le tout se dégonfle comme un soufflé raté.

Impardonnables s’appuie sur un casting de très haute volée. Bon, on peut en avoir assez de voir encore et toujours André Dussolier, mais il reste tout de même incontestablement un des meilleurs acteurs de notre pays. A ses côtés, Carole Bouquet est toujours aussi sublime. Je ne sais pas quel est la part due aux chirurgiens, mais à 54 ans, elle peut encore faire beaucoup d’ombre à bien de jeunes actrices. Elle n’en fait pas par contre à Mélanie Thierry qui, même si son rôle reste tout de même relativement limité, confirme son statut de très grand espoir du cinéma hexagonal.

Impardonnables ne tient donc pas vraiment ses promesses. La faute à un scénario pas vraiment intéressant, quant la mise en image est elle d’une très grande qualité.

Fiche technique :
Production : SBS Films, Soudaine Compagnie, CRG International, TF1 DA, France 3 Cinéma
Réalisation : André Téchiné
Scénario : André Téchiné, Mehdi Ben Attia, d’après le roman de Philippe Djian
Montage : Hervé de Luze
Photo : Julien Hirsch
Décors : Michèle Abbé-Vannier
Distribution : UGC distribution
Musique : Max Richter
Costumes: Khadija Zeggaï
Durée : 111 mn

Casting :
André Dussollier : Francis
Carole Bouquet : Judith
Mélanie Thierry : Alice
Adriana Asti : Anna Maria
Mauro Conte : Jérémie
Alexis Loret : Roger
Zoé Duthion : Vicky

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