LA BOURSE OU LA BOURSE ?

bourseabsurdeLa crise boursière qui a débuté la semaine dernière montre une nouvelle fois à quel point le monde de la finance est devenu un grand n’importe quoi. Mais un grand n’importe quoi dangereux et dont l’importance devient délirante. On peut parier que l’on tient là un des prochains axes forts de la prochaine campagne présidentielle. Le souci est que le débat risque d’être « comment plaire au marché ? », plutôt que « comment en refaire des outils au service du développement économique ? ».

L’absurdité de la situation actuelle est éloquente. Les actions sont censées représenter une fraction de la valeur des entreprises. Or ces dernières se portent à nouveau très bien, les bénéfices sont revenus et ont même dépassé leur niveau d’avant crise. Tous les voyants devraient donc être au vert. Malheureusement, plus personne ne fait attention à cette valeur ancrée dans le réel, seul compte la valeur spéculative…

Si les marchés boursiers ont plongé, c’est par crainte que certains états n’arrivent pas à rembourser leurs dettes. Quel est le rapport entre les deux ? Aucun a priori, à part pour les actions des banques, qui, elles, sont directement concernées. Mais la finance fonctionne désormais comme un tout et une mauvaise nouvelle dans un secteur prend des proportions démesurées et va frapper l’ensemble des actifs financiers.

Le pire a été quand même d’apprendre que puisqu’il y a une crise de la dette dans beaucoup d’états (il paraît qu’elle menace la France), la Bourse a plongé et, du coup, les investisseurs se reportent en masse… sur les obligations d’état jugées sûres. Bref, la crise de la dette des états entraîne la finance à investir…dans la dette des états…

Absurde ? Evidemment, mais cela signifie surtout que la crise de la dette qui touche certains pays n’est provoquée en fait que par des bulles crées par des attaques spéculatives. Au fond, les créanciers savent très bien qu’ils sont à l’abri d’un défaut de paiement. Simplement, attiser cette crainte permet d’augmenter les taux d’intérêts, et donc les profits du créanciers, pour certains pays… qui, du coup, auront effectivement du mal à faire face à leurs échéances.

Tout cela n’a rien d’inexorable et n’est pas inscrit dans les lois de la nature, comme aimeraient le faire croire certains libéraux. Il est temps que les politiques, et donc les peuples, reprennent la main et signifient clairement au monde la finance que la plaisanterie a assez duré et que si elle veut continuer à exister, il lui faudra suivre un certain nombre de règles… Des règles qui existaient il y a juste un peu plus de trente ans avant que l’idéologie portée par le couple Reagan-Thatcher ne vienne peu à peu les balayer.

Et il y a urgence…

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