UN JOUR : Un jour, beaucoup d’années

unjourafficheIl n’y a pas de bon été, sans une belle comédie romantique. En effet, il fait beau, ce sont les vacances, tout le monde est bronzé et détendu et donc tout à fait prêt à entendre parler d’amour, de romance et de fleurs bleues. C’est donc la période idéale pour aller voir Un Jour… sauf que ce film nous entraîne sur un chemin quelque peu inattendu.

Le soir de leur remise des diplômes, Emma et Dexter finissent dans le même lit. Mais ils ne feront pas l’amour et décideront de rester amis. Sauf que pendant vingt ans, ils vont être irrésistiblement liés l’un à l’autre et passeront par tous les stades imaginables d’une relation entre deux personnes. Jusqu’au jour où…

Un Jour aurait pu être une comédie romantique très classique. Mais il n’en est rien. Déjà sur la forme. En effet, les évènements de ce film se déroulent toujours le même jour, le 15 juillet. On saute d’année en année, sur près de vingt ans, mais on reste toujours sur la même case du calendrier. Evidemment, il se passera beaucoup de choses dans la vie de Emma et Dexter les 15 juillet. Mais pas toujours, certains évènements nous sont montrés directement, d’autres sont racontés au détours des dialogues, puisqu’il sont survenus un autre jour. Ce n’est pas le procédé narratif le plus génial jamais inventé, mais au moins, cela donne une petite touche d’originalité plutôt agréable. Surtout que le principe est plutôt bien exploité.

Ensuite, l’histoire raconté n’est pas aussi cousu de fil blanc que ce à quoi on pouvait s’attendre. Je n’en dirai guère plus, sous peine de gâcher la surprise. Sachez simplement que si vous êtes allergiques aux comédies romantiques niaises et prévisibles, mais que vous n’avez rien contre les belles histoires d’amour, alors Un Jour pourrait bien vous plaire. Là encore, on ne crie pas au génie, mais au moins, l’inattendu nous préserve de tout ennui.

Si les rebondissements ne sont pas hyper prévisibles, la principale limite de Un Jour tient au fait qu’il joue largement sur des sentiments faciles. L’émotion est réelle, dans les moments joyeux et ceux plus tristes, mais les ficelles sont quand même assez grosses. Si on est rentré dans l’histoire, on le pardonnera aisément et on se laissera porter. Si on reste un peu en retrait, cela paraîtra peut-être un peu trop gros pour que le spectacle soit totalement plaisant. Les éternels romantiques eux ne devraient avoir aucun soucis pour se laisser bercer.

La mise en images de Lone Scherfig est elle très élégante. On avait déjà pu apprécier son sens de l’image dans Italian for Beginners (que je n’ai malheureusement jamais vu) et Une Education. Une esthétique liée à sa sensibilité féminine diront certains. En tout cas, sans être spectaculaire, la photographie est soignée et change des réalisations brutes de de décoffrage de nombreuses comédies romantiques américaines. On est devant une œuvre de cinéaste, pas devant un produit de consommation courante.

unjourQui dit histoire d’amour, dit couple d’acteurs. Ce qu’il y a de bien avec cette phrase toute faite, c’est que je peux la ressortir dès que je rédige la critique de la moindre comédie romantique. Mais comme elle reste vraie, pourquoi se priver. D’un côté, la charmante Anne Hataway. Charmante, car elle n’a rien d’une bombe ou d’une beauté fatale hollywoodienne. Mais quel charme, mon dieu ! Même quand les costumiers et coiffeurs essayent de la rendre quelconque, il reste toujours quelque chose qui émane d’elle et qui vous donne une envie irrésistible de passer les 80 prochaines années de votre vie avec elle. En face d’elle, Jim Sturgess fait beaucoup plus bellâtre. Mais c’est aussi le rôle qui veut ça. En tout cas, les deux sont charmants et arrivent tout à fait à nous faire croire à leur histoire d’amour. Alors qu’on le sait bien, l’amour, c’est comme le Père Noël…

Un Jour n’est peut-être pas la comédie romantique. Déjà parce que ce n’est pas une comédie romantique. Mais malgré ses défauts, il n’en reste pas moins un beau film touchant et original par certains aspects.

Fiche technique :
Production : Focus Features, Random House Films
Distribution : SND
Réalisation : Lone Scherfig
Scénario : David Nicholls, d’après son roman
Montage : Barney Pilling
Photo : Benoît Delhomme
Décors : Mark Tildesley
Son : Glenn Freemantle
Musique : Rachel Portman
Durée : 106 mn

Casting :
Anne Hathaway : Emma
Jim Sturgess : Dexter
Tom Mison : Callum
Patricia Clarkson : Alison
Ken Scott : Steven
Rafe Spall : Ian
Romola Garai : Sylvie

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