WARRIOR : Pas de quoi être frère

warriorafficheLa boxe est connue pour être le sport le plus cinémagénique. Cette année, on n’a pu encore le vérifier avec l’excellent Fighter. Mais bon, à force, on se dit que l’on a un peu épuisé le sujet. Alors pourquoi pas innover en proposant autre chose que de la boxe, à savoir de l’ultimate fighting. Le catch a bien donné un petit chef d’œuvre, The Wrestler, alors ne faisons pas d’emblée du mauvais esprit. Sauf que, malheureusement, Warrior est au final loin d’être un bon film.

Tommy Conlon revient voir son père, ancien alcoolique, quinze ans après avoir fui avec sa mère. Il n’est pas tendre avec le vieil homme, qui avait fait de lui adolescent un champion de lutte. Il lui demande cette fois-ci de l’entraîner pour un tournoi d’ultimate fighting donc le vainqueur recevra une somme colossale. Au même moment, son propre frère, auquel il reproche de ne pas l’avoir suivi dans sa fuite, se prépare lui-aussi à remonter sur un ring pour tenter d’empêcher l’expulsion de sa famille.

Pour Warrior, le réalisateur Gavin O’Connor a à peu près raté tout ce qu’il a tenté. Faute de réelle inspiration, il se contente de surexploiter de vieilles recettes sans imagination, ni subtilité. Le scénario déjà se perd dans une histoire de relations familiales qui tournent en rond bien trop longtemps, alors que l’on sait pertinemment que tout cela va s’achever dans une grande réconciliation. Du coup, toute tentative de profondeur reste vaine, peine grandement à convaincre et au final plonge le spectateur dans un certain ennui.

Une histoire même improbable peut être bonne. Le cinéma est là pour nous faire rêver et l’impossible peut facilement y devenir possible. Mais il faut aussi pour cela ne pas trop se prendre au sérieux. Or, si Warrior peut-être facilement vu au second degré, je doute que cela soit vraiment volontaire. Alors du coup, toutes les incohérences, tous les évènements peu crédibles, tous les hasards trop bien faits gâchent le plaisir au fur et à mesure qu’ils s’accumulent. On aurait pu éventuellement croire à cette histoire si on en avait vraiment envie. Mais comme elle ne nous enthousiasme pas par ailleurs, on se montre intransigeant.

warriorIl aurait pu au moins nous rester quelques belles scènes de combat. Malheureusement, là encore, Warrior se prend les pieds dans le tapis. Déjà, la réalisation façon clip vidéo ressemble à un brouillon sans âme. Mais le pire reste le scénario même des affrontements. Pour faire simple, les combats de Tommy durent tous environ dix secondes, vu qu’il est super fort (exemple d’élément super crédible). Ceux de son frère sont beaucoup plus disputés, mais se déroulent tous exactement de la même façon : une fois, deux fois, trois fois, quatre fois… Bref, on se demande si on ne se moquerait pas du spectateur. On a vraiment l’impression que Gavin O’Connor a eu une idée et une seule et a complètement bloqué dessus, faisant ressemblé son film à un disque rayé.

La performance de Tom Hardy et Joel Edgerton a été saluée par plusieurs critiques. Si on ne s’arrête qu’au travail de musculation, il est évident qu’on ne peut qu’être admiratif. Amatrices et amateurs de torses et épaules improbables, réjouissez-vous, Warrior est fait pour vous ! Par contre, ceux qui s’attachent surtout à l’expressivité ou même tout simplement au talent de comédien n’auront guère de raison de s’enthousiasmer. On est face à des interprétations très professionnelles, mais sans génie. Quant à ce pauvre Nick Nolte, il traverse ce film en se demandant bien ce qu’il fait là et en démontrant à chaque plan qu’il n’y croie pas du tout.

Warrior se prend trop au sérieux pour être un sympathique navet. C’est tout simplement un mauvais film qui tombe dans les tous les pièges qu’il s’est lui-même tendu.

Fiche technique :
Réalisateur : Gavin O’Connor
Scénario : Gavin O’Connor, Cliff Dorfman et Anthony Tambakis, d’après une histoire de Gavin O’Connor et Cliff Dorfman
Musique : Mark Isham
Photographie : Masanobu Takayanagi
Montage : Sean Albertson, Matt Chesse, John Gilroy et Aaron Marshall
Décors : Dan LeighCostumes : Abigail Murray
Producteur : Greg O’Connor
Langue : anglais
Format : Couleurs
Durée : 140 minutes

Casting :
Tom Hardy : Tom Conlon
Joel Edgerton : Brendan Conlon
Frank Grillo : Frank
Kevin Dunn : Joe Zito
Nick Nolte : Paddy Conlon
Jennifer Morrison : Tess Conlon
Josh Rosenthal : l’arbitre

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