LE COCHON DE GAZA : Et si le cochon unissait enfin les peuples ?

lecochondegazaafficheDécidemment, la mode est à rire sur des sujets plutôt graves. Et en particulier, les tensions religieuses au Proche-Orient. Après un magnifique Et Maintenant on va où ? traitant du conflit entre chrétiens et musulmans au Liban, voici le Cochon de Gaza qui nous plonge au cœur du conflit Israelo-Palestinien. Une comédie très premier degré dans un décor dramatique. Un mélange des genres osés, mais qui fonctionne plutôt bien.

Jafaar est marin-pêcheur à Gaza. Métier qui ne nourrit pas son homme, puisque le blocus israélien les empêche de s’éloigner trop de la côte. Dans ses filets, beaucoup d’ordures, des chaussures et un beau jour… un cochon bien vivant. Mais que faire tel animal quand on vit entouré de deux religions qui le considèrent comme impur.

Le Cochon de Gaza nous plonge donc au cœur d’un sujet brûlant de l’actualité. Enfin malheureusement d’actualité depuis des décennies. Un thème qui se prête plutôt au drame, tant de sang et de larmes sont versés années après années. Une situation qui semble être prisonnière d’une spirale inexorable et absurde… Et là où il y a de l’absurde, il peut y avoir du rire. Ce film en est une preuve éclatante.

Avoir choisi un cochon comme centre de ce film n’a rien anodin. Cet animal, et surtout le fait qu’il soit rejeter par le Judaïsme et l’Islam, montre à quel point ces religions sont liés par l’histoire et sont nés du même terreau culturel. Un lien qui prête à sourire, mais qui est fort et révélateur. C’est la preuve qu’une bonne idée originale peut donner un petit quelque chose en plus à un film très classique par ailleurs. Le Cochon de Gaza n’est sans doute pas le film de l’année, mais il restera dans les mémoires pour son côté surprenant.

Au-delà du contexte, le Cochon de Gaza possède aussi bien d’autres qualités. Une est primordiale : il s’agit d’une comédie très drôle. Le film est rythmé, les gags s’enchaînent et beaucoup d’eux font mouches. Certes, on reste souvent dans un humour très premier degré. C’est sans doute là la plus grande limite de ce film, par rapport à Maintenant on va où ? notamment, car Sylvain Estibal ne joue pas complètement la carte de l’absurde et ne fait guère preuve de subtilité. Mais comme cela fonctionne, il faut prendre cela comme un choix plus que comme réellement un vrai défaut.

lecochondegazaLa réalisation de Sylvain Estibal est sobre et sans fioriture. Les mauvaises langues diront que le Cochon de Gaza ressemble plutôt à un sympathique téléfilm. Ca serait faire injure à une inventivité réelle qui se manifeste surtout dans le scénario certes, mais qui est aussi parfois visuelle. On sent bien que les moyens étaient tout de même limités et on peut considérer que le réalisateur en a tiré le meilleur.

Le Cochon de Gaza est l’occasion de découvrir, ou redécouvrir Sasson Gabai, acteur israélien, né à Bagdad, que l’on a pu voir dans Rambo III, mais surtout dans le magnifique la Visite de la Fanfare. Il est parfait dans ce rôle de pêcheur à première vue totalement dépassé par les évènements mais qui fera au final preuve d’une créativité sans borne. Un mot également sur la très belle Myriam Tekaïa que l’on espère revoir bientôt sur nos écrans.

Le Cochon de Gaza est donc un film qui apporte un regard neuf et plein d’humour sur une situation absurde. Une absurdité malheureusement dramatique…

Fiche technique :
Production : Marilyn productions, Barry Films, uFilm, Rhamsa Productions, Saga films
Distribution : Studio Canal
Réalisation : Sylvain Estibal
Scénario : Sylvain Estibal
Montage : Damien Keyeux
Photo : Romain Winding
Décors : Albrecht Konrad
Durée : 109 mn

Casting :
Sasson Gabai : Jafaar
Baya Belal : Fatima
Miryam Tekaïa : Yelena
Gassan Abbas : Slim le barbier
Ulrich Tukur : l’homme de l’ONU

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