UN MONSTRE A PARIS : Le fantôme du cabaret

unmonstreaparisafficheLe cinéma d’animation français confirme sa bonne santé et son dynamisme avec Un Monstre à Paris. Une campagne marketing efficace, un casting voix de très haut niveau, tout est réuni pour que le succès soit au rendez-vous. Mais depuis des décennies, l’animation hexagonale s’est caractérisée par son audace et son originalité. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas ici.

Dans le Paris de 1910, Emile et Raoul s’aventurent imprudemment dans un laboratoire du Jardin des Plantes. Faisant preuve d’autant de curiosité que de maladresse, ils vont finir par provoquer une petite catastrophe. De celle-ci, surgira un monstre, une puce de deux mètres de haut. Une puce à la voix sublime.

Un Monstre à Paris est un film qui compte bien des qualités et bien des défauts. Commençons par ce qui fâche, le scénario. Ce dernier est linéaire et d’une grande platitude. Pas de second degré, un rythme moyen, avec notamment une mise en place beaucoup trop longue, pas de vraies surprises, des rebondissements qui n’en sont pas vraiment et des personnages sympathiques mais sans grande envergure. N’attendez pas de ce film une double lecture, une pour les petites têtes blondes et une pour les adultes. Aucun risque, aucune audace. Bref, le strict minimum. On est loin d’une revisite du mythe du Fantôme de l’Opéra, comme aurait pu le faire penser la bande-annonce.

Un Monstre à Paris est un film qui laisse une grande place à la musique. Or, ce genre de film peut souvent se passer d’un récit trop complexe ou subtil sans en souffrir de trop. Le problème réside ici dans le fait que les chansons du film sont sympathiques, mais sans plus. Un peu à l’image de la carrière de M depuis quelques temps… Les airs ne donnent pas spécialement envie de danser et on sort de ce film sans les avoir dans la tête. Ils passent et on les oublie aussi vite qu’ils sont venus.

Après, affirmer que l’on s’ennuie devant un Monstre à Paris serait bien sévère. Il constitue tout de même un divertissement sympathique. Simplement, l’enthousiasme sera sûrement réservé aux plus jeunes. Dans le cadre d’une sortie familiale, ce film peut être synonyme d’une sortie réussie, car, même si l’humour reste désespérément au ras de pâquerettes, il fonctionne souvent très bien. On retiendra notamment un singe majordome qui constitue l’élément à l’esprit « cartoon » de ce film.

unmonstreaparisMais Un Monstre à Paris reste surtout une grande réussite technique. Déjà, il confirme que c’est surtout pour le cinéma d’animation que la 3D présente un quelconque intérêt. Elle donne ici une vraie profondeur aux personnages et les rend plus expressifs. Mais plus globalement, il y a une remarquable élégance dans les graphismes, qui créent une charmante ambiance rétro. On pourra leur reprocher également un manque d’audace, mais à défaut de génie, il faut savoir saluer la maîtrise.

Un Monstre à Paris se distingue enfin par un casting voix plutôt soigné. Il ne nous permet pas par contre de savoir si M possède un potentiel de comédien, puisqu’il n’y fait que chanter. Vanessa Paradis quant à elle alterne les scènes de comédies et de chant avec le même bonheur. Mais c’est avant François Cluzet qui met un maximum de conviction et de talent dans sa prestation. Enfin, globalement, tous les acteurs jouent leur rôle avec le plus grand sérieux.

Au final, Un Monstre à Paris est un peu décevant, car avec un peu plus d’audace, il aurait été facilement possible de faire beaucoup mieux. Mais, il restera un film plutôt sympathique qui ravira surtout les petits, mais aussi un peu les grands.

Fiche technique :
Production : EuropaCorp, Walking the Dog, Bibo Studio
Distribution : EuropaCorp distribution
Réalisation : Eric Bergeron
Scénario : Eric Bergeron, Stéphane Kazandjian
Montage : Pascal Chevet
Décors : François Moret
Musique : Mathieu Chédid
Directeur artistique : François Moret
Durée : 82 mn

Casting :
Vanessa Paradis : Lucille
Mathieu Chédid : Francoeur
Gad Elmaleh : Raoul
François Cluzet : Le préfet Maynott
Ludivine Sagnier : Maud
Julie Ferrier : Madame Carlotta
Bruno Salomone : Albert

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