REAL STEEL : Rocky d’acier

realsteelafficheCe qu’il y a de bien avec Real Steel, c’est qu’il me permet de ressortir mon introduction classique sur le fait que la boxe soit le sport le plus cinémagénique. C’est très pratique et je remercie le réalisateur Shawn Levy pour cela. Bon certes, cette fois, il s’agit de boxe entre robots et non entre humains, on est donc loin de l’esthétisme en noir et blanc d’un Raging Bull. Mais avouons-le, cela reste tout de même un spectacle très distrayant.

Charlie Kenton aurait pu devenir champion du monde de boxe. Mais alors qu’il aurait pu y prétendre, les robots ont supplanté les humains sur les rings pour des combats plus violents et spectaculaires. Il essaye tant bien que mal, et plus mal que bien, de vivre en faisant combattre des machines qu’il achète au rabais. Après la destruction de sa dernière acquisition, il n’a d’autre choix que d’accepter de garder pour l’été son fils de 11 ans qu’il n’a jamais vu. Ce dernier est un fondu de boxe et voit les choses en grand.

Shawn Levy est un réalisateur de comédies familiales. A son actif, le remake de la Panthère Rose, les deux La Nuit au Musée et le très sympathique Crazy Night. Il fait son job avec un talent certain, à défaut d’être un génie du 7ème art. Le voir réaliser une film de science fiction constitue donc une petite surprise, même s’il s’agit d’une production Disney tout ce qu’il y a de plus familial. Mais ceci explique en grande partie les qualités, mais aussi les limites de ce Real Steel.

Le scénario de Real Steel tourne autour de deux axes. Il y a d’abord bien sûr les combats, où ce film parodie, quelque peu Rocky. Ou plutôt lui rend hommage. Les scènes sur le ring sont assez spectaculaires et ont la bonne idée de ne pas s’éterniser. Et surtout, Shawn Levy n’étant pas un réalisateur de clip vidéo, il nous propose des plans qui durent plus d’une seconde chacun. Cela laisse le temps d’admirer les superbes effets spéciaux, de vraiment comprendre ce qui se passe et d’éviter le mal de tête. Après, c’est sûr que ce n’est pas crédible pour deux sous, mais cela n’a guère d’importance une fois que l’on se prête au jeu.

Ensuite, il y a la partie relations familiales avec le fils qui pousse son père à sortir de sa médiocrité et ce dernier qui apprend à aimer ce rejeton dont il n’a jamais voulu. C’est du archi-classique, très Disney, très bons sentiments hollywoodiens, mais Shawn Levy confirme qu’il sait traiter ce genre de sujet avec le minimum d’intelligence pour les rendre digestes. Il ne s’appesantit jamais sur de longues tirades, mais intègre les évolutions des relations entre les personnages dans l’intrigue. Là encore, on ne se lève pas de son siège pour applaudir, mais cela ne gâche en rien le plaisir.

realsteelEn choisissant un réalisateur qui ne baignait pas dans une culture science-fiction, les producteurs ont évité certains excès ou caricatures du genre. Mais à l’inverse, on en reste vraiment au stade l’aimable divertissement. On est loin des rapports homme-machine vus par Azimov. Il y avait pourtant moyen de voir plus grand, d’être plus ambitieux dans le propos. Certes, on aurait pu prendre le risque de se planter et de sombrer dans le ridicule, mais cela aurait valu le coup. Mais bon, c’est un thème tout de même très classique de science-fiction, alors on ne doute pas que d’autre films plus audacieux viendront.

Et puis reste un dernier atout et non des moindres à Real Steel. La présence d’Hugh Jackman à l’écran est évidemment toujours un régal, même s’il ne tient pas là son plus grand rôle. Mais quitte à choisir, je le préfère en Charlie Kenton plutôt qu’en Wolverine. Il reste toujours aussi charismatique, toujours aussi beau et je veux bien échanger son torse contre le mien… C’est un peu léger pour faire un film, mais cela constitue un petit plus. Sinon, les fans de Lost seront heureux de revoir Evangeline Lily (Kate dans la série) à l’écran. Elle aussi est toujours aussi belle…

Au final, Real Steel n’est sûrement pas le film du siècle, mais un divertissement familial bien foutu, un rien prévisible, mais qui permet de passer un bon moment.

 

Fiche technique :
Production : Touchstone Pictures, DreamWorks SKG, 21 Laps Entertainment, Angry Films, ImageMovers, Reliance Entertainment
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Shawn Levy
Scénario : John Gatins
Montage : Dean Zimmerman
Photo : Mauro Fiore
Décors : Tom Meyer
Musique : Danny Elfman
Costumes : Marlene Stewart
Durée : 127 mn
 

Casting :
Hugh Jackman : Charlie Kenton
Dakota Goyo : Max Kenton
Evangeline Lilly : Bailey Tallet
Anthonie Mackie : Finn
Kevin Durand : Ricky
Hope Davis : Tante Debra
Larco Ruggeri : Cliff
Karl Yune : Tak Mashido

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