KABOOM : Osé hasard

kaboomafficheDans la série des films que j’ai vu complètement par hasard, voici Kaboom. On remerciera Canal Plus à la Demande de connaître autant de bugs, de m’avoir empêché de voir We Are Four Lions et donc de m’avoir poussé à me rabattre sur ce film, qualifié de comédie d’après le service. Il s’agit en fait d’un film totalement inclassable… mais plutôt réussi.

Simth entre à l’université. Comme tous les garçons de son âge, il pense avant tout au sexe, qu’il aime pratiquer aussi bien avec les hommes que les femmes. C’est d’ailleurs pour ça qu’il fantasme abondamment sur son camarade de chambrée, un surfeur blond nommé Thor. Un soir, après avoir abusé de substances illicites, il croit voir une jeune femme assassinée par des hommes portant des masques d’animaux. Mais a-t-il rêvé sous l’effet de la drogue ou bien est-ce vraiment arrivé ?

Kaboom est un grand mélange détonnant entre film de serial killer, film d’adolescent, film policier, film fantastique… Le tout donne un cocktail psychédélique qui décontenance quelque peu le spectateur parfois, mais lui offre un spectacle réellement original. Cela ressemble parfois un peu à un grand n’importe quoi, mais le scénario finit par donner un sens à l’ensemble. Bref, un petit OVNI cinématographique jouissif et plein d’imagination.

L’imagination est là avant tout pour compenser un manque évident de moyens. Mais au final, il vaut cela que l’inverse. Kaboom est un film osé, dans tous les sens du termes. Gregg Araki ne s’est imposé aucune limite, va vraiment au bout de ses idées et les exploite à fond. Et comme, il n’en manque pas, on va de surprises en surprises. On est donc là devant un vrai film d’auteur. Un auteur un peu trash et nourri à culture pop, mais qui au moins assume ses choix et ne cherche pas à entrer dans des cases toute faites.

Le ton général de Kaboom est plutôt parodique. Tous les genres qu’il aborde sont traités avec second degré. Il reprend les codes des genres, mais avant tout pour s’en moquer. Mais encore une fois, le tout est cohérent et jamais le film ne s’égare de son fil rouge narratif. D’ailleurs, le film n’est pas du tout hilarant, il y a rarement de gags à proprement dits. Les âmes les plus sensibles pourront même voir leur dos parcouru par quelques frissons de peur. Mais globalement, le spectacle prête à sourire car jamais il ne se prend au sérieux.

kaboomSi le budget de Kaboom ne devait sûrement pas atteindre des sommes astronomiques, ce n’est pas pour autant que la réalisation vaut trente centimes d’euros. Là encore, c’est l’imagination au pouvoir. Gregg Araki pêche parfois peut-être pour le coup un peu par excès, mais cela contribue largement à l’originalité de l’ensemble. Le film est très stylisé visuellement d’autant plus facilement que les personnages ont parfois tendance à abuser de certaines substances ayant un impact certain sur la perception.

Kaboom offre un premier à quelques jeunes acteurs. Thomas Dekker est ici plus à l’aise et à son avantage que dans le très mauvais remake des Griffes de la Nuit. Juno Temple est ici plus à l’aise et à son avantage que dans ce beau navet qu’est les Trois Mousquetaires. Haley Benett est ici aussi à l’aise et à son avantage que dans l’excellent Le Come-Back.

Le hasard fait donc bien les choses. Kaboom est un film au vrai potentiel de film culte. Original, décalé, n’ayant pas froid aux yeux, il constitue une preuve que l’imagination et l’audace peuvent compenser le manque de moyen. Et rien que pour ça, ce film mérite d’être vu !

Fiche technique :
Production : Why not productions, The Next World, Graveyard Machine, Desperate pictures, Crispy Films
Réalisation : Gregg Araki
Scénario : Gregg Araki
Photo : Sandra Valde-Hansen
Décors : Todd Fjelsted
Distribution : Wild Bunch Distribution
Musique : Vivek Maddala
Durée : 88 mn

Casting :
Thomas Dekker : Smith
Juno Remple : London
Kelly Lynch : Nicole
Haley Bennett : Stella
James Duval : Le messie
Jason Olive : Hunter
Chris Zylka : Thor
Roxane Mesquida : Lorelei
Andy Fischer-Price : Rex

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