ZAPPONS 2011

zappingEn regardant l’année du zapping, je me suis demandé si la fin du monde n’était pas proche. En effet, pas beaucoup de raison de se réjouir dans ce déluge d’images plutôt déprimantes. D’habitude, ce rendez-vous traditionnel de fin d’année fait passer le spectateur du rire aux larmes dans une à peu près égale proportion. En 2011, ce ne fut pas vraiment le cas. Bien sûr cela tient aux choix des monteurs, mais aussi à la nature de l’actualité en cette année qui se termine et qui ne nous a pas donné que des raisons de nous réjouir.

Bien sûr, le printemps arabe constitue une excellente nouvelle avec le départ d’un nombre non négligeable de dictateurs et même si d’immenses incertitudes pèsent sur l’avenir politique de ces pays. Mais cela nous a rappelé aussi à quel point la communauté internationale, et la France au tout premier plan, a pu être complice de ces régimes pendant tant de temps. Notre retournement de veste vis à vis de Khadafi fut de loin le plus spectaculaire. Mais ces images de lutte et de répression nous rappellent aussi à quel point le chemin est encore long dans bien des pays, en Syrie notamment. Et surtout, combien de régimes dictatoriaux en Asie centrale ou en Afrique demeurent dans l’indifférence générale ? Le spectacle offert par la Corée du Nord nous a rappelé que l’autocratie a encore de beaux jours devant elle.

Ensuite, il y a eu toute l’actualité liée à la crise financière et le spectacle affligeant offert par les élites dirigeantes de nos pays. Et les extraits d’un documentaire sur la manière dont Goldman Sachs arrive à placer des anciens de la maison dans à peu près tous les gouvernements nous montre que le bout du tunnel est encore loin. Les pompiers pyromanes nous dirigent, les derniers en date étant les nouveaux Président du Conseil Italien et le Président de la Banque Centrale Européenne. Rien que ça… De quoi avoir un peu peur…

2012 sera-t-elle plus souriante ? On peut peut l’espérer puisqu’il n’y a pire ennemi du progrès que la peur et le pessimisme. A notre échelle hexagonale, il s’agira évidemment d’une année exaltante avec les élections qui s’annoncent. Cependant, on sait bien que cela ne pourra modifier de manière brutale la marche du monde. Mais plus personne n’a désormais ce pouvoir. C’est qui fait le pouvoir des élites financières qui, elles, agissent de manière unie et coordonnée. Alors ne lâchons pas et apportons par notre bulletin de vote notre goutte à un océan 2012 qui donnerait enfin des raisons de se réjouir.

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