TAKE SHELTER : La folie avant la tempête

takeshelterafficheDans la série des critiques que je vais commencer par « dans la série de », voici Take Shelter. En effet, dans la série des thèmes récurrents inspirant les cinéastes, il y a celui de la folie, ou plus précisément celui du chemin qui y mène. Elle peut être plus ou moins douce, aux conséquences plus ou moins dramatiques. Je rassure tout de suite les âmes sensibles, personne ici ne finit pas découper qui que ce soit à la tronçonneuse.

Curtis LaForche rêve de plus en plus régulièrement d’une tempête aux conséquences dramatiques. Chaque nuit, il se réveille un peu plus angoissé et très vite les peurs de la nuit viennent envahir ses journées. Il plonge alors peu à peu dans une paranoïa qui inquiète ses proches et dont il a lui-même conscience. Surtout que sa mère a été internée pour schizophrénie alors qu’il n’était qu’un enfant.

Si le sujet est classique, il offre assez de possibilités pour que chacun des films sur le sujet n’offrent pas forcément une impression de déjà-vu. On peut bien sûr trouver moult similitudes avec bien des œuvres qui l’ont précédé, mais Take Shelter est un film qui sort de l’ordinaire, à défaut d’être réellement novateur. Notamment parce qu’il possède des qualités qui ne sont pas donnés à tout le monde.

Déjà le processus est décrit de manière vraiment remarquable. La progressivité se fait sur un rythme peut-être un tantinet trop lent, un léger manque de rythme étant le seul vrai défaut du film. Mais cela laisse aussi le temps de vraiment rentrer dans cette histoire, d’être saisi par ce caractère inexorable de ce lent basculement que rien ne semble vouloir arrêter, même la volonté de la victime. Tout ceci se fait sans à-coups, avec une régularité d’une parfaite précision qui rend le tout vraiment réaliste et crédible.

Ensuite, Take Shelter est un beau film, d’une élégance singulière. La réalisation de Jeff Nichols est particulièrement soignée. On retrouve chez lui un peu des qualités d’un Steve McQueen (le réalisateur de Shame), mais avec un sens de la mesure qui ne transforme pas son film en exercice de style. Bref, une forme qui apporte une vraie valeur ajoutée, sans jamais prendre le pas sur le fond.

takeshelterEnfin, Take Shelter nous offre un dénouement très réussi. Savoir finir un film est déjà difficile, mais il l’est tout particulièrement quand l’histoire est basé sur un processus qui doit nous conduire d’un point A à un point B. Si la fin du voyage est sans surprise, cela nuit au film tout entier. Ce n’est absolument pas le cas ici, que ce soit pour la conclusion et pour l’épilogue.

Take Shelter nous offre également un casting plutôt réussi. On n’est pas surpris de voir Michael Shannon à l’aise dans un tel rôle, puisqu’il en avait déjà tenu un similaire dans Bug. Un acteur rare, dont le physique un peu particulier limite peut-être le répertoire, mais qui ne manque sûrement pas de talent. A ses côtés, Jessica Chastain nous livre une belle prestation et signe là le rôle le plus marquant de sa carrière.

Take Shelter ne figurera peut-être pas aux palmarès que l’on établira en fin d’année 2012, mais il constitue une des bonnes surprises cinématographique de ce début d’année.

Fiche technique :
Production : Low spark films
Réalisation : Jeff Nichols
Scénario : Jeff Nichols
Montage : Parke Gregg
Photo : Adam Stone
Décors : Chad Keith
Distribution : Ad Vitam
Son : Ryan Putz
Musique : David Wingo
Effets spéciaux : Chris Wells
Durée : 116 mn
Casting :
Michael Shannon : Curtis
Jessica Chastain : Samantha
Tova Stewart : Hannah
Shea Whigham : Dewart
Katy Mixon : Nat
Natasha Randall : Cammie

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