AH AH LA BONNE BLAGUE !

AAACa y’est, nous allons tous mourir, c’est la fin du monde, notre futur vient de sombrer dans le néant… Et oui, la France vient de perdre son triple A chez Standard and Poors. C’est terrible, horrible, effrayant, tragique, désastreux, dramatique, terrifiant, catastrophique… Mais pourquoi au fait ? Et surtout qu’est ce qui c’est passé dans la nuit de jeudi à vendredi qui justifie ce basculement ?

Bon, il est évident que dans l’absolu cette dégradation ne constitue pas une bonne nouvelle pour notre pays. Mais tout ceci est avant tout symbolique car cela ne devrait pas changer grand-chose, à l’image de ce qu’a vécu les Etats-Unis après la perte de leur triple A. En effet, les acteurs économiques n’ont pas attendu que le couperet tombe pour changer d’opinion sur la dette française et faire que les taux d’intérêt entre notre pays et l’Allemagne par exemple se soient déjà nettement différenciés. Mais tout ceci est révélateur d’un fonctionnement absolument délirant de la finance mondiale et de sa gouvernance.

Il suffit d’ouvrir le moindre journal ou magazine économique (personnellement, je vous conseille Alternatives Economiques, mais après, c’est chacun qui voit), pour y trouver moult analyses sur la situation budgétaire en France et en Europe, sur ses causes et sur les solutions pour sortir de l’ornière. Il y a donc matière à débat et il n’y a sûrement pas une seule voie pour surmonter les difficultés actuelles. Alors pourquoi Standard and Poors, et ses deux collègues, seraient parole d’évangile ?

Notre situation budgétaire souffre de problèmes structurels qui nécessite une analyse et des solutions à long terme. Ce n’est pas avec une taxe sur les sodas que tout va s’arranger. Il faut une vraie réflexion à la fois sur notre système fiscal, sur la nature même de notre économie, en particulier l’équilibre entre les services et l’industrie, sur les bases (et non simplement les taux) de financement de notre système de protection sociale, sur ce qui est du ressort ou non du service public… Bref de vrais débats politiques, qui doivent engendrer des réformes de fond et cohérentes entre elles.

Depuis que les Etats ont volé au secours du système financier mondial, ce dernier cherche à leur imposer de travailler dans une urgence absolument irrationnelle. Il faut évidemment à la fois refuser ce diktat et bien sûr ne pas non plus éluder les problèmes. La perte du triple A ne doit pas conduire qu’à des coupes budgétaires qui enfermeront l’économie dans la récession et ne règleront rien. Il faut au contraire, plus que jamais, parler de développement économique, de politique industrielle, de stratégie d’éducation et d’innovation.

Rassurons-nous, il y aura toujours des investisseurs pour financer ces politiques, surtout si elles sont bien conçues. Personne n’a intérêt à voir l’économie s’effondrer, même pas les pires spéculateurs. Il y a dans ce monde des économistes brillants qui ont vu voir venir les crises (Stiglitz pour ne pas le citer), contrairement aux analystes de Standard and Poors. Alors franchement pourquoi les écoute-t-on encore ?

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